Castings présidentiels et carrières politiques de celluloïd

Franklin Roosevelt a dit, un jour, à Orson Welles : « il y a deux grands comédiens dans ce pays aujourd’hui : vous êtes l’autre ».
Norman Mailer, décrivant l’arrivée de John Kennedy à la Convention démocrate en 1960 (il est encore candidat à la candidature) compare celle-ci à une scène de cinéma :
« it was the scene where the hero, the matinee idol, the movie star comes to the palace to claim the princess ». Et Mailer de conclure :« la politique américaine allait devenir le film préféré des Américains».
Une prédiction lumineuse, qui se confirma avec Ronald Reagan. L’ex-responsable syndical des acteurs d’Hollywood ne faisait pas mystère des liens évidents entre la politique et l’art de la comédie. Il reconnaissait volontiers qu’il continuait à « jouer un rôle » dans ses fonctions à la Maison Blanche. « Il y a des moments où je me demandais comment il était possible de faire son travail de président sans avoir été acteur auparavant. » Ronald Reagan rappelait ainsi une donnée majeure de la vie politique : l’utilisation des techniques du show-business dans la conduite d’une campagne et d’un débat électoral.
Evan Cornog va plus loin : il compare l’élection présidentielle à une séance de casting (
« A casting session on a national scale« ) qui permet au public de jauger les capacités des candidats pour jouer le rôle du Président.

Comment les producteurs et les metteurs en scène choisissent ils les acteurs pour incarner le Président dans les fictions présidentielles ?

1. Il arrive que les studios fassent appel à des « stars », ces figures qu’Edgar Morin qualifiait d’olympiennes, parce que vivant , comme les Présidents (et les Rois) « au-dessus du commun des mortels ». Mais cela reste l’exception.

  • Sidney Lumet fit appel en 1964 à Henry Fonda pour incarner un Président directement inspiré de John Kennedy dans Point limite (Fail-Safe). Une partie du public avait encore en tête son interprétation du jeune Abraham Lincoln dans « Vers sa destinée » de John Ford. Henry Fonda nouait ainsi, dans l’esprit du public, les images de Kennedy et celle du Président Lincoln. Le public avait aussi en tête l’intègre et irréprochable Robert Leffingwell dans Advise and Consent en 1962 : désigné par le Président pour devenir secrétaire d’Etat, il doit faire face aux réticences (aux relents maccarthystes) de puissants sénateurs. En 1964, dans The Best Man (Que le meilleur l’emporte),Henry Fonda avait incarné un candidat à la Présidence qui refusait d’utiliser de sales méthodes pour écarter son concurrent. Henry Fonda réendossera l’habit présidentiel une derniére fois , en 1979, dans Meteor.
  • En dépit se sa ressemblance avec Abraham Lincoln, les studios ne firent appel à Gregory Peck qu’une seule fois, en 1985, pour la minisérie TV The Blue and the Gray.
  • Si les studios firent appel à Harrison Ford pour jouer le Président Ryan dans Air Force One, leur choix était partiellement guidé par une contrainte de cohérence puisqu’Harrison Ford avait déja incarné Jack Ryan dans Patriot Games (en 1992) et dans Clear and Present Danger en 1994. Rob Reiner fera appel en Michael Douglas pour le Président Shepherd en 1995 dans The American President.


2. S’il n’est pas inutile d’être une star pour incarner le Président, c’est loin d’être une condition préalable.

En fait, il semble que s’est constituée, au fil des années 80 et 90 une petite cohorte d’acteurs, qui de film en film, de rôle en rôle (conseiller du Président, Secrétaire à la Defense, Conseiller pour la sécurité nationale, Chief of Staff) circulent dans les allées du pouvoir et les couloirs de la Maison Blanche.

Aprés avoir incarné dans de nombreux films des personnages exerçant des fonctions d’autorité (juge, procureur, officier, directeur d’une agence civile) ou de membre du Congrès, ils gravissent un à un les échelons d’une carrière politique qui les conduit, in fine, à la Présidence (souvent, aprés un étape à la Vice-Présidence).

