Sarkozy, le piratage et la quête du Graal

« Depuis trois ans, j’ai répondu présent chaque fois qu’il a fallu faire prévaloir le droit légitime des auteurs et de ceux qui contribuent à leur expression, sur l’illusion et même sur le mensonge de la gratuité ». Nicolas Sarkozy. 23 Novembre 2008

Il est une cause qui tient tout spécialement à coeur du Président de la République : la lutte contre le piratage sur Internet.

C’est un sujet sur lequel il s’est prononcé successivement en qualité de Ministre de l’Economie et des finances, Président de l’UMP, candidat, puis Président.


Nicolas Sarkozy a évoqué la lutte contre le piratage lors de son apparition-surprise à la Conférence Web 3, le 12 décembre 2006, aux côtés de Loic le Meur.

« Je me suis impliqué pleinement pour faire respecter le droit d’auteur, parce que créer c’est travailler, parce qu’il n’y a pas de génie sans un travail acharné et que je n’accepte pas que le travail soit spolié sous prétexte qu’aujourd’hui ce serait techniquement possible, que les producteurs de disques gagneraient trop d’argent ou que ce serait plus pratique de télécharger sur Internet plutôt que d’aller à la FNAC ».


Il y revient, le 4 avril 2007, à la discothèque le Show Case, devant un parterre de célébrités, dont Pascal Nègre, patron d’Universal Music France.

« Je n’accepterai pas le vol organisé sous prétexte de jeunisme, je me battrai pour le respect du droit d’auteur. Il faut pour l’industrie du disque un vrai plan de sauvetage, comme ont pu en bénéficier hier l’industrie de la sidérurgie ou celle du textile. ».


Début mai, il évoque le piratage, mais de manière assez discréte, presque cryptée, dans son programme numérique (« La France à l’ère numérique », Journal du Net).

 » Je mettrai en œuvre les moyens nécessaires pour accompagner la mutation des métiers de la création, de la production et de l’information, et pour garantir le respect de leurs droits. « 


A peine élu, le 20 mai 2008, Nicolas Sarkozy transmet au Festival de Cannes un message qui sera lu par Christine Albanel. « La révolution numérique est une opportunité magnifique dont le festival s’est saisi en ouvrant le premier ses salles à ce nouveau mode de diffusion. C’est également une façon de diffuser les oeuvres sur les nouveaux réseaux, internet, mobiles et de démocratiser ainsi l’accès à la culture. Mais c’est aussi une porte ouverte au piratage de masse. Je serai donc vigilant dans ce domaine, il faut que chacun prenne sa part dans la lutte pour la protection des droits. Vous pourrez compter sur moi. »


Le 15 juin 2008, Nicolas Sarkozy reçoit à l’Elysée les représentants de la filiére musicale. Au programme : la riposte graduée.

« C’est une bonne entrée en matière. Nous avons senti une intention ferme, une volonté claire de reprendre ce dossier pour trouver des solutions », conclut, à la sortie du rendez-vous, Bernard Myet, Président de la Sacem.


Das la Lettre de mission qu’il adresse le 1 er Août à Mme Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la communication, Nicolas Sarkozy consacre un trés long chapitre à la protection et la promotion des industries culturelles couvertes par les droits d’auteur et droits voisins. Et lui rappelle explicitement qu’elle doit « rechercher les voies et moyens pour conclure un accord interprofessionnel permettant de dissuader efficacement et de réprimer la contrefaçon de masse. Les solutions techniques existent, elles doivent être expérimentées et mises en œuvre.(…) Notre pays doit être en position pionnière en Europe pour la défense des droits, la diffusion de contenus numériques, la promotion de l’interopérabilité et la responsabilité des acteurs de l’Internet. ». Christine Albanel s’exécute rapidement et confie début septembre une mission à Denis Olivennes.


En un peu plus de deux mois, Denis Olivennes boucle son rapport. C’est à l’Elysée, en présence de Nicolas Sarkozy, que les représentants des industries du cinéma et de la musique signent un accord, le 23 novembre 2007.

