« Ségolène Royal prône la remise à plat de la loi DADVSI »

Interview Netéconomie

A la veille du premier tour de la Présidentielle 2007, Maurice Ronai, délégué national aux technologies de l’information au Parti socialiste, rapporteur de ’République 2.0’, rapport préparé par Michel Rocard à la demande de Ségoléne Royal, précise l’approche ’numérique’ de la candidate du PS.

AB – Maurice Ronai, bonjour. Quels sont les principaux axes du programme de Ségolène Royal en matière de technologies de l’information et de la communication ?

MR – Bonjour. Internet, son architecture de ’pair-à-pair’ et ses technologies coopératives redessinent l’économie, l’éducation, la culture. L’Etat ne doit pas être un simple spectateur de ce mouvement. Il faut reprendre pied dans l’économie numérique. Aujourd’hui, la France et l’Europe sont insuffisamment présentes dans l’économie du logiciel et dans les secteurs à très haute valeur ajoutée que sont les services sur Internet. Nous ne pouvons pas nous permettre de manquer les prochains rendez-vous technologiques. Il faut inverser la tendance.

Le Pacte présidentiel présenté par Ségolène Royal prévoit d’investir massivement dans l’innovation et la recherche, soit d’augmenter, pendant le quinquennat, le budget de la recherche et les crédits publics pour l’innovation de 10% par an. Il prévoit aussi de soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation et en leur réservant une part dans les marchés publics. Donner la priorité à l’investissement des entreprises avec un taux d’impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s’il est distribué aux actionnaires. Enfin, sécuriser le parcours des jeunes créateurs en soutenant la création d’entreprises. Le rapport Rocard propose près d’une quinzaine de mesures visant à créer un écosystème favorable à l’innovation, aux PME et aux nouveaux acteurs.

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Remise du Rapport Rocard « République 2.0 » à Ségolène Royal

« Vers une société de la connaissance ouverte »

Michel Rocard a remis ce matin à Ségolène Royal son rapport sur les enjeux du numérique Ségolène Royal avait commandé ce rapport il y a un mois à Michel Rocard, qui a joué un rôle déterminant dans la bataille au Parlement européen contre la brevetabilité du logiciel. Michel Rocard, entouré d’une équipe de dix personnes, a établi un diagnostic et formulé 94 recommandations. Ce rapport est accessible sur desirsdavenir.org.

Une source d’emplois

Le numérique est trop souvent associé à une menace pour les industries culturelles. En réalité, il nourrit déjà des secteurs culturels entiers et est source de création de dizaines de milliers d’emplois. Le rapport préconise plusieurs mesures pour encourager ces emplois et donner vie à un véritable plan numérique : crédits d’impôts, soutien aux PME, logiques de type « business angels », soutien à la Recherche & au Développement, etc.

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Le Rapport Rocard découpé en chapitres et en HTML sur le site Overcrowded


Les réponses au chat de Michel Rocard et Maurice Ronai, rapporteurs du rapport


DéplierRapport République 2.0 (PDF)

Chat avec Michel Rocard autour du Rapport République 2.0

Rapport République 2.0

Après avoir remis à Ségolène Royal leur rapport sur les enjeux du numérique, Michel Rocard, député européen, et Maurice Ronai, rapporteur, ont présenté le rapport pendant un chat en direct.

Comment mieux garantir la non-violation de la vie privée des personnes de plus en plus « fichées » ? Les pratiques de Sarkozy avec les fichiers ADN et le scandale du fichier ELOI sont des preuves de ces terribles dérives électroniques ! Allez-vous renforcer les pouvoirs de la CNIL ?

Maurice Ronai : Les technologies numériques peuvent mettre en cause la vie privée de multiple manière : nouvelles formes de traçage, biométrie, radio-identification. Les missions de la CNIL prennent une nouvelle dimension. Il faudra d’abord renforcer les moyens de la CNIL pour qu’elle puisse faire face à ces missions, les anciennes et les nouvelles. Le rapport recommande de doubler les moyens de la CNIL. La CNIL aujourd’hui emploie 100 personnes alors que son équivalent allemand en emploie 400. Les moyens, mais aussi les compétences et surtout assurer l’indépendance de la CNIL en réformant son mode de désignation et sa composition. Dans ce domaine comme ailleurs c’est au niveau européen que s’élabore aujourd’hui le cadre juridique. Il faudra préserver le régime européen de protections de la vie privée.

