La Déclaration de principes de 1905


La déclaration de 1905 a été en fait conçu comme une charte commune détaillant les conditions de l’unité socialiste. Elle reflète donc les débats qui ont traversé les socialistes français dans les années précédentes. La querelle du « ministérialisme », avec l’arrivée d’Alexandre Millerand au ministère du Travail, avait fait voler en éclats la première unité du congrès du Globe et avait opposé le Parti socialiste français de Jean Jaurès et le Parti socialiste de France de Jules Guesde. L’Internationale socialiste, à Amsterdam, en 1904, avait tranché en faveur des thèses guesdistes. Jaurès, après avoir tiré les leçons d’un « bloc des gauches » qui, à cette date, avait réalisé son œuvre, accepta ces conditions pour rendre possible l’unification. La déclaration proclamait donc le caractère révolutionnaire du nouveau parti, défini non comme « un parti de réforme », mais comme « un parti de lutte de classe » – même s’il ne condamnait pas les réformes immédiates… – et refusait toute perspective d’alliance avec d’autres partis, essentiellement le Parti radical.

Une seule phrase suffisait à indiquer le but, « la société collectiviste ou communiste », par la socialisation des moyens de production et d’échange, alors que plusieurs paragraphes tendaient à assurer le contrôle strict du Parti sur ses élus et sur la presse se réclamant du socialisme.

La suite sur le site de l’office universitaire de recherche socialiste (OURS)

Un "Monty Python" propose ses services à Obama

L’acteur Britannique John Cleese, l’un des auteurs de la série culte « Monty Python », propose, dans une interview publiée par le Western Daily Press, sa plume à Barack Obama pour écrire des discours s’il remporte les primaires démocrates à la présidentielle américaine. Il estime que son style empreint d’humour, mis au service du sénateur démocrate, pourrait jouer un rôle clé dans la conquête de la Maison Blanche.

John Cleese a déjà fait des incursions dans le domaine de la politique. En 1987, il avait enregistré une vidéo de soutien au troisième parti britannique, le SDP-Alliance libérale, formation de centre-gauche devenue depuis le Parti libéral démocrate.

La déclaration de principes adoptée par la convention nationale du 14 juin 2008

Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des Lumières. Il fait siennes les valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité, proclamées par la Révolution Française. Il est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et l’action du mouvement ouvrier qui, pendant deux siècles, ont porté une contestation de l’organisation sociale façonnée par le capitalisme et ont défendu le projet d’une société solidaire dont tous les membres jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits. Il revendique le souvenir de 1848, avec l’abolition de l’esclavage, de la Commune, l’héritage de la République, de son œuvre démocratique, et de son combat pour la laïcité, les grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 68, de mai 81 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé depuis. Il participe des grandes batailles politiques et intellectuelles pour la liberté et la justice, de l’Affaire Dreyfus à l’abolition de la peine de mort. Il fait sienne la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948.

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L’ANPE cherche des poux à ANPSEDIC

L’auteur d’ANPSEDIC vient de recevoir une mise en demeure de changer le nom de son logiciel car il serait trop « proche » de ANPE et ASSEDIC qui sont des marques déposées.

ANPSEDIC est un logiciel qui sert à gérer les candidatures envoyées en réponse à des offres d’emploi. Un logiciel gratuit. Et efficace, à en croire les revues de produits disponibles en ligne.

L’ANPE connait bien ce logiciel : elle l’avait présenté dans le bulletin interne qu’elle adresse à ses conseillers. Bon nombre d’entre eux recommandaient ce logiciel aux chercheurs d’emploi. Le listing des candidatures et des lettres de motivation extrait d’ANPSEDIC suffisait bien souvent à justifier d’une recherche d’emploi active.

Revirement

Pourquoi ce revirement de la part de l’ANPE ?

Au moment où la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC (c’est à dire les Assedic) entre dans une phase active, les juristes à l’ANPE se sont émus d’un « risque de confusion dans l’esprit du public. »

Confusion ? Peut être. Encore que …. Le site ANPSEDIC mentionne explicitement que « le logiciel n’a aucun rapport ou affiliation avec l’ANPE et l’ASSEDIC ».

Préjudice ? Cela reste à voir. Ce logiciel est diablement utile aux demandeurs d’emploi. Il prolonge, en un sens, la mission de service public de l’ANPE. Il est toujours choquant de voir de puissantes institutions publiques s’en prendre à des individus ou des collectifs qui, de maniére désintéressée, conribuent au lien social et prennent en charge une parcelle d’interet général.