  • Donald Moffat après avoir incarné Lyndon B. Johnson dans « The Right Stuff » incarne le Président Bennett dans « Clear and Present Danger ».
  • Edward Hermann incarne Franklin D. Roosevelt dans « Eleanor and Franklin » avant d’être le Président Arthur Fellwick dans « Atomic Train »
  • James Cromwell a joué le Président Robert Fowler dans The Sum of All Fears en 2002 et l’ex-Président Newman dans The West Wing, George Bush Père dans W d’Oliver Stone (tournage en cours).
  • Gene Hackman joue le conseiller politique d’un candidat dans Les Coulisses du pouvoir (Power) en 1986, le Secrétaire à la Défense dans Sens unique (No Way Out) en 1987, le commandant d’un sous-marin dans USS Alabama (Crimson Tide) en 1995, le Président Président Allen Richmond dans « Absolute Power » (les Pleins pouvoirs) en 1996, un Amiral dans Behind the enemy lines en 2001, l’ex-Président Monroe Cole dans Welcome to Mooseport en 2004.
  • Alan Alda incarne le Président dans l’étonnant « Canadian Bacon » de Michael Moore en 1995, puis le candidat républicain Arnold Vinick dans « West Wing », en 2006.
  • Martin Sheen a successivement interprété Robert Kennedy en 1974 (The Missiles of October), John Kennedy en 1983 (Kennedy), le Chief of Staff du Président Shepherd en 1995 (Le Président et Miss Wade), avant d’incarner le Président Jed Bartlett dans West Wing.
  • Richard Dreyfuss avait (brillamment) incarné le Sénateur Bob Rumson dans The American President (Le Président et Miss Wade), Alexandre Haig, le Chief of staff de Ronald Reagan dans le téléfilm The Day Reagan Was Shot, puis le Président dans l’impressionnant remake de Fail Safe (Point limite) de Stephen Frears en 2000. Il avait joué le Président d’une République bananiére dans Moon Over Parador en 1988. En 2008, il joue le rôle Dick Cheney dans W d’Oliver Stone.

 

Oliver Stone fait appel à Richard Dreyfuss pour incarner Dick Cheney

Le tournage a démarré le 12 mai. La sortie est prévue pour Octobre 2008.

C’est Richard Dreyfuss qui joue le rôle Dick Cheney dans « W » , le film d’Oliver Stone sur George Bush Jr, déja commenté ici
James Cromwell (qui avait joué le President Robert Fowler dans The Sum of All Fears en 2002 et l’ex- President Newman dans The West Wing) a été retenu pour jouer George Bush Père.

Richard Dreyfuss avait déjà (brillamment) incarné le Sénateur Bob Rumson dans « The American President (Le Président et Miss Wade), Alexandre Haig, le Chief of staff de Ronald Reagan dans le téléfilm The Day Reagan Was Shot, puis le Président des Etats-Unis dans l’impressionnant remake de Fail Safe (Point limite) de Stephen Frears en 2000. Il avait joué le Président d’une République bananiére dans Moon Over Parador en 1988.

Richard Dreyfuss et James Cromwell rejoignent ainsi la petite cohorte d’acteurs, qui de film en film, et de rôle en rôle (conseiller du Président ou membre du Cabinet, Procureur, Chief of Staff, sénateur, vice-président) circulent dans les allées du pouvoir (Congrés, Maison Blanche, Pentagone ou agences civiles) et gravissent un à un les échelons d’une carriére politique qui les conduit, in fine, à la Présidence.

"Recount" sur HBO ravive les inquiétudes sur un systéme électoral "dysfonctionnel"

« Chaque voix compte ! » C’est le cri de rage, désespéré et furieux, de Ron Klain, le responsable de la campagne d’Al Gore qui ne veut pas accepter la réalité de la défaite de son candidat dans la présidentielle 2000, après que la Cour suprême a interdit le recompte des bulletins en Floride.