« Chère Christine Albanel, Cher Denis Olivennes, grâce à votre ténacité, votre patience, grâce à la bonne collaboration établie avec Christine Lagarde et Rachida Dati, et grâce à vous tous ici présents, vous avez permis la conclusion d’un accord qui marque le début d’une « nouvelle alliance » entre professionnels des industries culturelles et professionnels des réseaux. Partout, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs, les professionnels et les gouvernements essaient depuis des années, non sans mal, de trouver le « graal » permettant de résoudre le problème de la piraterie. Nous sommes les premiers, en France, à réussir aujourd’hui à constituer une grande alliance nationale autour de propositions précises et opérationnelles. Grâce à vous et à cet accord, la France va retrouver une position de pays « leader » dans la campagne de « civilisation » des nouveaux réseaux. ».

Quittant son discours écrit, Nicolas Sarkozy avait ajouté .  » « Je vous propose que l’on se retrouve dans six mois, au même endroit pour tirer le bilan de six mois d’application de ces nouvelles normes. Mais je vous le dis tout de suite, que si cela ne marchait pas ou pas assez, eh bien, on pourra le [cet accord] le faire bouger. Il faut là aussi sortir de cette idée folle, que lorsqu’un accord ou une loi est adopté, on ne peut plus y toucher. La pratique nous dira si nous sommes arrivés au bon équilibre. Si on n’y est pas, eh bien, on continuera. »..


Inutile de dire que six mois aprés, il ne s’est rien passé.

L’accord signé en grandes pompes à l’Elysée est divisé en trois parties :
- les engagements pris par les Pouvoirs Publics
- ceux pris par les ayants droit de l’audiovisuel, du cinéma et de la musique, ainsi que les chaînes de télévision,
- ceux pris par les prestataires techniques (fournisseurs d’accés Internet et plates-formes d’hébergement et de partage de contenus).

Quand on regarde, dans le détail, les engagements pris par les ayants droit de l’audiovisuel, du cinéma et de la musique, on constate qu’ils sont presque tous conditionnés par “le fonctionnement effectif du mécanisme d’avertissement et de sanction” . En d’autres termes, les ayants droit ne feront rien tant que l’Etat n’aura pas légiféré, mis en place la haute autorité, rendu effective la riposte graduée.

Le gouvernement a bien préparé le projet de loi promis. Le texte est prêt.. Il devait initialement être présenté au Conseil des ministres du 28 mai, pour une première lecture devant le Sénat en juillet. Son examen risque d’être repoussé à l’automne. Voire au delà.

Le SNEP commence déjà à s’inquiéter. A juste raison. « Il faut que la loi Hadopi soit installée avant la fin d’année, ou le début d’année 2009 ».


Entre temps, il est vrai, le Parlement Européen a voté une résolution qui désavoue, par avance, les projets présidentiels de « riposte graduée ».

Si Nicolas Sarkozy parvient à convaincre le Premier Ministre de soumettre ce projet de loi au Parlement (ce qui est loin d’être acquis), il sait déjà que les pays-membres de l’Union Européenne ne suivront pas la France dans cette voie.

Lexique


Article 25 de la Constitution
En cours de rédaction

Commander in Chief
Les fictions présidentielles au cours des quinze dernières années (et singulièrement depuis le 11 septembre) accordent une place prééminente aux prérogatives internationales et militaires du Président des Etats-Unis. Elles mettent en scène et théâtralisent le Président dans son rôle constitutionnel de « Commander in Chief ». L
es bases de dramaturgie du Président comme Commander in Chief ont sans doute été jetées par deux films produits sous la Présidence Kennedy : « Fail-Safe » et « Dr. Strangelove ». Ces deux films placent le Président au coeur d’une crise nucléaire.

Films et séries télévisées accompagnent ainsi (et amplifient) une mutation du systéme politique américain : à travers la Guerre froide, la concentration du pouvoir nucléaire entre les mains d’un seul homme, la gestion des crises de l’après Guerre froide, puis la « guerre contre le terrrisme », le centre du pouvoir s’est déplacé vers la Maison-Blanche.

