Chronique de la crise sanitaire (Mars 2020-2022)

J’ai profité de l’été pour compiler et rassembler sur une seule page les divers textes que j’ai consacrés à la gestion de la crise sanitaire.

Dans Libération

Pour faire la guerre au virus, armons numériquement les enquêteurs sanitaires

Pourquoi se focaliser sur une application qu’il faudra discuter à l’Assemblée nationale et qui risque de ne jamais voir le jour, alors que nous devrions déjà nous concentrer sur la constitution et l’outillage numérique d’une véritable armée d’enquêteurs en épidémiologie ?

Tribune de Didier Sicard, Président d'honneur du Comité National d'Ethique, Benoit Thieulin, ancien président du Conseil national du numérique, Maurice Ronai, ancien commissaire à la Cnil, Godefroy Beauvallet, ancien vice-président du Conseil national du numérique et Sophie Pène, Professeure à l'Université Paris Descarte

Annales des Mines-Enjeux numériques

N° 14 – Juin 2021 – Réponses numériques à la crise sanitaire

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La Commission d’enrichissement de la langue française a publié au Journal Officiel l’expression «Etat profond» comme équivalent français de « Deep State ».

Gouvernement allemand et Länder misent sur l’open source pour le projet «d’espace de travail souverain» des agents publics.

Massacre de Buffalo : récits alternatifs et brouillards confusionnistes

Article publié dans ConspiracyWatch

Influencé par la thèse du « Grand Remplacement », un jeune homme de 18 ans, Payton Gendron, a perpétré samedi 14 mai une tuerie raciste dans un supermarché de Buffalo : sur les 13 personnes abattues, 11 étaient des afro-américains. Arrêté juste après l’attentat, il est poursuivi pour « meurtre avec préméditation ». Payton Gendron avait rédigé un manifeste de quelque 180 pages pour dénoncer un « remplacement racial et culturel complet du peuple européen » et un « génocide blanc ».

Comme c’est le cas lors de chaque événement un peu exceptionnel, les différents courants de la complosphère et de l’extrême-droite ont entrepris, très vite, d’en proposer des récit alternatifs, en l’inscrivant dans un cadre interprétatif préexistant, prêt à l’emploi.

On a vu, ainsi, foisonner, dans les heures et jours qui ont suivi, toute une série de de reconstructions du drame de Buffalo  : pour mettre en doute la « version officielle ». Pour diluer la responsabilité des promoteurs de la théorie du grand remplacement, ou la rejeter sur d’autres. Ou encore, pour surfer, de manière opportuniste, sur ce massacre, en tentant de relier son auteur aux nazis ukrainiens du régiment Azov.

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Les campagnes présidentielles à l’heure du big data

Article publié dans « Peut-on échapper au capitalisme de surveillance ? » (L’economie politique n°94 – 05/2022)

Jamais campagne présidentielle en France n’a autant reposé sur les outils numériques et sur les données que celle qui vient de s’achever. Jamais campagne numérique n’a été aussi scrutée, mesurée, disséquée. Toute une série de baromètres, d’observatoires et de métriques ont été mobilisés pour évaluer la présence ou la puissance numérique des candidats sur les réseaux sociaux et tenter de cerner leur impact sur la décision finale de l’électeur dans l’isoloir.

La conversion des votes en données

Au-delà des réseaux sociaux, c’est tout l’écosystème de la campagne présidentielle qui se numérise et se « data-ifie » : le back office des élections, celui des sondages, désormais réalisés en ligne, et celui des équipes de campagnes, presque toutes équipées en logiciels électoraux. C’est l’un des effets centraux de la transformation numérique que de convertir le monde social en données. Amorcée de longue date, cette mise en données des campagnes présidentielles a atteint un nouveau pic en 2022. Nous proposons ici d’en dresser un rapide état des lieux.

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Contrôle de l’information en Russie : Wikipédia condamnée à Moscou et deux wikipédiens emprisonnés en Biélorussie

Le 1er mars, Roskomnadzor, le « régulateur » russe des médias a menacé de bloquer Wikipédia si ses administrateurs ne supprimaient pas plusieurs pages accusées de « désinformation ». En cause, notamment la publication d’ informations sur les victimes civiles ukrainiennes et les pertes des troupes russes dans la page « Invasion russe de l’Ukraine ». La Wikimedia Foundation, l’organisation mère de Wikipédia basée à San Francisco, avait déclaré dans un communiqué du 3 mars qu’elle « ne reculera pas face aux efforts de censure et d’intimidation des membres de notre mouvement ».

Malgré les menaces, la Russie n’a pas bloqué Wikipédia jusqu’à présent. Le 5 avril, toutefois, Roskomnadzor a exigé de Wikipédia qu’elle supprime des informations inexactes», sous peine de se voir infliger une amende. Le 26 avril, un tribunal moscovite a finalement condamné la fondation Wikimédia à une amende de cinq millions de roubles. En cause, selon Pierre-Yves Beaudouin, administrateur de Wikimedia France sept articles : deux ayant trait à des explosifs et cinq sur l’invasion de la Russie en Ukraine.

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Présidentielle : le point sur les candidatures « anti-système »

Dans la saison 3 de la série « Baron Noir », sortie début 2020, Christophe Mercier, un youtubeur complotiste, crée la surprise en se qualifiant pour le second tour de l’élection présidentielle. Enseignant et promoteur du tirage au sort comme mode de désignation des représentants, son personnage était largement inspiré d’Etienne Chouard.

Dans la réalité, ce n’est finalement pas un mais une profusion de candidats « anti-système » que l’on voit partir en campagne. Si nombreux et pour certains, si confidentiels, que la presse – et même Wikipedia ! – ne parvient pas à les recenser tous. Plus ou moins anti-pass et antivaxx, post-Gilets Jaunes, partisans du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) ou issus de l’ultra-droite, ils affichent tous, à des degrés divers, un tropisme complotiste, se posant en défenseurs du peuple contre les élites.

Si l’on met de côté les cas d’Éric Zemmour, de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, ces vrais-faux candidats savent qu’ils ne figureront pas sur la ligne de départ : ils sont censés réunir au moins 500 signatures d’élus d’ici au 4 mars pour pouvoir se présenter officiellement. Mais hormis les parrainages, ils se plient volontiers aux usages et codes d’une campagne présidentielle classique : un programme, un site internet, des pages officielles sur les réseaux sociaux, un directeur de campagne.

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