Pour Alain Bergounioux, « la quatrième déclaration du siècle a voulu répondre à une situation nouvelle pour le socialisme français.
L’exercice du pouvoir dans la durée, en effet, a confronté le programme socialiste, établi dans les années 1970, aux réalités de la “ mondialisation ” capitaliste. Les années 1982-1983 ont constitué un tournant en invalidant une politique définie par la seule action de l’Etat national.
Les socialistes ont été amenés à mettre en œuvre pragmatiquement un autre “ équilibre ” politique, combinant une restructuration industrielle, une rigueur monétaire, des mesures sociales. Le congrès de Toulouse, en octobre 1985, fut l’objet d’un premier grand débat pour rendre compte des évolutions intervenues. La proposition de Michel Rocard de reécrire la déclaration de principes de 1971 fut acceptée. La cohabitation de 1986-1988, en donnant la priorité au combat politique, a interrompu cet effort. Le congrès de Lille, de 1987, fut tout entier tourné vers la prochaine élection présidentielle. Le travail proprement dit sur la déclaration fut repris à la fin de l’année 1989 dans la perspective du congrès de Rennes convoqué pour mars 1990.
A la demande de Pierre Mauroy, une commission représentant l’ensemble des contributions déposées pour le congrès de Rennes travailla pendant deux mois.
Un accord put se faire entre les représentants de huit contributions sur neuf. “ Socialisme et République ” de Jean-Pierre Chevènement déposa son propre texte. Le point de clivage portait sur l’Europe : Socialisme et République refusait de mentionner l’existence de la Communauté européenne et mettait l’accent sur “ la Communauté nationale ”. Le texte majoritaire a apporté des modifications importantes tant sur le fond comme dans la forme.
Le Parti se définissait désormais comme “ un parti de transformation sociale ”. Il revendiquait une “ société d’économie mixte qui, sans méconnaître les règles du marché, fournisse à la puissance publique et aux acteurs sociaux les moyens de réaliser des objectifs conformes à l’intérêt général ”.
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