Un conflit armé en Asie centrale, un attentat terroriste au Moyen-orient, des américains blessés ou kidnappés quelque part dans le monde, une opération de paix qui tourne mal : tout remonte vers le Commandant en chef des armées. « There is a situation, Mister President ». Les réunions du Conseil National de Sécurité dans la Situation Room sont un passage obligé de toute fiction présidentielle. Une des séries TV présidentielles a d’ailleurs pour titre «Commander in chief ». On y voit une femme, la Vice-présidente, accéder à la fonction suprême, suite au décès du Président.

Cinématographisation
Dans L’Ecran global (Le Seuil, 2007) Gilles Lipovetsky et Jean Serroy désignent le cinéma comme le spectacle de référence dans un monde globalisé. Ils le décrivent comme la matrice à partir de laquelle les sociétés se pensent et se projettent. Selon eux, tous les autres types d’écran, de la télévision à la vidéosurveillance en passant par internet, filtrent la réalité selon le prisme du septième art. Même si la fréquentation en salles recule, « son influence globale s’accroît », selon eu, « s’imposant comme cinématographisation du monde, vision du monde faite de la combinaison du grand spectacle, des célébrités et du divertissement ».

Fictions présidentielles
Dans l’imaginaire politique des citoyens américains coexistent désormais une lignée de Présidents “historiques” mais aussi un pleiade de Présidents conçus et mis en image par Hollywood.

Le Président est présent, surtout depuis le début des années 90, dans un très grand nombre de films. Comme personnage principal, ou au second plan: plus de 60 films en 15 ans. Il entraîne, à sa suite, tout un cortège de personnages: sa famille, les agents du Secret Service, le Chief of Staff, le conseiller de Sécurité nationale, le Chef d’Etat Major interarmées, son équipe, certains voire tous les ministres de son Cabinet, le vice-président.

L’irréalisme des situations dans lesquels les scénaristes plongent les présidents n’exclut pas un souci scrupuleux dans la reconstitution des lieux (de l’aménagement intérieur d’Air Force One à la topographie du 1600 Pennsylvania Avenue), Ces fictions se déploient dans la quasi-totalité de la Maison-Blanche : elles nous font pénétrer dans la Bedroom présidentielle comme dans la Situation Room.

Cette double surexposition de la figure présidentielle et de la Maison-Blanche ne se réduit ni à un « emballement », ni à une mode passagère. Elle se prolonge, d’ailleurs, à la télévision avec West Wing (sept saisons, 1999-2006) ou 24 heures (sept saisons, depuis 2001). 24 heures a d’ores et déjà « consommé » quatre présidents: David Palmer, John Keeler, Charles Logan et Wayne Palmer.

Imaginaire présidentiel
En cours de rédaction

« Mommy Problem »
Théorème exposé par le directeur de Josh Lyman au candidat démocrate Matt Santos. Quand les électeurs veulent un Pére, quelqu’un de fort et de ferme pour défendre le pays, ils votent républicain. Quan ils veulent une maman pour leur fouurnir des emlplois et la Sécurité sociale, ils votent démocrate ». ( “When voters want a national Daddy, someone to be tough and strong and defend the country, they vote Republican. When they want a Mommy to give them jobs, healthcare… they vote Democrat.” )
West Wing, Saison 7 Episode 2, « The Mommy Problem ».

POTUS (President of the United States)
Cette abréviation a d’abord été utilisée par le Secret Service puis adopt&e par le adopted by Département de la Défense dans les années 1990.

Presidentialité/Presidentiality
Ensemble de qualités requises pour exercer la fonction présidentielle : autorité, expérience, esprit de décision, caractére, hauteur de vue…. Elle renvoie aussi à une maniére d’être (Acting Presidential).

Notion floue, et probablement évolutive : les qualités attendues d’un Président ne sont probablement pas les mêmes avant et après Franklin Roosevelt, Kennedy ou Reagan.
Si la Constitution attribue au President des Etats Unis le titre et l’autorité de «Commandant en chef des forces armées » (Commander in Chief), cette dimension militaire et internationale de la « présidentialité » a pris une importance croissante avec la Seconde Guerre mondiale, puis avec la Guerre froide.

