La Maison-Blanche : théatre et décor des fictions présidentielles

Le Président des Etats-Unis est désormais présent dans un très grand nombre de films. Comme personnage principal, ou au second plan. Près d’une centaine de films et séries TV depuis le début des années 90. Il y a de nombreuses raisons à cette omniprésence du Président dans les fictions hollywoodiennes : la fascination des scénaristes et du public pour le Pouvoir.

Ajoutons une autre raison : l’intérêt du public pour les coulisses de la Maison-Blanche (auquel il convient d’ajouter le décor intérieur d’Air Force One). La visite de la Maison-Blanche est un rite républicain auquel sacrifient des dizaines de milliers de citoyens. Grâce aux fictions présidentielles, le public peut désormais accéder à des parties de la Maison Blanche inaccessibles au public : le Bureau Ovale, la Master Bedromm présidentielle, la salle de presse, le couloir jaune, la résidence de la famille présidentielle. Et bien sur, l’aile Ouest.

Cet intérêt du public pour le décor présidentiel rejoint des considérations économiques et même industrielles : la construction d’un décor représente un investissement considérable. Le cinéma est une industrie et il est tentant pour les producteurs de réutiliser le même décor dans d’autre films (et pour les studios de rentabiliser cet « actif »).

« Le Président et Miss Wade » en 1995 a pu être tourné dans le décor qui avait été créé par Michael J. Taylor dans les studios Warner, à Burbanks, avec un grand souci du détail, pour « Dave », en 1993.
C’est ce décor, le Stage 28, à Burbanks, qui a permis de produire, au meilleur coût, le pilote de « West Wing ». Le décor de l’aile Ouest de la Blanche était si grand qu’il mobilisait, lors de la Saison 1 de West Wing, deux studios, chacun disposant du même grand couloir jaune pour accéder aux bureaux de l’aile Ouest. Entre la première et la seconde saison, le décor a été déplacé et réunifié dans un studio plus grand. Au fil des saisons de « West Wing », ce décor a été encore agrandi et complété. Il compte désormais parmi les plus imposants du monde.

Le décor de la Maison-Blanche de la Warner a été utilisé pour les tournages de « Contact », de « Mars Attacks! » et de « Independence Day ».

Plusieurs studios disposent de répliques du 1600 Pennsylvania Avenue, plus ou moins précises.

Une Présidente dans la saison 7 de 24 heures

Retardée par la grève des scénaristes, la diffusion de la septième saison de «24», qui devait débuter en janvier dernier, a été reportée en janvier 2009.

Elément nouveau : le Président des Etats-Unis sera une femme, Allyson Taylor, interprétée par Cherry Jones.

Quand la 7 eme journée commencera, elle sera déjà installée à la Présidence depuis un moment. Elle mènera les destinées du pays avec l’aide d’Ethan Kanin (Bob Gunton), le chef de cabinet à la Maison Blanche, et Henri Taylor (Colm Feore), son mari.

La saison 7 se déroulera 3 ans après les événements de la saison 6 et aura pour décor principal Washington. La 7 éme journée de 24 heures débutera alors que l’unité de contre-terrorisme et Jack Bauer (Kiefer Sutherland) sont en procès.

A l’origine, les scénaristes et les producteurs de 24 avaient préparé une petite révolution pour la saison à venir, qui devrait se dérouler en Afrique (1ère partie de la saison) et à New York (seconde partie de la saison). Mais, pour des raisons de coût, la Fox a refusé le projet. Tout était donc à repenser…

On ignore encore dans quelles conditions Allyson Taylor est parvenue à la Présidence. A la suite d’une élection ou bien en qualité de Vice-Présidente, suite à la la mort ou de l’incapacité du Président élu ?

A ce jour, à l’exception notable de Leslie McCloud (Polly Bergen) dans Kisses my President (1964) qui a bénéficié de l’onction du vote populaire, les femmes femmes qui ont accédé à la Présidence le doivent à des circonstances exceptionnelles.