Le 25 mai au soir, un million d’Américains ont suivi avec fascination, sur la chaîne câblée HBO, Recount , un docudrama reconstituant de manière poignante la bataille de Floride qui a permis à George W. Bush de voler l’élection de 2000. Al Gore avait recueilli 500.000 voix de plus dans le vote populaire. Il aurait très probablement remporté la Floride si la Cour suprême n’avait pas interrompu le recompte des voix. Servi par une pléiade d’acteurs tels que Kevin Spacey, John Hurt et Denis Leary, lefilm made in HBO va mélanger des images d’archives et des dialogues réels avec de la fiction, et examinera le déroulement de l’élection jusqu’à la décision de la Cour Suprême, dans la bataille entre George W. Bush et Al Gore à la présidence des Etats-Unis.
Hollywood aura attendu huit ans pour revenir sur cet épisode sombre de l’Histoire américaine : une succession de « dysfonctionnements » convergents qui s’apparentent à un « coup d’état légal ».
Harvey Wasserman suggère à HBO, dans le Huffington Post, de s’attaquer à l’épisode 2 : l’élection de 2004, marquée elle aussi par une accumulation d’irrégularités manifestes, notamment dans plusieurs des états les plus disputés. L’élection controversée de 2004 a fait l’objet d’un excellent documentaire de David Earnhardt: Uncounted: The New Math of American Elections.

Harvey Wasserman espére qu’il ne sera pas nécessaire de produire un épisode 3, si de telles irrégularités devaient se reproduire en 2008.
La perspective d’une fraude électorale en 2008 (comme celle de l’assassinat d’Obama) est présente dans les esprits.Au coeur des inquiétudes, les procédures d’inscription sur les listes électorales, mais aussi les machines à voter. L’utilisation de ces dernières lors des primaires danhttp://www.blogger.com/img/gl.link.gifs le New Hampshire,en janvier 2008, avait suscité une controverse.

Obama’s friends

Sous le titre, The Democratic nominee’s new sitcom, TheNoseOnYourFace vient de publier sur YouTube un habile montage qui recense, sur fond d’une pétaradante bande musicale de la série Friends, quelques unes des relations d’Obama : le sulfureux Pasteur Jeremiah Wright, l’encombrant Révérend Michael Pfleger, «Tony» Rezko (un homme d’affaires condamné pour fraude, blanchiment d’argent et de corruption) et Bill Ayers, l’ex-membre des Weathermen.

Désignation du Premier secrétaire du PS : pourquoi pas par tirage au sort ?

Le Parti socialiste a entrepris de moderniser ses statuts. Une série de modifications statutaires ont été préparées par une commission nationale de la rénovation à laquelle participaient les différentes sensibilités et pilotée par François Rebsamen.

Ces modifications ont d’ores et déjà été adoptées par le Bureau national du PS. A l’unanimité.

Il reste à repenser les modalités d’élection du Premier secrétaire. C’est l’objet de la proposition qui suit.

Exposé des motifs :

L’actuel Premier secrétaire du parti socialiste a annoncé qu’il ne se représentera pas aux fonctions de premier secretaire.

Le parti socialiste grâce à l’excellence de ses pépinières de cadres (LCR, MNEF, UNEF-ID, ENA…), dispose d’un vivier considérable de personnalités aptes à exercer les fonctions de premier secrétaire.

Pour choisir l’une d’entre elles, et éviter les déchirements d’une compétition qui pourrait s’avérer préjudiciable, le Premier secrétaire est désigné par tirage au sort (au sein d’une liste constituée par les adhérents).

Cette procédure de sélection satisfait une double exigence d’objectivité et de transparence.

Amendement

L’Article 7.14 est modifié comme suit :

Désignation du(de la) Premier(e) Secrétaire du Parti

Le(la) Premier(e) Secrétaire du Parti est désigné par tirage au sort

L’ensemble des adhérents du Parti, réunis en Assemblées générales de section, après le Congrès national, votent pour composer une liste d’aptitude.

Sont retenus sur la liste d’aptitude les candidats ayant obtenu 10% du collège electoral.

Un tirage au sort est alors effectué parmi les candidats aux fonctions de Premier(e) Secrétaire du Parti figurant sur la liste d’aptitude.

En cas de vacance du poste de Premier(e) Secrétaire du Parti, il est procédé à son remplacement dans les mêmes conditions.


Malgré ses avantages évidents, il n’est pas certain que l’option du tirage au sort du Premier secrétaire soit retenue.

Auquel cas, il reste une autre option : l’inversion du calendrier Congrès-élection du Premier secrétaire.