A distinguer peut être de la « présidentiabilité » qui désignerait les conditions et qualités à réunir pour concourir à l’election présidentielle. Présidentialité et Présidentiabilité n’en restent pas assez proches assez proches : un présidentiable doit manifester une certaine présidentialité.

La présidentialité est classiquement opposée à l’électabilité : il ne suffit pas d’être «présidentiel » pour être « électable ». Et inversement. On oppose tout aussi classiquement présidentialité et popularité.

Une des interrogations qui parcourt ce blog est l’influence des fictions hollywoodiennes sur le contenu et les contours de la « Présidentiality ». En proposant de nouveaux modèles ou figures de Président ( noir ou latino, Présidente), en renouvelant l’imaginaire présidentiel, les séries TV et les films présidentiels contribuent probablement à remanier et rédéfinir les composantes de la « présidentialité ».

A noter que la notion de présidentialité est entrée en France dans le langage courant en 2007. Interrogé sur les causes de l’echec de Ségolene Royal en 2007, Laurent Fabius mentionnait, dans une interview au Monde le 27 juin 2007, un « triple déficit est apparu : présidentialité, crédibilité, collégialité. ». En mars 2008, après une brutale chute de popularité, Nicolas Sarkozy aurait entrepris de « restaurer sa présidentialité ».

Topographie présidentielle
En cours de rédaction

La RMA à travers les fictions hollywoodiennes : exaltation de la supériorité la technologie

L’industrie américaine du cinéma est aujourd’hui la seule, dans le monde, qui continue de produire des films qui de guerre ou qui mettent en scène les forces armées. Hollywood revient régulièrement sur la deuxième guerre mondiale, prototype de la « guerre juste « (« Il faut sauver le soldat Ryan, « Bands of Brothers », Pearl Harbor), le Vietnam, la Guerre du Golfe. La deuxième guerre d’Irak a suscité prés d’une dizaine de fictions, de tonalité plutôt critique.

La guerre est présente à travers plusieurs genres ou sous-genres : films de combat, « POW films », fictions militaires en temps de paix, reconstitutions, à grand spectacle, de grandes batailles, science fiction. Les forces armées américaines ont perçu très tôt l’intérêt de favoriser la production de films de guerre et de combat. Se sont nouées ainsi, des les années 20, des relations de coopération entre les studios et les forces armées. Les forces armées mettent à la disposition des studios du personnel, des équipements (souvent hors de prix, inexistants dans le secteur civil), des bases militaires. En contrepartie, elles s’arrogent un droit de regard sur le scénario. D’emblée, aussi, les relations Hollywood-forces armées se nouent sur fond de rivalité inter-services. La Navy et l’Army (auxquels se joindra plus tard l’Air Force) s’appuient sur Hollywood dans leur compétition. Le Département de la Défense a ainsi contribué à la « militarisation » d’une partie de la production hollywoodienne, qui s’étend désormais au jeu vidéo. Certains analystes évoquent même l’existence d’un « complexe militaro-cinématographique » : le « mili-tainment ».

Les films de guerre, notamment les films de combat dans lesquels un petit groupe d’homme condense la diversité de la nation américaine (un Wasp, un italien, un polonais, un noir) associent l’exaltation de l’héroïsme ordinaire et du patriotisme.

Avec la fin de la guerre froide, un nouveau genre émerge au cours des années 80 et prend son essor dans les années 90 : le thriller géopolitique. Le ressort narratif de ces fictions tourne autour d’une “menace” pour la sécurité nationale : détournement de missiles, trafic de têtes nucléaires, la prolifération d’armes bactériologiques ou le chantage cybernétique. L’inventivité des scénaristes dans la description des “menaces” et des “crises” a pour pendant une grande désinvolture dans la représentation de l’ennemi : mafia, groupe terroriste, “rogue state”. La “crise” est “gérée” au niveau le plus élevé du pouvoir américain (de plus en plus souvent incarné par le Conseiller national de sécurité, quand ce n’est pas le président lui-même) mais se dénoue sur le terrain, avec l’intervention de forces spéciales. La crise révèle, a tous les niveaux du système américain, des tensions et des fractures : entre armes, entre agences civiles et militaires, entre officiers supérieurs, entre pouvoir politique et institution militaire.