Dans le même ordre d’idée, j’avais jugé « inesthétique » la plainte de la Ville de Paris, en janvier 2006 contre l’association Paris Sans Fil sous prétexte qu’elle portait atteinte aux droits de la ville de Paris sur son nom. Assigner en justice association à but non lucratif qui souhaite aider les parisiens à accéder plus facilement et gratuitement à Internet ? C’était franchement inesthetique.

Laurent Guerby commente ici les aspects juridiques de la mise en demeure adressée par l’ANPE à ANPSEDIC.

Il était temps de s’en préoccuper.

Revenons à l’ANPE et à l’UNEDIC et à leur fusion. Celle-ci devrait être effective début 2009. Son principe a été adopté par le Parlement en décembre 2007, à l’issue d’une procédure d’urgence.

Christine Lagarde, ministre de l’Economie et le l’Emploi a lancé, le 25 mars dernier, une mission de réflexion sur sur l’offre de services du futur opérateur de service public de l’emploi, issu de la fusion de l’ANPE et de l’Unedic : types de services, implantation géographique, politique de recours au privé, systèmes d’information.

Quels services ? Quelle organisation ? Quels outils ? Il était effectivement temps de s’en préoccuper.

Avec 40 000 agents, 1 700 points d’implantation, des millions de clients, la refonte du système d’information constitue pourtant une condition-clé pour la réussite de cette fusion.

L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) consacrait d’ailleurs un chapitre entier du rapport sur la fusion ANPE-UNEDIC à l’informatique de la future entité : organisation et gouvenance du système d’information, organisation des relations avec les métiers, organisation de la fonction assistance aux utilisateurs, patrimoine applicatif et référentiel, linfrastructures et projets en cours .

558 millions d’euros

Les budgets informatiques cumulés de l’ANPE et de l’Unedic représentaient tout de même plus de 558 millions d’euros en 2007. Les infrastructures des deux entités sont pour l’instant distinctes (Bull GCOS8 et IBM MVS), mais les deux réseaux doivent être connectés dès ce mois et un plan de convergence est actuellement en cours avec pour horizon 2012. L’évolution du système d’information entraine par ailleurs dix sous-projets.

La Cour des Comptes avait critiqué dans son rapport l’abandon par l’ANPE de son projet Géode (plus de 100 millions d’euros dépensés en pure perte). Du fait justement de sa future fusion avec l’Unedic.

Rappelons que la fusion ANPE-UNEDIC est à l’ordre du jour depuis 1987. A défaut de fusion, on s’etait replié sur un rapprochement. Celui-ci avait tourné court, notamment en raison de la quasi-impossibilité de faire communiquer leurs systèmes d’informations.

Bref. Avec un bilan informatique aussi déplorable, l’ANPE est-elle vraiment légitime à chercher des poux au désintéressé et efficace développeur de ANPSEDIC ?


Rapport du groupe de travail DGEFP/Unedic/ANPE/CGEFIrelatif àla préparation de la fusion de l’ANPE et du réseau de l’Assurance chômage

Aladin versus Geode ou la politique de l’emploi prise en otage

Grâce à Nicolas Sarkozy, Dailymotion devient la première plateforme française de partage de vidéo

Dailymotion devient la première plateforme française de partage de vidéo.

10,22 millions de visites pour le mois de février, c’est un record pour Dailymotion. Cela lui permet d’entrer pour la première fois depuis sa création dans le top 10 des sites les plus visités en France, établi par Médiamétrie.

C’est aussi la première fois qu’un portail français entre dans la tête du classement.

Grâce à cette hausse de la fréquentation, Dailymotion devient la première plateforme de partage vidéo en France. A la 8ème place du classement, devançant YouTube, à la 12ème place. Une montée fulgurante puisque la plateforme était il y a cinq mois de cela à la 58ème position.

Nicolas Sarkozy n’est pas étranger aux excellents résultats de la plateforme. Le « casse-toi, pauvre con », le dialogue avec les pêcheurs du Guilvinec, les vidéos qu’il inspire, comme celle d’Anne Roumanoff (2,7 millions de vues) engendrent réguliérement ds pics d’audience.

Pour le trimestre prochain, l’entrée au gouvernement de Nadine Morano est interprétée par les analystes comme une bonne nouvelle. « Les vidéos de la secrétaire d’Etat chargée de la famille, trés populaires, constituent un relais de croissance pour DailyMotion ».

Mise à jour  (11 octobre 2010) : En trois jours, la  vidéo du lapsus de Rachida Dati  a été vue 2,5 millions de fois sur les seuls sites diffusant le document hébergé par Dailymotion. Ce dernier a vendu pour plus de 20.000 euros net de publicité sur la vidéo (sans compter les revenus générés par le trafic). »

McCain-Churchill

Selon une enquête aupres de 3.000 élèves britanniques, pres d’un quart d’entre eux pensent que Churchill est un personnage de fiction.