Petit rappel : depuis le congrès de Brest (1997), le premier secrétaire est élu à bulletins secrets par l’ensemble des adhérents du parti, réunis en assemblées générales de section. Cette élection a lieu dans les 2 semaines qui suivent le congrès national (art. 7.14).

Ce mode d’élection par les militants marque une rupture avec la tradition du Parti socialiste qui conférait au congrès l’essentiel de la souveraineté.

(Du temps de la SFIO, puis dans le PS post-Epinay, le premier secrétaire était élu par la commission administrative permanente ou par le comité directeur. Au début des années 90, le premier secrétaire était élu pendant le congrès à bulletins secrets et au scrutin majoritaire à deux tours par les délégués).

Désormais, le Congrès élit un Conseil national (a la proportionnelle des votes qui se sont portés sur les motions) : c’est un peu le Parlement du PS. Quant au Premier secrétaire, il est un peu le Président du PS (sans le titre). Il est le chef de l’éxécutif (secrétariat national). Il dispose de l’appareil admnistratif du PS.

En instaurant l’élection du Premier secrétaire au « suffrage universel » interne par les adhérents du PS, le PS a calqué ses institutions sur celles de la V eme République. Ce mode d’élection introduit un élément de démocratie directe et de présidentialisation.

On voit désormais coexister deux souverainetés : le Conseil national et le Bureau national tiennent leur légitimité du Congrès, le premier secrétaire tient la sienne du vote des militants.

Dans le Congrès qui se présente, et les Congrès à venir, on ne peut pas exclure que les militants désignent une majorité au Congrès, puis élisent un Premier secrétaire, 15 jours plus tard, qui ne procède pas de cette majorité.

Bref : on ne peut pas exclure une cohabitation à la tête du PS. Avec tous les effets délétères.

Le raisonnement qui avait conduit Lionel Jospin (et le PS, dans son sillage) à inverser le calendrier des législatives et des présidentielles, devrait logiquement conduire le PS à modifier son calendrier électoral : élection du premier secrétaire, puis, dans le foulée, vote sur les motions et Congrès.

Plus dure sera la chute

Depuis 2005, des centaines de remix ont brodé sur des images de La chute, le film d’Oliver Hirschbiegel, qui décrit les derniers jours de la vie de Hitler. « Ses ingrédients ? Un extrait du film d’environ deux minutes, un logiciel permettant d’ajouter des sous-titres, et un sujet de moquerie. Une dose de grossièreté et de mauvais esprit sont également recommandées ».


Le blog @merica relève qu’une première version parodiant les derniers jours de la campagne de Hillary Clinton avait été mise en ligne après le Super Tuesday. Remise à jour après les primaires en Caroline du Nord et en Indiana, dupliquée sur plusieurs plate-formes après avoir été retiré de Youtube, elle se diffuse désormais beaucoup plus rapidement.

@merica rappelle que « contrairement à d’autres vidéos de fort mauvais goût, le but des remixes de La chute n’est généralement pas de décrédibiliser un adversaire par une analogie douteuse . C’est le plus souvent l’humour absurde et l’humour noir qui prévalent, comme dans cette version vue plusieurs millions de fois et basée sur la guerre des consoles de jeux vidéos entre Microsoft et Nintendo ».

A propos du sionisme chrétien

La croyance dans la « fin des temps » ou dans la « fin du monde » est une veritable dynamite quand elle se transfère dans le champ politique.

La fusion entre eschatologie et politique ne peut conduire qu’à des catastrophes.

Le « sionisme chrétien » en fournit une illustration. J’ai cependant tendance à penser qu’on surestimel’influence des Sionistes Chrétiens sur la politique américaine

1. Que les Américains se sentent plus proches d’Israêl que des Palestiniens n’a rien de surprenant : ils baignent dans l’Ancien Testament et vivent au contact des Hébreux depuis leur plus jeune âge.

2. De plus, l’idéologie nationale américaine repose sur une identification entre peuple américain et Israël, Amerique et Terre promise : fuyant l’Europe comme les Hébreux de Moïse fuirent l’Égypte, les Puritains voulaient créer en Amérique une Nouvelle Jerusalem, la Cité de Dieu sur Terre, qui deviendrait une lumière pour toutes les nations.