  • Dans Commander in Chief, Mackenzie Allen (Geena Davis) est vice-Présidente. Elle accède au Bureau Ovale à la mort du Président.
  • Dans Battlestar Gallactica , Laura Roslin (Mary McDonnell) devient Présidente des Douze Colonies suite à un holocauste nucléaire. Le Président et les principaux responsables politiques sont morts. Institutrice, Secrétaire d’Etat à l’éducation, seule survivante du Cabinet, 24 ème dans l’ordre de succession, Laura Roslin hérite d’une situation dramatique.
  • Dans Prison Break, Caroline Reynolds (Patricia Wettig) est Vice-Présidente. Elle fait assassiner le président et prend sa place en tant que quarante-sixième président.

Après JFK et Nixon, Oliver Stone s’attaque à George Bush Jr


Selon Variety, Stone compte entreprendre le tournage de Bush en avril (si le financement se concrétise), juste à temps pour sortir le film entre l’élection et la prise de fonctions du prochain président. Stanley Weiser, avec qui Stone a coécrit le film Wall Street, a rédigé le scénario et Moritz. Titre annoncé : « W ».

Oliver Stone annonce qu’il filmera Bush de l’intérieur, « un peu comme dans Nixon, afin de bien faire sentir comment ça se passe de l’intérieur… Je suis un dramaturge qui s’intéresse aux gens. Bush m’inspire de la compassion en tant qu’être humain, tout comme c’était le cas de Castro, de Nixon, de Jim Morrison, de Jim Garrison et d’Alexandre le Grand. Je tiens à présenter un portrait juste et vrai de cet homme. Comment est-ce que Bush, ancien voyou alcoolique, a fait pour en arriver à devenir l’homme le plus puissant de la planète ? Le film jouera sur le registre de Frank Capra, mais évoquera également ses démons, ses prises de bec avec son père, sa conversion au christianisme, sa croyance selon laquelle Dieu l’aurait choisi personnellement comme président des États-Unis, la maniére dont il trouve sa voie grâce à l’ attaque préventive en Irak. Le film sera rempli de surprises autant pour les partisans que les détracteurs de Bush».

Selon Cinelive, le scénario qui circule date du 17 octobre 2007. Il semblerait qu’il ait été remanié à deux reprises depuis. Hollywood Reporter a adressé des copies du scénario à quatre des biographes de Bush afin d’avoir leurs avis sur la question. Les réactions des biographes face au scénario sont variées. De nombreuses scènes seraint vraiment représentatives d’événements réels mais le scénario comporterait également des traits très caricaturaux de Bush et de ses proches.

Oliver Stone s’était penché, pour le meilleur et pour le pire, sur le destin de deux autres présidents : John Kennedy dans JFK en 1991 et Richard Nixon, dans Nixon en 1995. Le premier a rapporté 70.4 millions de dollars aux Etats-Unis, le second 13.7 millions .

Dans son Nixon, Oliver Stone était allé trés loin, trop loin même, inventant complaisamment cette scène totalement fantasmagorique au cours de laquelle un Nixon incertain se rendait au Lincoln Memorial pour y dialoguer avec des étudiants anti-guerre. Aprés un échange avec une étudiante qui lui explique que le pouvoir réel est ailleurs, il confie à Bob Haldeman, de retour dans sa limousine, ce propos désabusé : «  She got it Bob, a 19 year old collage kid. She understood something what it has taken me 25 years in politics to understand. The CIA, the Mafia, those Wall Street bastards.The beast, a 19 year old kid, she called it a wild animal. « 


Josh Brolin (No Country for Old Men, The Goonies, Grindhouse, In the Valley of Elah, American Gangster, Hollow Man) est pressenti pour jouer George Bush Jr.
Moyennant un assez convaincant travail de maquillage (voir ci-contre).

A noter que le père de Josh, James Brolin, avait incarné Ronald Reagan dans la minisérie trés controversée « The Reagans ».

Les séries TV favorites des candidats

Interrogés par le TV Guide, les candidats professent des goûts assez classiques en matiére de séries télévisées.

  • Hillary Clinton cite Grey’s Anatomy, Antiques Roadshow, American Idol, Dancing with the Stars. Bizarrement, elle n’évoque pas les Sopranos. On se souvient peut être de cette parodie des Sopranos dans laquelle elle joue avec Bill.
  • Barack Obama mentionne « M*A*S*H et The Wire.

  • L’avocat John Edwards aime bien Boston Legal et confesse une faiblesse coupable pour Fred Thompson dans Law & Order.