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République 2.0 dessine les contours d’un programme d’action gouvernemental autour des téchnologies numériques

Michel Rocard a remis à Ségolène Royal son rapport sur les enjeux du numérique : Republique 2.0 : vers une société de la connaissance ouverte.

Ségolène Royal avait demandé, il y a un mois, à Michel Rocard, qui avait joué un rôle déterminant dans la bataille au Parlement Européen contre la brevetabilité du logiciel, d’établir un diagnostic et de formuler une série de propositions. Michel Rocard avait joué un rôle déterminant dans la bataille au Parlement Européen contre la brevetabilité du logiciel. Le rapport recense 94 recommandations.

Préserver l’espace de libertés qu’est l’internet et rendre effectives les capacités numériques

Jamais autant d’informations, de connaissances et de création n’ont été accessibles à un aussi grand nombre d’individus. Plus important encore, jamais autant de personnes n’ont été en mesure d’exprimer leurs opinions sur les affaires du monde, mais aussi de rendre leurs productions accessibles et réutilisables et ainsi d’en créer de nouvelles. Et pourtant, nous venons de traverser cinq années pendant lesquelles les politiques conduites par le gouvernement ont traité internet et le numérique comme des menaces et non comme une chance. Il faut changer ce regard, reconnaître le présent et prendre le parti des possibles.

1. Dans les politiques qui seront conduites pendant le mandat présidentiel, le respect des libertés fondamentales constitutives d’internet devra être une préoccupation constante.”

Reprendre pied dans l’économie numérique


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Le Parti socialiste demande un moratoire sur l’utilisation des machines à voter lors des élections présidentielles et législatives

Le Parti socialiste demande un moratoire sur l’utilisation des machines à voter lors des élections présidentielles et législatives

D’expérimentations en décrets, un processus rampant d’instauration du vote électronique pour les élections politiques est amorcé en France. Cela n’a donné lieu à aucun débat public, sur un sujet éminemment symbolique et sensible. Ainsi, 1,4 million d’électeurs pourraient utiliser les 22 avril et 6 mai des machines à voter. Lire la suite

«Les risques de manipulation du sens du suffrage apparaissent beaucoup plus importants avec le vote électronique qu’avec le vote papier.

M. Patrick Bloche attire l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, sur les garanties apportées au vote électronique.

D’expérimentations en décrets, un processus rampant d’instauration du vote électronique pour les élections politiques semble amorcé en France.

En novembre 2003, le ministère de l’intérieur, et de l’aménagement du territoire a publié un règlement technique fixant les conditions d’agrément des machines à voter et a donné les premiers agréments à plusieurs équipements. Lors des élections européennes, dix-huit communes françaises ont utilisé des systèmes de vote électronique, certaines se passant totalement de bulletins, d’urnes et d’isoloirs. Lire la suite

Le Conseil constitutionnel face à la DADVSI

On ne peut pas contenter de voir dans la décision du Conseil Constitutionnel un « fiasco » ou un « désaveu » pour le Gouvernement.

D’abord, parce que le Conseil Constitutionnel a censuré aussi bien des dispositions proposées par le gouvernement que des amendements d’origine parlementaire.

Ensuite, parce qu’il faut bien se demander quels sont les bénéficiaires de la décision du Conseil.

1. Le Conseil Constitutionnel n’a que partiellement « désavoué » le gouvernement.

Quand il supprime l’amendement Carayon (qui tentait de limiter le périmètre d’application de l’article 21 en exonérant les logiciels destinés au travail collaboratif), le Conseil revient au texte initial du gouvernement. Et donc a l’amendement Vivendi dans toute sa brutalité.

Quand il supprime, en matière de contournement, l’exonération de responsabilité pour « interopérabilité », il me semble qu’il revient aussi a la version initiale du texte gouvernemental.

Sous cet angle, la décision du Conseil doit plutôt être vue comme un camouflet pour les députés qui avaient tenté (sans mettre en cause l’économie générale du texte) d’atténuer certaines dispositions du projet de loi.