Cette identification des américains aux Hébreux de la Bible n’a pas empêché l’instauration de quotas juifs dans les grandes Universités …. Et ce jusque dans les années 50. (Jusqu’en 1966 dans le cas de Yale).

3. Les relations entre les Etats-Unis et Israël ont changé de nature au cours des années 80.

Il s’agit désormais d’une symbiose : économique technologique, militaire et diplomatique.

Il ne restait plus qu’à donner à cette symbiose une dimension théologique : c’est ce à quoi s’attelèrent quelques Pasteurs en développant cette étrange mix que constitue le sionisme chrétien (dont Baquiast précise bien qu’il conserve un sous-bassement anti-judaïque : il faut accélérer le retour de Jésus sur Terre pour convertir les juifs).

4. Le sionisme chrétien reste minoritaire au sein de la droite chrétienne : une partie de celle-ci reste attachée à un antisémitisme plus classique. Condamné à rester discret, celui ci affleure de temps à autres.

La formule de « lobby sioniste chrétien » me semble inappropriée. Les sionistes chrétiens constituent une « école », une tendance, au sein de la Droite chrétienne, mais ne fonctionnent pas vraiment comme un lobby autonome. La Droite Chrétienne est pro-israélienne pour des raisons politiques : pas théologiques.

Le Pasteur Hagee (l’un des leaders « sionistes chrétiens ») aime bien faire croire qu’il est plus influent que l’AIPAC (Comité des affaires publiques américano-israélien) : « Quand un membre du Congrès voit quelqu’un de l’Aipac passer le seuil de sa porte, il sait qu’il représente six millions de personnes. Nous, on en représente 40 millions. ». le Pasteur Hagee bluffe : il n’y a pas 40 milllions de « sionistes chrétiens » aux Etats-Unis.

La Déclaration de principes du PS solde les comptes du passé. L’aggiornamento reste à faire

La commission présidée par Alain Bergounioux, secrétaire national aux études du Parti socialiste, a accouché d’une nouvelle déclaration de principes.

1905, 1946, 1969, 1990, 2008… C’est la cinquième fois, en un peu plus d’un siècle, que les socialistes remettent sur le chantier ce texte qui, fonctionnellement, tient lieu de « grammaire » de la politique socialiste : le noyau du fameux « logiciel » que les socialistes se proposent, périodiquement, de rénover.

Entre 1990 et 2008, le « code » socialiste a enflé : il triple de volume, passant de 845 mots et 5473 caractéres à 2386 et 15397. Chaque mot a été pesé. Il fallait tout à la fois dépoussiérer déclaration de principes et la mettre à jour.

- Gommer les références les plus datées : « le réformisme au service des espérances révolutionnaires »,« les oppositions des classes et groupes sociaux », le dépassement du capitalisme passent ainsi à la trappe.

- Nuancer la critique du capitalisme, sans donner l’impression qu’il s’imposait désormais comme horizon indépassable.

- Accorder à chacune des « sensibilités » quelques concessions et « petits gains » sémantiques.

- Réévaluer la préoccupation environnementale (présente dans la Déclaration de 1990], mais sur un mode mineur).

- Assigner aux socialistes de nouveaux objectifs (« l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète », « une société nouvelle, qui dépasse les contradictions du capitalisme, faisant toute sa place au secteur non marchand »).

Alain Bergounioux et Henri Weber, principaux artisans de ce chantier peuvent se prévaloir d’avoir dégagé un consensus à quelques mois d’un Congrès qui s’annonce difficile.

Il reste que, tout affairés à solder les comptes idéologiques et sémantiques du passé, les socialistes, avec cette déclaration, tardent à jeter les bases d’une réflexion sur les enjeux contemporains.

1. Quid de la maîtrise sociale des technosciences ?

L’aggiornamento est réel sur les questions de protection de l’environnement

Je n’en regrette pas moins la disparition d’un membre de phrase qui figurait dans la Déclaration de principes de 1990 : « Alors que les sciences et les techniques ouvrent de nouveaux espaces de liberté et de créativité ».

Les avancées et les réalisations des technosciences influencent, et façonnent, pour une large part, le devenir de nos sociétés. Sciences du vivant, biotechnologies, intelligence artificielle, technologies de l’énergie, nanotechnologies … C’est un défi majeur pour nos sociétés que d’orienter, et plus encore, de réorienter, le changement technique.