A travers cet examen de la place qu’occupent les forces armées, la guerre, les risques et les brèches de la « sécurité nationale » dans le cinéma américain, on se propose de mettre en relief une dimension nouvelle des fictions militaires : l’exaltation de la supériorité technologique des forces armées américaines. Ainsi, l’un des ressorts du succès de Top Gun résidait dans la beauté des batailles aériennes, la performance du couple pilote-machine. Top Gun exhibait l’image de porte-avions capables de projeter la force américaine dans le monde entier, d’une aviation supérieure, de pilotes bien formés. Quand la Guerre du Golfe éclate, trois ans plus tard, le public américain, les images de Top Gun en tête, ne doute pas de la victoire.

Cette exhibition de la performance technique n’est pas totalement nouvelle : l’Armée de l’air avait très tôt permis (et encouragé) les studios à mettre en valeur les performances technologiques de l’Air Force (The Big Lift, Strategic Air Command and A Gathering of Eagles). Ce qui est nouveau, c’est que cette thématique de l’avance technologique (déjà métaphorisée dans Nimitz-Retour vers le futur), envahit désormais tous les compartiments du « film de guerre ».

A travers des films comme Top Gun, ou des séries comme « E-ring » (produite par Jerry Bruckheimer), Hollywood conforte le public américain (et au delà le public mondial) d’une supériorité écrasante fondée sur la technologie.

L’optimisme technologique de ces « projections de puissance » coexiste désormais avec la mise en évidence des « défaillances » et des « bréches » dans les systèmes d’armes les plus sophistiqués. Les productions hollwoodiennes attirent de plus en plus l’attention sur la vulnérabilité de la guerre technologique face à des menaces asymétriques. En ceci, Hollywood apporte une double contribution nuancée aux débats américains sur la Révolution dans les affaires militaires.

Exposé présenté le 18 avril 2008 au séminaire interdisciplinaire EHESS sur les “révolutions/mutations militaires”.

L’âge de McCain n’est peut être pas un "argument de campagne" mais reste un handicap

Né en 1936, John McCain aura 72 ans s’il les électeurs le désignent en novembre. Ce qui ferait de lui le plus vieux président au moment de sa prise de fonctions pour un premier mandat. Ronald Reagan avait 69 ans lors de son élection. Hillary Clinton a 60 ans, Barack Obama 46. Bien que faisant rarement la une des journaux, la question revient régulièrement.
Quand elle ne lui est pas posée directement, comme l’an dernier, lors d’un meeting électoral au New Hampshire, par un jeune étudiant. « Je travaille 24heures sur 24, 7 jours sur 7, je suis très actif, je profite de la vie », avait rétorqué McCain. « Merci de poser la question, petit voyou… « .

L’opinion sait tout de son état de santé : un mélanome qui lui a laissé une longue cicatrice sur le visage, les mauvais traitements subis dans les prisons vietnamiennes. Le sénateur de l’Arizona a choisi l’autodérision. « Je suis plus vieux que la poussière et j’ai plus de cicatrices que Frankenstein », aime-t-il à répéter.

Cette semaine encore, le député démocrate de Pennsylvanie John Murtha, 75 ans, a remis le sujet sur le tapis: « Ce gars est presque aussi vieux que moi, ce n’est pas un job pour un vieil homme ». Réponse de l’intéressé: « Tout ce que je peux dire est que j’admire et que je respecte Jack Murtha. Parle pour toi, Jack. Je vais parfaitement bien ».

L’âge du candidat républicain risque de peser sur l’ensemble de sa campagne.

D’ores et déjà, l’âge de McCain limite sa marge de manœuvre dans la désignation de son co-listier. « Comme il a 71 ans, comme il a déjà souffert d’un cancer et que plus généralement son corps a souvent subi des épreuves, le choix de son colistier sera très, très important… Dans ce cas de figure, vous cherchez véritablement quelqu’un qui, sur une période de huit ans, peut être président » explique l’historien Douglas Brinkley dans le Boston Globe.