  • John McCain cite 24, Lost, Damages, The Daily Show, The Tonight Show, Late Show, The Sopranos. Et Prison Break. (« Quand j’étais prisonnier, j’ai toujours rêvé et comploté pour m’échapper du Hanoi Hilton »). Son personnage préféré a toujours été Maverick.

Tout est politique et tout est calcul dans une campagne. Comment faire la part de la sincérité et du positionnement dans l’aveu de leurs séries favorites ?

Sylvester Stallone soutient McCain et Chuck Norris Huckabee

La course à l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine oppose les trois « action heroes » des années 80 : Sylvester Stallone (Rambo) et Chuck Norris (Walker Texas Ranger) et Bruce Willis (John McLane)

Depuis plusieurs mois, Mike Huckabee ne manque pas une occasion de mettre en avant Chuck Norris, alias « Cord Walker, Texas Ranger ».

Sylvester Stallone a choisi Fox News pour annoncer qu’il apportait son soutien à McCain.
Pas dans n’importe quels termes. « Le personnage correspond au scénario et le scénario qui s’écrit dans la réalité est plutôt brutal et musclé, comme un film d’action musclé. Il nous faut quelqu’un qui s’est trouvé dans ce genre de situation pour s’en sortir ».

 » There’s something about matching the character with the script, and right now the script is being written and reality is pretty brutal and hard edge and like a rough action film, you need somebody who’s been in that to deal with it.”

Mc Cain a commenté le ralliement de Stallone : « Eh bien maintenant que Sylvester Stallone me soutient, je l’envoie tout de suite s’occuper de Chuck Norris ».
( « Look out Chuck Norris, Sylvester’s comin’ after you. He’s comin’ after you and he’s going to get you. You better run! Chuck, you can run but you can’t hide! »)

Bruce Willis, de son côté, avait apporté son soutien à Fred Thompson, qui avait mené de front une carriére de sénateur et une carriére d’acteur.

Fred Thompson : acteur, sénateur et candidat

Fred Thompson a finalement déclaré son retrait dans la primaire républicaine. Longtemps proche de McCain (dont il coprésida la campagne en 2000), il revendiquait un « conservatisme conséquent ».


Sénateur de 1994 à 2003, il avait mené en parallele une carriére d’acteur. Quand il avait annncé sa candidature en septembre 2007, la prese et les blogeurs se demandaient s’il tenterait (et comment) de convertir sa popularité, son capital symbolique (il incarnait encore tout récemment le procureur dans l’indémodable série Law & Order sur NBC).
Etrange carriére que celle de Fred Thompson. De 1969 à 1972, Procureur adjoint à Nashville, il gagne 14 de ses 15 procès contre des escrocs et des voleurs de banque. Il se tourne ensuite vers la politique et se fait élire au Sénat en 1994.
En 1977, Thompson avait instruit un dossier politico-judiciaire délicat qui se termina par la démission du gouverneur Ray Blanton, accusé de vendre ses grâces à des prisonniers. L’affaire fit l’objet d’un film, Marie en 1985 dans lequel Thompson joua son propre rôle. Ce film lança sa carrière d’acteur. Il joua dans une trentaine de films et séries télévisées, au côté de vedettes comme Robert De Niro, Bruce Willis ou Clint Eastwood.
Spécialisé dans les rôles d’autorité (magistrats, policiers, médecins), Fred Thompson franchit une a une, film par film, les étapes d’une carriére politique «virtuelle » : il interpréta le Directeur de la CIA dans “No Way Out.” en 1987 (une fonction qu’occupa George Bush Pére), le chief of staff dans “In the Line of Fire” en 1993 (une fonction qu’interpréta Partin Scheen dans The American President, le Président et Miss Wade), puis le Président dans « Last Best Chance », un docudrame sur les risques de prolifération nucléaire.

Dans les derniers mois de son mandat, il reprit sa carrière d’acteur en rejoignant l’équipe de la série télévisée « Law & Order « , où il joue le rôle du District Attorney, Arthur Branch.
Il fut alors le premier sénateur américain ayant en parallèle une carrière d’acteur à la télévision.

Red states, blue states. Du cinéma ?