La déclaration de principes 2008 consacre le principe de précaution comme mode de régulation des technosciences. A juste raison. Mais il en d’autres modes de régulation et d’orientation des technosciences : restaurer l’indépendance de la recherche vis a vis de grands groupes industriels qui ne visent qu’à maintenir ou créer des rentes de monopole, soumettre les orientations scientifiques au débat public, diversifier les expertises pour permettre aux gouvernements de peser sur les choix.

La Déclaration de principes de l’Internationale socialiste, adoptée en 1989, consacrait de longs développements à la maîtrise sociale du développement technologique. Cet enjeu n’a jamais été aussi actuel, et dépasse le seul « principe de précaution ».

« La technologie n’est pas seulement une question de science pure ou de machines inanimées. Elle est toujours guidée par des intérêts spécifiques et modelée sur des valeurs humaines, qu’elles soient implicites ou explicites. Elle doit être ramenée sous contrôle social afin d’utiliser les possibilités positives offertes par les nouvelles technologies à l’humanité, de minimiser les risques et les dangers de développements incontrôlés et d’empêcher les technologies socialement inacceptables. »

2. L’aggiornamento s’avère tout aussi incomplet dans la prise en compte d’un aspect essentiel de la modernité : l’essor des technologies numériques

- les possibilité que ces technologies ouvrent en matière d’accès à la culture et de circulation des savoirs - les capacités que ces technologies confèrent aux collectifs et aux personnes pour agir sur leur vie et sur la société

La Déclaration de principes passe ainsi à côté de la nouveauté radicale que constitue l’émergence de biens communs informationnels : la production coopérative de connaissances, de logiciels et de biens culturels fondée sur la libre collaboration, la production par les pairs et le partage peut s’avérer aussi efficace que les modèles de production marchand (entreprises) ou publics (services publics).

La Déclaration de principe reste enfermée dans une dialectique marché vs secteur public (rebaptisé Etat social). Les projets coopératifs de type Wikipedia, les logiciels libres, les publications scientifiques ouvertes échappent à cette dialectique marché vs service public.


tempPS réels a proposé un amendement à la déclaration de principes.

Cet amendement a reçu le soutien de Michel Rocard. Il a été adopté par le Conseil Fédéral de la Fédération de Paris Il a reçu le soutien de la Fédération des français de l’étranger (FFE) et du conseil fédéral de Haute-Marne.

Le texte de l’amendement et l’exposé des motifs sont ici

Amendement « Société de la connaissance ouverte» à la Déclaration de principes proposé par la section temPS réels


Exposé des motifs

1. L’Internet est en passe de devenir l’infrastructure majeure de toutes les communications, et au delà, de nos sociétés. Ce qui est en cours, ce n’est pas le remplacement des réseaux existants par internet, mais leur interconnexion.

Lorsque leur développement s’effectue dans un cadre démocratique et ouvert, les technologies numériques et internet ouvrent un extraordinaire espace de libertés : libertés de s’exprimer, de créer, d’accéder à l’information et aux œuvres, mais aussi d’innover à faible coût d’entrée.

Internet et le numérique augmentent les capacités d’expression et d’action des individus et des groupes : faire entendre sa voix, échanger avec d’autres, coopérer, innover, entreprendre, atteindre un public ou des marchés, entrer en contact avec un grand nombre de personnes, sur un territoire ou dispersées dans le monde. D’agir comme consommateur responsable et comme citoyen.

D’autres droits peuvent limiter l’exercice de ces libertés, mais jamais leur principe même.

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Baracky et Jedi : Obama suscite la créativité des concepteurs de "mashup politiques"

Il y a quelques semaines, Hillary Clinton se comparait à Rocky Balboa, une référence essentielle dans la culture populaire américaine en matiére de courage et de tenacité. Peu de temps aprés apparaissait sur YouTube un remix qui incarnait Obama sous les traits de Sylvester Stallone : Baracky.

Cette semaine, un mashup de la Guerre des Etoiles a été mis en ligne par un partisan d’Obama. Il a été consulté plus d’un million de fois en 6 jours (entre le 2 et le 8 mai).