L’appareil républicain surveille de près le choix d’un vice-president qui risque de devenir le candidat naturel à la nomination républicaine en 2012 si McCain est empêché de se représenter en 2012 (il aura alors 76 ans). De plus, les électeurs seront attentifs à la personnalité du vice-président dès lors que celui-ci a une chance non-négligeable d’accéder à la Maison-Blanche avant la fin du mandat. Mc Cain risque de perdre l’electorat modéré s’il désignait comme co-équipier une figure de la droite chretienne pour mobiliser la base républicaine (comme Vinick le fait dans la saison 6).

L’accés du vice-président à la fonction suprême, suite à la mort du Président, est d’ailleurs l’un un des thémes de prédilection des fictions présidentielles des derniéres années. Dans la série Commander in Chief, Mc Kenzie Allen devient Présidente, suite à un accident vasculaire cérébral du républicain Theodore Bridges. (Ivan Reitman, dans Dave, Président d’un jour, propose une variante : quand le Président William Mitchell a un malaise cardiaque, c’est son sosie, Dave Kovic, qui se trouve projété dans le Bureau Ovale).

Même si les démocrates n’en font pas un argument de campagne …

Howard Dean a affirmé que le parti démocrate ne ferait pas de l’âge de McCain un argument de campagne. « Ce n’est pas avec l’âge de M. McCain que Mme Clinton a un problème, c’est avec son programme pour l’avenir », a déclaré un porte-parole d’ Hillary Clinton.

Cette problématique de l’âge pèsera encore plus lourd si les démocrates désignent Obama.

John Mc Cain a t il regardé la saison 7 de West Wing ?

Les amateurs de West Wing ont probablement en tête les épisodes ou le candidat républicain, Arnold Vinick, s’efforce de masquer son âge.

Né en 1940, Arnold Vinick avait 66 ans lors de la campagne presidentielle de 2006. Son adversaire démocrate, Matt Santos, né en 1961 est alors de 21 ans son cadet. Comme Mc Cain aujourd’hui, Arnold Vinick met en avant son expérience. Comme lui, il sait qu’il qu’il peut compter sur les électeurs de plus de 55 ans. Il n’en reste pas moins (et c’est tout l’intérêt d’une série qui met en scéne les coulisses d’une campagne) qu’il veille en permanence à camoufler tout ce qui peut rappeler son âge.

Dans « Cold », (épisode 13, Saison 7), Arnold Vinick prend froid, au cours d’un déplacement. Tout est fait pour éviter que la presse l’apprenne. Symétriquement, Josh Lyman, le directeur de campagne de Santos, se réjouit bruyamment lorsqu’il apprend cette nouvelle. Il se met danser et embrasse un membre de son équipe.

  • Josh: He has a cold? The gods were listening to me, and they love me!
  • Annabeth : Why is there hugging?
  • Donna : Vinick has a cold.
  • Annabeth : Oh, that’s precious.
  • Josh : I want to send him some Vick’s vapo-rub and a German nurse.

Dans « Two weeks out » (épisode 14, saison 7), Arnold Vinick souffre de sa main droite, pour avoir serré trop de mains. Lors d’un meeting, à quelques secondes de prendre la parole, Vinick se fait fait briser la main par un de ses partisans. Pendant un quart de seconde, il tourne le dos au public pour cacher sa douleur.
Fracture du métacarpe.

A quelques jours de l’élection, il doit soigner cette main sans que cela s’ébruite.

C’est dans une voiture, entre deux meetings, que Vinick rencontre un docteur.

  • Doctor : We really need a set of X-rays.
  • Vinick : No!
  • Bruno : No, no, no. Doctor, we’ve got a bus-load of reporters following us. We stop
  • for an X-ray the headline’s going to read « Handshake breaks Vinick’s hand. »
  • Bruno : I can’t say for sure without an X-ray, but I think you’ve got a metacarpal
  • fracture and you’re going to need a cast.
  • Vinick : No cast.
  • Doctor: Senator, you have to…
  • Vinick : I can’t look like an old man falling apart on the campaign trail. If anyone asks you what you were doing in the car with me, we were discussing health care policy.