L’équipe de campagne d’Hillary Clinton avait accusé le 18 février Barack Obama, vidéo à l’appui, d’avoir « plagié » dans un discours des mots qui ne seraient pas les siens. Le sénateur de l’Illinois avait en effet repris des propos tenus par son ami et allié, Deval Patrick, gouverneur du Massachusetts. « Le sénateur Obama est porté par son éloquence et ses promesses et, comme on l’a vu ces derniers jours, il ne tient pas ses promesses et cette éloquence n’est pas la sienne », avait estimé le porte-parole de Clinton Hillary Clinton avait enfoncé le clou le lendemain : “Si votre candidature ne repose que sur des mots, encore faut il que ce soient vos propres mots.”

En réponse, l’équipe de campagne d’Obama avait fait observer, vidéo à l’appui, qu’Hillary Clinton ne s’interdisait pas d’utiliser régulièrement ses propres slogans de campagne, comme le fameux “Yes we can”.

Peu de temps après, un lecteur du New York Magazine faisait observer que Barack Obama avait peut être emprunté l’une de ses plus mémorables formules (« We are not a nation of red states or of blue states, we are the United States of America ») au film Man of the year, réalisé en 2005.

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Dans Man of the Year, Barry Levinson (à qui l’on devait déjà le grinçant « Wag the dog ») met en scéne l’animateur d’un talk-show politique, joué par Robin Williams, qui se lance par amusement dans la course à la Présidence des Etats-Unis. Dépassé par les événements, il va se retrouver malgré lui élu à cette fonction suprême.

Un regard technopolitique sur l’année 2008

LETTRE DE TEMPS RÉELS N°103 12 JANVIER 2008

Que le début de l’année 2008 paraît loin ! Avec l’élection de Barack Obama et le retour des puissances publiques au premier plan, pour sauver les banques, remettre des régles dans le système financier et relancer les économies, le cycle ouvert en 1981 par Ronald Reagan est probablement en train de se refermer.

Le bilan de l’année 2008 que nous proposons recense ces moments, ces controverses, au cours desquelles les technologies numériques affleurent dans le débat public ou accèdent au rang d’enjeu politique.

1) L’économie numérique subit les effets de la crise … et les plans sociaux

L’Observatoire européen des technologies de l’information (EITO) divise par deux ses prévisions de croissance des TIC pour 2009 . IDC ne prévoit plus que 1,2% de croissance des dépenses informatiques en 2009 en Europe de l’Ouest. Du coup, les entreprises engagent une réduction drastique des coûts (gel des embauches, réduction des frais de marketing, examens de tous les frais généraux). Voire des plans sociaux, souvent brutaux.

Selon Gartner, l’industrie des semi-conducteurs s’apprête à vivre un moment historique : elle devrait aligner deux années successives de baisse : le marché mondial des composants électroniques devrait décliner de 4,4 % en 2008 à 261,9 milliards de dollars. Mais la chute attendue pour 2009 devrait être plus brutale encore puisque les ventes devraient reculer de 16,3 % en 2009. IDC prévoit désormais une baisse en valeur de 1,3 % du marché des PC dans le monde en 2009, sachant que la chute serait de 13,7 % aux Etats-Unis et de 5,8% en Europe. Les ventes de serveurs baisseraient aussi de 1,6 % dans le monde. Témoin de la morosité régnante, l’action de Google est passée sous la barre des 300 $, une première depuis trois ans.

2) Barack Obama, premier président de l’âge numérique

Le feuilleton du Blackberry de Barack Obama (qui ne peut se résoudre à délaisser son Blackberry, une fois à la Maison Blanche, le 20 janvier prochain, afin de « rester au contact des gens ») nous éclaire sur le rapport personnel que le nouveau président entretient avec l’ordinateur et de l’Internet. Familier des technologies numériques, Barack Obama saisit leur puissance quand elles sont mises au service d’une volonté de changement. On l’a vu tout au long d’une campagne qui s’est très largement appuyé sur Internet pour mobiliser des volontaires, lever des fonds, recruter des activistes locaux et les organiser pour contacter des millions d’électeurs et labourer le terrain. Une campagne en réseau, aussi bien locale que virale.

Premier président de l’âge numérique, Barack Obama l’est doublement.