Certes, le Conseil a aussi censuré la fameuse « riposte graduée » ; ce faisant, il embarrasse quelque peu le gouvernement. C’était une des dispositions auxquelles tenait le ministre Donnedieu de Vabres. Et dont il se disait le plus fier.

Renaud Donnedieu de Vabres tente d’ailleurs, dans sa Lettre aux internautes, de faire porter la responsabilité de la censure de la « riposte graduée » sur le PS. « L’objectif de cet article était de remplacer les peines de prison encourues aujourd’hui par les internautes par un système de contravention plus adapté. Je regrette que la saisine des députés de l’opposition ait eu pour conséquence de rétablir ces peines ».

2. Une victoire a la Pyrrhus pour le PS

La saisine du Conseil par les députés socialistes aboutit a l’inverse du résultat escompté. Le Conseil n’a pas invalidé l’ensemble du texte. Au lieu d’apporter les clarifications demandées, il supprime certains garde-fous…

Le Conseil fait semblant de faire droit a certaines des critiques du PS …

En fait, il a retourné très habilement les arguments développés par les députés socialistes pour durcir le texte. Et satisfaire ainsi les exigences de l’aile extrêmiste des industries culturelles.

3. Le CC comble les exigences de l’industrie du disque

L’industrie du disque etait reservée sur la « riposte graduée ». Elle pensait que la « riposte graduée » risquait d’être inefficace, tout en « abaissant le niveau de protection » du droit d’auteur (en introduisant une graduation des actes et des sanctions). C’est l’industrie du cinema (SACD en premier lieu) qui avait inventé et « vendu » à RDDV cette « innovation judiciaire ». L’industrie du disque a obtenu, avec l’aide du PS (contre le gouvernement et contre l’industrie du cinéma) l’invalidation de la « riposte graduée ».

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Des sages si conservateurs

Tribune parue dans Le Monde du 22 mars 2006

Huit membres sur neuf au Conseil constitutionnel. Neuf sur neuf au Conseil supérieur de l’audiovisuel : c’est la proportion des personnalités que la droite aura nommées dans ces deux instances à la veille de la présidentielle de 2007.

Au cours de ses douze années de présidence, Jacques Chirac aura, par une prérogative discrétionnaire conjuguée notamment à celle du président du Sénat (structurellement conservateur), procédé à seize nominations au CSA et dix au Conseil constitutionnel. Au cours des cinq années Lionel Jospin, la gauche n’a eu droit qu’à deux nominations dans chacune de ces deux institutions. Si l’Elysée, Matignon et l’Assemblée nationale sont soumis au jeu de l’alternance, le Conseil constitutionnel comme le CSA obéissent à un rythme différent, renouvelés par tiers, l’un, tous les trois ans, l’autre, tous les deux ans. Ce décalage a théoriquement pour vocation de lisser les mouvements du corps électoral, voire de tempérer les alternances politiques. Cette précaution institutionnelle aurait dû garantir l’impartialité de ces deux autorités. Loin s’en faut.

On objectera que le chef de l’Etat et les présidents des deux Assemblées ne nomment pas que des militants au Conseil constitutionnel et au CSA. Que leurs membres n’endossent pas nécessairement les positions de l’autorité à laquelle ils doivent leur désignation. Que chevronnés, voire en fin de carrière, il peut même leur arriver de se montrer indépendants. Il reste qu’une autorité dont la raison d’être est l’indépendance ne saurait être monocolore. Et quelle que soit la carrure de Pierre Joxe (socialiste, membre du Conseil constitutionnel depuis février 2001), il n’est pas absolument certain qu’il puisse, à lui seul, faire contrepoids à ses huit collègues de la rue Montpensier.

Censeur du Parlement, et partant du gouvernement, le Conseil constitutionnel joue un rôle crucial dans l’élection présidentielle : il contrôle les parrainages et arbitre des contestations éventuelles. Quant au CSA, outre qu’il régente notre quotidien passé devant la télévision à raison de trois heures trente par Français et par jour, il contrôle le déroulement de la campagne présidentielle en veillant, notamment, à l’équilibre des temps d’antenne. En amont de la campagne, il aura désigné le président de France Télévisions, pour cinq ans. A défaut d’exercer son rôle de gendarme de l’audiovisuel, notamment à l’égard de groupes puissants comme TF1, il attribue les autorisations d’émettre. Cette domination criante de la droite au Conseil constitutionnel comme au CSA se prolongera bien au-delà de la présidentielle et des législatives, quelle qu’en soit l’issue.