Dans Here Today (épisode 5, saison 7), Josh Lyman et Lou, la directrice de communication de Matt Santos, cherchent (en l’absence du candidat, qui ne veut pas en faire un argument de campagne) une maniére subtile de suggérer que Vinick est nettement plus âgé que Santos.

  • Josh : Look, Arnold Vinick isn’t some old feeb, doddering from one campaign stop to the next. He’s got more energy than I do.
  • Lou : He is inconveniently spry.
  • Josh : Use that.
  • Lou : What?
  • Josh : Spry. It’s a word that’s only used to describe old people. Ever hear of anybody under the age of 70 being called spry? It says « old guy versus young guy » without even mentioning age.

L’une des scènes les plus émouvantes de West Wing est probablement celle où Arnold Vinick, après sa défaite, comprend qu’il doit renoncer à la Présidence. (Last Hurrah, épisode 2°, Saison 7) La défaite est cruelle. Après une campagne intense, Vinick retrouve une existence vide et morne. Peu à peu, il retrouve goût à la politique. Son médecin lui confirme qu’il est en pleine forme. (Vinick : « I’m telling you : 70 is the new 60 »). Il envisage une nouvelle candidature. C’est à ses des deux plus proches conseillers que revient la tâche difficile de lui expliquer, désolés, qu’à 70 ans (en 2010), il est désormais hors course.

Mc Cain a t il vu cet épisode de West Wing ?

L’âge de John Mc Cain suscite l’ironie des militants démocrates

Cette vidéo est l’oeuvre du groupe YoungerthanMcCain, fondé par Steve Rosenthal, un ancien membre du comité de l’AFL-CIO, la centrale syndicale nationale et fondateur du groupe America Coming together, créé en 2004 pour tenter de barrer la route à George Bush.

Les Simpsons parodient John McCain


McBain est un personnage récurrent des Simpsons.
Caricature de «action hero», McBain est un hybride de Arnold Schwarzenegger (la carrure et l’accent), de Bruce Willis (McBain rime avec McClane, le héros de Die Hard) et du Clint Eastwood de Dirty Harry.

La tentation était forte de rapprocher McBain et McCain. C’est chose faite. Cette vidéo remixe habilement la bande-son d’un spot de campagne du candidat républicain.

West Wing Saison 8 : Martin Sheen soutient Barack Obama


Martin Sheen, le Président Bartlet de West Wing, a saisi l’opportunité de son passage « The Graham Norton Show » pour annonce son soutien à Obama.

S’il regrette que la confrontation entre les deux candidats démocrates soit aussi dure, il a confirmé être un supporter d’Obama. « Mais vous ne devez pas le révèler encore. Je dois faire attention, pour quelques temps encore, car Bill Clinton a aimé West Wing et il continue de m’appeler « Mon président »… Je continue de penser que les Démocrates l’emporteront. Quelque soit leur candidat, le pays est prêt pour un changement. »

L’engagement de Martin Sheen n’est pas vraiment une surprise.
Peu de temps aprés l’interrutpion de West Wing par NBC, Martin Sheen avait été approché par des responsables démocrates de l’Ohio (dont Sheen est originaire) pour une candidature au Sénat. Opposant de longue date au nucléaire, hostile à la Guerre en Irak, infatigable militant des droits civiques et de la défense des minorités), Martin Sheen n’avait cependant pas donné suite : « Je ne suis pas qualifié … Vous confondez célébrité et crédibilité».

Dans un premier temps, en décembre 2007, Martin Sheen avait apporté son soutien au Gouverneur du Nouveau Mexique Bill Richardson. Celui-ci, aprés s’être retiré de la course s’est rallié à Barack Obama.

Deux oublis malheureux dans la nouvelle déclaration de principes du PS : la société de la connaissance et les biens communs informationnels


L’aggiornamento du Parti socialiste s’avère malheureusement incomplet dans la prise en compte d’un aspect essentiel de la modernité : l’essor des technologies numériques
– les possibilité que ces technologies ouvrent en matière d’accès à la culture et de circulation des savoirs
– les capacités que ces technologies confèrent aux collectifs et aux personnes pour agir sur leur vie et sur la société

3. La Déclaration de principes 2008 passe à côté de la nouveauté radicale que constitue l’émergence de biens communs informationnels : la production coopérative de connaissances, de logiciels et de biens culturels fondée sur la libre collaboration, la production par les pairs et le partage peut s’avérer aussi efficace que les modèles de production marchand (entreprises) ou publics (services publics).