Churchill avait écrit que « l’histoire est écrite par les vainqueurs ». . Possible. Il n’en reste pas moins que c’est l’existence réelle de l’inflexible Premier Ministre au cigare et au V comme Victoire, qui est mise en doute par certains de ses compatriotes : pas celle d’Hitler.

Une proportion équivalente d’américains penseraient que FDR et Lincoln n’auraient pas existé.

McCain ne rate pas une occasion de se référer à Reagan, mais aussi de plus en plus souvent à Churchill. Images d’archive à l’appui.
Comme dans cette vidéo : Man In the Arena

Scranton et Mother : images d’enfance, albums de famille et caméra amateur

La campagne en Pennsylvanie se joue aussi à coup de spots télévisés.

Alors que McCain use et abuse des images d’archives dans lequel on le voit sur son lit d’hopital, aprés sa libéation des camps vietnamens, Obama et Clinton exploite le gisement des albums de famille et films amateur en 8 ou 16 mm…

La campagne Clinton diffusé un spot télévise de 30 secondes entièrement consacré aux racines familiales d’Hillary Clinton en Pennsylvanie.

Baptisé « Scranton », le nom d’une petite ville du nord-est de l’Etat et diffusé uniquement dans cette région, ce clip montre des images en noir et blanc de Hillary Clinton, enfant aux boucles blondes et souriante, portant socquettes et robe blanche, en 1950, gambadant dans les rues de cette ancienne cité minière ou dans les bras de son père.

« C’est moi à Scranton où mon père a grandi et où mon grand-père a travaillé dans une fabrique de dentelles »
commente Hillary en voix off, tandis que défilent les images d’une enfance heureuse. Ces scénes de vie de famille avaient été filmées par l’ex-directeur de l’école de Scranton.


M. Obama diffuse un spot intitulé « Mother » où il évoque la figure de sa mère (album de famille à l’appui) décédée d’un cancer à l’âge de 53 ans en 1995. Dans les derniers mois, « elle se préoccupait plus de ses factures médicales que de se soigner », explique Barack Obama. « Pour réformer le systéme de santé, il faut réformer Washington ».

La grève générale en Egypte, en direct sur Facebook, les blogs et Twitter

« Opération Villes mortes », « journée de colére populaire » : l’appel à la gréve générale en Egypte dimanche contre la vie chère s’est propagé sur Internet de blog en blog et par SMS.

S’opère ainsi une étrange jonction entre des mouvements sociaux traditionnels et la rebellion d’une partie de la société civile. Internet (et Facebook singulièrement) semblent avoir joué un rôle essentiel dans la mobilisation de la société civile.

Phénomène radicalement nouveau : il est possible de suivre à distance, via Facebook ou Twitter, quasiment en direct ce mouvement social, son étouffement et sa répression par la police.

Dimanche 6 avril devait démarrer la grève des travailleurs de la plus grande usine textile du Moyen-Orient, celle de Ghazl El-Mahalla. Une grève difficile. Les forces de l’ordre sont déjà intervenues a plusieurs reprises dans cette entreprise. Lire la suite

Ami lecteur

Je sais. Cet examen des téléscopages entre fictions hollywoodiennes et réalité politique (la campagne présidentielle de 2008) est incomplet. Je n’ai pas abordé de front la question des influences et des échanges qui s’opérent entre West Wing/Saisons 6 & 7 et la campagne. J’y viens.

    J’ai commencé ce blog il y a une semaine. J’ai commencé par recenser un certain nombre de ces téléscopages. En les rétro-datant afin que la chronologie des billets restitue le déroulement de la campagne.

    J’aborderai le cas « West Wing » dans mes prochains billets : les parallélismes Obama-Santos et McCain-Vinick, la primaire démocrate qui tarde à dégager un vainqueur etc …

    En attendant, vous pouvez déja jeter un oeil sur cette vidéo.

    J’évoquerai les films et séries TV qui mettent en scéne des Présidents noirs ou des Présidentes pour m’interroger sur l’influence que ces fictions peuvent avoir sur « l’imaginaire présidentiel » : dans quelle mesure ces fictions ont elles contribué à remanier la « présidentialité ».

    N’hésitez pas à me signaler des erreurs ou des oublis. Et à me suggérer des pistes.