-  Par la place qu’occupent les technologies numériques dans son programme, la précision (et souvent la fermeté) de ses engagements : préservation de la net-neutralité, protection de la vie privée, relance de l’informatisation des agences fédérales avec la création d’un poste de Chief Technology Officer, déploiement du haut débit sur tout le territoire, investissement public prioritaire dans les technologies éducatives, l’e-Santé et l’informatique verte. S’il a pris des engagements en matière de réforme du droit d’auteur ou encore du droit des brevets, ses propositions sont restées, il est vrai, assez vagues.

- Par la perspective qu’il a dessinée, au fil de ses interventions, d’une « démocratie transparente et interconnectée » : libération de l’accès aux données publiques, mise en place de forums et d’espaces participatifs pour suivre et commenter les projets et décisions du gouvernement.

Du programme de relance économique (qui accorde une large place à l’investissement public dans le haut débit et l’équipement informatique des écoles et des hôpitaux) à l’ouverture du site change.gov (qui permet aux citoyens américains de suivre, pas à pas, la mise en place de la nouvelle administration, de débattre d’un certain nombre de thèmes, comme la mise en place d’une sécurité sociale), de suggérer des priorités) un certain nombre de ces engagements de campagne sont en passe d’être mis en œuvre.

-  Le programme numérique de Barack Obama

-  Science, Technology and Innovation for a New Generation

-  Internet et économies d’énergie au coeur de la relance d’Obama

-  Five Change.gov Clues to Obama’s Approach to Governing

On se demandait depuis son élection ce qu’allait devenir le mouvement et les réseaux qui avaient pris forme autour de la candidature de Barack Obama : les deux millions de volontaires impliqués dans la campagne, les milliers de « Precinct Captains », de Team Leaders, de local et de field Organizers, formés dans les Obama Camps, rompus aux techniques de mobilisation en ligne et sur le terrain. A plusieurs reprises, le Président élu avait annoncé qu’il comptait s’appuyer sur ce mouvement « grassroots » et « netroots » : pour faire émerger des idées mais aussi pour mobiliser l’opinion face aux groupes d’intérêt qui risquent de faire obstacle à la mise en oeuvre de son programme de réformes. L’équipe d’Obama vient de lancer www.usaservice.org, un site de réseau social qui permet de s’engager localement, de s’organiser pour agir localement, de mettre en place des groupes et d’organiser des réunions publiques dans un quartier ou une communauté.

Le think tank Terra Nova a mené fin décembre une mission d’étude aux Etats-Unis sur la campagne présidentielle américaine. Réalisée à partir de 80 entretiens exclusifs et approfondis avec les principaux acteurs de la campagne à Washington, New York et Chicago en novembre et décembre derniers, l’étude décrypte les innovations de la campagne présidentielle. Elle en tire des enseignements et des recommandations concrètes pour la vie politique française, tendant à sa modernisation et à la dynamisation de notre démocratie. Le rapport de la mission sera présenté le 19 janvier.

3) Liberté de la presse en 2008 : 59 blogueurs interpellés et plus de 1700 sites d’information fermés ou suspendus ; la répression se déplace sur Internet

Dans son bilan annuel, Reporters sans frontières observe une baisse du nombre de journalistes arrêtés ou tués (60 au lieu de 86 en 2007). Cette baisse masque « une généralisation de l’intimidation et de la censure ». Ainsi, la baisse du nombre de morts en Afrique (3 en 2008, 12 en 2007) s’expliquerait surtout par le renoncement de nombreux professionnels à exercer leur métier. Reporters sans frontières observe que la répression s’exerce de plus en plus sur Internet.

« L’accroissement de l’influence et des potentialités d’Internet s’accompagne d’une plus grande vigilance de certains gouvernements, aux tendances sécuritaires déjà fortes. Les pays répressifs se dotent chaque année de nouveaux outils, permettant le traçage des données et la surveillance du Réseau. Ce dernier devient peu à peu le champ de bataille des citoyens au regard critique ou des journalistes censurés, et à ce titre représente une menace pour les puissants, habitués à gouverner selon leur bon vouloir et dans l’impunité » explique l’association.

-  Liberté de la presse : l’année 2008 en chiffres

4) Privacy International : en 2008, l’anti-terrorisme à l’origine de politiques de surveillance intrusives et illégales.