La Déclaration de principe reste enfermée dans une dialectique marché vs secteur public (rebaptisé Etat social). Les biens communs ne rélèvent  ni de la sphère publique (même si l’état peut encourager leur développement, créer un cadre protecteur, même si ses agents peuvent y contribuer), ni de l’initiative privée (même si celle-ci peut en tirer parti et en bénéficier).

 

Encore un effort pour que la nouvelle déclaration de principes du PS prenne vraiment en compte, sans ambiguïté, les enjeux de la crise écologique

Communiqué du pôle écologique du PS
Lundi 21 avril 2008

Le pôle écologique du PS se félicite des avancées que comporte la version de la déclaration de principes du PS diffusée ce jour en comparaison de la version initiale. Il salue le travail accompli en ce sens par Alain Bergounioux.

Le pôle note en effet la prise en compte de la planète au rang des finalités fondamentales des socialistes, l’apparition du principe de précaution dans l’article consacré au progrès, et la mise en avant d’un modèle de développement durable parmi les objectifs des socialistes. La sensibilité aux questions écologiques se manifeste dans un nombre important d’articles de ce projet de déclaration de principes.

Mais il subsiste quelques ambiguités majeures :
– tant pour ce qui concerne la définition du progrès, la question de la croissance, de sa mesure et de sa conciliation avec les impératifs écologiques…
– que pour ce qui a trait au rapport des socialistes aux « avancées technologiques ».
Un effort collectif reste à accomplir pour remettre à leur place ce qui, aux yeux d’un nombre croissant de nos concitoyens, relève du domaine des « utopies technologiques » pour tourner plus et mieux nos ambitions collectives vers la soutenabilité du développement des sociétés humaines et l’impérieuse nécessité de réparer la planète.

Enfin, le pôle écologique remarque qu’il manque dans ce projet une évocation claire de la crise écologique et climatique et des menaces qu’elle représente sur le devenir des sociétés humaines, évocation qui devrait déboucher sur l’expression de la volonté d’une gestion mondiale concertée des biens publics mondiaux (air, eau, océans, sols, bio diversité végétale et animale, …).

A l’occasion du débat qui va s’ouvrir dans les sections et les fédérations en perspective de la convention nationale du 14 juin, le pôle écologique suggérera à ses amis, dans le respect total des statuts du PS, plusieurs amendements de clarification.

Projet 2008 de déclaration de principes


Préambule

Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des Lumières. Il fait siennes les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, proclamées par la Révolution Française. Il est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et l’action du mouvement ouvrier qui, pendant deux siècles, ont porté une contestation de l’organisation sociale façonnée par le capitalisme et ont défendu le projet d’une société solidaire dont tous les membres jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits. Il revendique le souvenir de la Commune, l’héritage de la République et de son œuvre démocratique, des grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédés. Il participe des grands combats politiques et intellectuels pour la liberté de l’homme, de l’Affaire Dreyfus à l’abolition de la peine de mort.

Ces ambitions sont plus que jamais d’actualité. Pour les socialistes, l’être humain est un être doué de raison, libre, un être social qui grandit de sa relation aux autres, ouvert à toutes les potentialités. C’est pour cela, que les conditions dans lesquelles il vit sont essentielles. Bâtir un monde nouveau et meilleur, obéissant à la dignité de l’homme et assurant la sauvegarde de la planète, est la tâche première des socialistes, celle qui motive un engagement renouvelé pour le progrès au fil des générations, par-delà les moyens mis en œuvre, qui, eux, se formulent différemment dans le temps selon les enjeux et les problèmes.

Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l’action, un avenir pour l’humanité. Sa nature est « d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », d’inventer le futur et de travailler dans le présent, d’assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine.

Lire la suite