    Télephone rouge et "test du Commander in Chief"

    Le Président réveillé en pleine nuit pour réagir dans l’instant à une crise («Il est trois heures du matin et vos enfants dorment en toute sécurité. Un téléphone sonne à la Maison-Blanche. Il s’est passé quelque chose dans le monde. Qui voulez-vous au bout du fil?»). C’était le thème central du spot télévisé qu’avait conçu l’équipe de Hilary Clinton.

    Le Washington Post revient sur le «Test du Commander in chief » que Clinton et McCain tentent d’imposer comme l’enjeu central de la campagne.

    Le spot de campagne de Hillary Rodham Clinton suggère que les Présidents reçoivent souvent des appels téléphoniques à 3 heures du matin. Et prennent, en pleine nuit, des décisions dans l’urgence.
    «Il est vrai que Ronald Reagan a été réveillé dans la nuit pour ce qui s’est avéré être la destruction accidentelle d’un avion civil iranien. George H.W. Bush a été alerté après qu’il se soit couché d’un coup d’état apparent contre Gorbachev. Bill Clinton a été réveillé en pleine nut pour apprendre que les négociations pour la libération d’Elian Gonzalez (le garçon cubain dont les proches souhaitaient empêcher le renvoi à Cuba) avaient échoué. Mais dans aucun de ces cas, les présidents étaient tenus de prendre des décisions importantes ».
    Le journaliste du Post a interrogé un grand nombre d’ex-conseillers de la Maison Blanche. Selon eux, ces appels nocturnes ont principalement pour objet de tenir le Président informé de situations critiques, tout particulièrement celles qui causeraient un probléme si le public apprenait que le Président avait continué de dormir pendant que ces crises se développaient.

    « Dans mon expérience, je ne me souviens pas d’une décision qui aurait dû être prise dans l’instant et en pleine nuit, admet Henry A. Kissinger. Je pense d’ailleurs qu’on devrait réduire le nombre de décisions à prendre dans l’instant». Il se souvient avoir réveillé Nixon lors du retour difficile d’Apollo 13.

    Le scénario décrit dans le spot de Clinton n’est pas inconcevable, mais il passe à côté de l’essentiel : la prise de décision présidentielle a besoin de temps.

    L’article du Post passe en revue une série de crises, avec des ex-conseillers et des historiens.
    Ainsi, lors de la crise des missiles de Cuba, le Conseiller national de sécurité a attendu le matin pour informer Kennedy que la CIA disposait de photos aériennes. (« Le Président etait fatigué après un vol asez long. J’avais conclu qu’une soirée détendue et une bonne nuit permettraient au Président de gérer plus efficacement ce qui s’averait être une crise majeure« ). Kennedy prit d’ailleurs une semaine avec ses conseillers pour mettre en forme sa réponse. (Soulignons, au passage que le film Thirteen days restitue assez bien le déploiement dans la dirée de cette crise).

    Kenneth Duberstein, le dernier Secrétaire Général de Ronald Reagan, s’était fabriqué une doctrine en la matiére : « C’était une formule très simple. Si cela risque d’affecter la vie de citoyens americains, on réveille le Président. A trois heure du matin, sauf holocauste nucléaire, on prend pas de décision. Ce que vous devez faire alors, c’est préparer la réponse ».

    Ces témoignages, selon Casey Miner dans Mother Jones, tranchent ainsi avec l’idée, ressassée depuis huit ans, selon laquelle il faut agit «vite» et de « manière décisive » contre des menaces qui fusent dans tous les sens. « A tel point que les gens, et peut être même les candidats finissent par voir le job de Président ressembler à celui d’un chirurgien dans la série TV Urgences ».

    Sous cet angle, une série comme West Wing (son producteur John Wells a aussi été celui d’Urgences) s’avère plus réaliste que le spot du téléphone rouge. Si le Président Bartlet est régulièrement interrompu pour rejoindre la Situation Room, la plupart des crises se nouent en plusieurs étapes. Au minimum deux: le Président Bartlet consulte ses conseillers et les militaires sur la nature de la crise, les risques, le temps dont il dispose, demande qu’on lui présente des options. Il quitte la Situation Room plus ou moins longtemps, y revenir plus tard et donner le feu vert, après avoir examiné les diverses options.

    La réalité, ajoute Casey Miner, c’est que « si le président doit être au courant et réagir a des centaines de problèmes de toutes sortes, la plupart des décisions qu’il doit prendre sont mûrement préparées et programmées, avec l’appui d’un personnel considérable. En d’autres termes, si on attend du le président qu’il fasse preuve d’autorité dans une situation de crise, et qu’il imprime une orientation, il (ou elle) n’a pas a le faire à chaque instant. Ni seul ».