L’anti-terrorisme continue d’être à l’origine de politiques de surveillance intrusives et illégales.Par exemple, après l’échec des attentats de Londres à l’été 2007, le gouvernement britannique a ordonné que toutes les données relatives à la surveillance des automobiles à Londres, enregistrées au départ pour éviter l’engorgement de la capitale, seront mises à la disposition des services de renseignement : ces données pourront ensuite être transmises n’importe ou dans le monde. Mais les politiques anti-terroristes ne sont plus les seules à susciter la mise en place de mécanismes de surveillance invasifs, souvent disproportionnés et inefficaces. Les politiques d’immigration et de sécurité publique font désormais usage de techniques invasives de manière significative.

-  Rapport annuel de Privacy International

-  Privacy International avait classé fin 2007 la France parmi les « sociétés à surveillance extensive »

5) France : Le plan de relance de Nicolas Sarkozy fait l’impasse sur l’économie numérique

le Plan de relance ignore pratiquement l’économie numérique. Et ce, quelques semaines après l’annonce du Plan Besson pour le développement de l’économie numérique. Les priorités du Plan de relance de Nicolas Sarkozy se trouvent ainsi singulièrement décalées par rapport à celles du programme de relance de Barack Obama. Le programme de relance qu’Obama présente « comme le plus important programme de développement d’infrastructures aux Etats-Unis depuis l’après-guerre relie » étroitement urgence sociale (lutte contre le chômage), double priorité aux économies d’énergie et aux technologies numériques. 2008 restera sans doute comme l’année des occasions manquées en matière de politiques publiques liées aux nouvelles technologies. La nomination d’un secrétaire d’état à l’Economie numérique était censée donner un souffle nouveau à l’économie numérique. Avec son plan de relance en réponse à la crise, le gouvernement avait début décembre une seconde occasion de parier sur l’industrie IT. L’économie numérique en est pratiquement absente, comme l’ont regretté les acteurs économiques du secteur.

-  Le plan de relance de Nicolas Sarkozy fait l’impasse sur l’économie numérique

6) Le Credoc observe en 2008 une pause dans la résorption des inégalités numériques

Chaque année, le Credoc mène une enquête sur la diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française à la demande du CGTI et de l’ARCEP.. Cette étude est une source inépuisable d’informations sur l’équipement des français en téléphone mobile, en micro-ordinateur et l’accès Internet. Si l’équipement des individus en téléphone mobile, en micro-ordinateur et l’accès Internet au domicile progressent en 2008 de manière relativement linéaire, les écarts, considérables, subsistent. Les facteurs très discriminants sont toujours l’âge, le revenu, la profession et le niveau de diplôme.

En 2008, pour la première fois depuis 1995, le Credoc observe une « pause dans la résorption des inégalités ». « Le mouvement de baisse des inégalités régulièrement observé depuis 1995 est stoppé cette année. Les inégalités concernant l’ordinateur et le téléphone mobile repartent même très légèrement à la hausse ». On retrouve ces inégalités d’équipement en ordinateur dans les usages. Ainsi pour la réalisation de démarches administratives ou fiscales par internet, seulement 11% des non diplômés y ont recours contre 69% des diplômés du supérieur.

La France reste très loin des meilleurs pays européens. En Hollande, c’est 86% des ménages qui ont accès à internet à domicile.

-  Pause en 2008 dans la résorption des inégalités numériques (ordinateur, téléphone portable et accès internet)

-  Avicca : Internet pour tous : ne pas sacrifier deux générations

7) France : Le Plan Besson fait pschitt

La création d’un secrétariat d’état à l’économie numérique (même à temps partiel) et l’annonce d’un plan de développement de l’économie numérique à l’horizon 2012 avaient suscité des attentes. Ces attentes risquent d’être déçues. Il semble bien que les leviers pour le développement de l’économie numérique échappent, pour l’essentiel, à Eric Besson. L’économie numérique était absente du Plan de relance. Eric Besson n’a aucune prise sur les arbitrages présidentiels, comme la décision de taxer les opérateurs Internet et de téléphonie pour financer l’audiovisuel public ou encore l’obstination du Chef de l’Etat à mettre en œuvre la riposte graduée. Silencieux après les déclarations de Fréderic Lefebvre, Eric Besson s’apprête à mettre en place un Conseil national du numérique protéiforme qui mêle des fonctions contradictoires. Les fonctions de régulation et de médiation de ce Conseil risquent ainsi de contaminer la fonction d’orientation stratégique.

