Un programme commun PS-SPD ?

Le SPD, ramené à 23% (son plus mauvais score depuis la guerre)  se remet difficilement de l’Agenda 2010 de Schröder et de la grande coalition avec la droite.

Depuis le départ de Gehrard Schröder, le SPD connaît  une crise de leadership, moins chaotique qu’au PS, mais tout aussi profonde. Il s’interroge aussi sur ses alliances : avec les  Verts (qui n’hésitent plus à gouverner localement avec la droite), et surtout avec  Die Linke.

Après plusieurs défaites électorales, le SPD et le PS traversent une même crise : crise de projet (avec l’épuisement du projet social-démocrate),  difficulté à prendre en compte la question écologique (le SPD a pris le tournant de l’écologie plus tôt que le PS, mais semble désormais en retrait, sous la pression d’une aile « industrialiste », proche des milieux d’affaires),  crise stratégique (question des alliances), désaffection d’une grande partie de leur base électorale. Crise de leadership, enfin.

Compte tenu de la proximité de nos deux pays en termes de modèle social, de l’imbrication de nos économies, de l’influence que nos deux pays peuvent exercer sur le cours communautaire, je me demande si le moment n’est pas venu pour ces deux partis d’engager une réflexion commune sur le projet qu’ils s’assignent (quel mode de développement ? ), en vue d’élaborer un « programme commun ». Et ce, dans la perspective d’un retour au pouvoir de l’un comme de l’autre.

Ce « programme commun » pourrait porter sur la reconversion écologique de nos économies, la réforme fiscale  (un rapprochement de nos fiscalités), les politiques industrielles et d’innovation, la politique étrangère et de défense. Avec une attention particulière sur la réorientation des politiques communautaires.

Je ne suis pas loin de penser que la double crise du PS et du SPD trouve une de ses sources dans  ce début des années 2000, quand la gauche, bien que majoritaire en Europe, n’était  pas parvenue à infléchir le tournant néolibéral des politiques communautaires. Si Oskar Lafontaine entretenait un dialogue privilégié avec la gauche française, Schröder tournait le dos à Lionel Jospin et  lorgnait vers Tony Blair.

Bref: si le PS doit préparer l’alternance avec les Verts, voire même avec le Modem,  je me demande si la priorité ne devrait pas aller à la conclusion d’une alliance stratégique avec le SPD.

Le  SPD,  appuyé sur un puissant mouvement syndical, fort de plusieurs centaines de milliers d’adhérents,  a longtemps méprisé le socialisme français, longtemps minoritaire face au Parti communiste et faiblement ancré dans la classe ouvrière.

Ramené à 23%, avec une gauche de la gauche qui le talonne, le SPD est peut être mûr pour chercher avec le PS des réponses à  la crise économique et  à l’enlisement du projet européen.

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