-  Plan Besson et Grenelle de l’Environnement : premières victimes du Plan de relance

-  Développement de l’économie numérique ou communication autour de l’économie numérique ?

-  Premier bilan du sarkozysme numérique

-  Le protéiforme Conseil national du numérique d’Eric Besson

8) France : Edvige : le premier recul de Nicolas Sarkozy

La presse a longuement commenté les reculs de Nicolas Sarkozy en décembre sur la réforme du lycée et à propos du travail le dimanche. En fait, le premier recul du chef de l’Etat remonte à septembre 2008. Et il concernait Edvige. C’était la première fois que Nicolas Sarkozy perdait la bataille de l’opinion sur la question sécuritaire, son domaine de prédilection. La première fois aussi depuis longtemps que les enjeux de protection de la vie privée suscitaient une telle mobilisation. La première fois, enfin, depuis le 11 septembre, que le renforcement indéfini des mesures de sécurité et de surveillance se rencontre autant de résistances.

Mister President en production

En 2008 aura lieu une nouvelle élection à la présidence des Etats-Unis. Il s’agit d’un événement qui dépasse les frontières de l’Amérique du Nord et concerne l’avenir du monde dans ses contrées les plus lointaines.
Hollywood ne se lasse pas de mettre en scène le Président des Etats Unis. Plus de 60 films en 15 ans. Au moins 5 en 2007 et probablement autant en 2008. Le Président est plus qu’une figure du cinéma américain : une star planétaire. Avec « West Wing », « 24 Heures Chrono », « Commander en Chief »… la télévision l’utilise comme un héros de série.
En combinant extraits de films, de séries tv, archives, interviews d’historiens, de critiques de cinéma, des réalisateurs de ces films et séries, de consultants politiques, ainsi que des tournages sur les lieux marquants de cette géographique présidentielle, nous nous proposons d’explorer les ressorts et recettes de cette « fabrique de Présidents ». Nous nous intéresserons de près à tous ces troublants chassés-croisés qui mettent en contact la vie politique « réelle » et les « fictions présidentielles ».

Maurice Ronai et Emilio Pacull

America’s politics would now be also America’s favorite movie, America’s first soap opera, America’s best seller. Norman Mailer.
In 2008 there will be a new election to the Presidency of the United States. It is an event which will have effects beyond America’s frontiers and will influence future world events in far-away countries.
Hollywood never tires of depicting the President of the United States on the screen: over 60 films in the last 15 years. There have been at least 5 in 2007 and probably as many to come in 2008. The President is more than a figure of the American cinema: he’s an international star seen in the TV serials: « West Wing », « 24 Hours Chrono », and « Commander-in-Chief ».

Combining extracts of films, tv series, archives, interviews with historians, cinema critics, film and series directors and political consultants, as well as shooting at the key locations of this Presidential geography, we will explore the resources and receipes behind this « President factory ». We will examine closely all these disturbing interconnections between the « real » political life and the « presidential fictions ».

Le téléchargement a t il tué Wallen ? Etude de cas

Dans l’article que Télérama consacre, dans son dernier numéro, à la crise de l’industrie du disque, Pourquoi le disque craque,, un passage m’a fait sursauter.

Il s’agit d’un propos de Marc Thonon, directeur du label indépendant Atmosphériques. Voilà le passage en question : « Je me suis rendu compte du problème en janvier 2005, se souvient Marc Thonon, directeur d’Atmosphériques. On avait un titre de Wallen, Donna, qui marchait très fort en radio, mais curieusement les ventes ne décollaient pas. Pascal Nègre, le patron d’Universal, qui distribuait le disque, a demandé à ses forces de vente de mettre le paquet, j’ai pris un peu de pub en radio et en télé. Toujours rien, au contraire, les ventes se sont mises à baisser ! Alors je suis allé voir sur Internet. Il existe un moteur de recherche qui recense le nombre de tentatives de téléchargement illégal, et là, j’ai compris. Il y avait plus de deux millions de demandes par semaine… ». Lire la suite