Première anomalie : vu le caractère indélébile du Sénat, il faudrait à la gauche deux quinquennats (présidence et législature couplées) pour rétablir l’équilibre, voire se frayer une majorité, quand un seul suffit à la droite. Deuxième anomalie : puisque le président du Sénat (qui est toujours de droite) nomme trois des neuf membres des deux instances, la gauche peut y aspirer au mieux à une majorité, alors que la droite peut prétendre à l’unanimité (malgré cette dissymétrie, la gauche a cru devoir, en 1989, calquer le mode de désignation du CSA sur celui du Conseil constitutionnel). Circonstance aggravante : la réduction du mandat présidentiel. Un quinquennat procure au chef de l’Etat une ou deux nominations au Conseil constitutionnel (deux ou trois au CSA) : le septennat, lui, en autorisait deux ou trois au Conseil constitutionnel (trois ou quatre au CSA). Ajoutons des effets de calendrier qui permettront à Jacques Chirac de désigner, avant de quitter le pouvoir, les présidents de ces deux autorités.

Si la gauche revient aux affaires en 2007, elle gouvernera avec un Conseil constitutionnel et un CSA monocolores. Elle patientera jusqu’à février 2010 pour disposer de deux sièges sur neuf rue Montpensier. Si elle était reconduite en 2012, c’est en 2013 qu’elle y conquerrait une minorité significative de quatre-neuvièmes. Si elle ne l’est pas, la droite retrouve mécaniquement sa suprématie. S’agissant du CSA, les fenêtres de tir auront lieu respectivement en 2009 (deux nominations) et 2011 (deux autres). C’est ainsi en fin de mandat que la gauche y rétablirait un semblant d’équilibre.

En somme, sauf deux victoires consécutives de la gauche à la présidentielle comme aux législatives, la droite est assurée de conserver sa mainmise sur ces deux piliers de notre démocratie.

Jean-Louis Bessis et Maurice Ronai

La feuille de papier et le crayon du Juge Burgaud

auditions outreau

Les auditions de la Commission d’enquête sur l’affaire d’Outreau ont révélé l’incroyable sous équipement technique de la justice.

Il y a les défaillances des caméras vidéos qui devaient enregistrer les témoignages des enfants pour leur éviter d’avoir à répéter X fois un même témoignage, il semble que le problème se situe du côté de la police.

Et puis la fameuse affaire du photocopieur en panne, qui a empêché, de manière récurrente les avocats d’avoir accès au dossier, c’est la Justice et ses arbitrages budgétaires qui sont en cause.

Il n’y a pas que les photocopieuses : c’est toute la procédure qui semble gérée de manière archaïque : de la retranscription des auditions jusqu’à l’exploitation des documents et des témoignages, en passant par l’archivage des pièces de la procédure.

burgaud

Le juge Burgaud, lors de son audition, rapporte que « les retranscriptions (des interrogatoires) ne sont pas prises en notes directes sur l’ordinateur par le greffier. Ma façon de procéder, je l’ai apprise à la fois à l’école mais également lors de mes différents stages : je note ma question, je note la réponse, et je retranscris et je demande au greffier de noter la question, la réponse. Lorsqu’il y a une divergence, parce qu’on peut mal entendre quelque chose ou ne pas l’entendre, le greffier est là pour en attester et les différentes personnes pour la confrontation à laquelle vous faites référence sont là également pour dire ce qui a été dit. »

On voit ainsi se creuser le fossé entre une justice très high tech, qui consacre des ressources considérables à des moyens d’investigation sophistiqués (analyses ADN, exploitation des données de connexion…) et une justice ordinaire, sous-équipée, qui repose sur une chaîne de traitement moyenâgeuse.

Au cours des auditions, les députés ont pris la mesure du “manque de moyens” … Dommage qu’ils n’aient pas pensé à aborder pas la question du sous-équipement technologique de la justice.

S’il ne fait aucun doute qu’il n’y a pas assez de juges d’instruction et de greffiers face au nombre d’affaires à traiter, on peut penser que des juges bien équipés seraient en mesure de faire face plus efficacement aux nombreux dossiers dont ils ont la charge. Des logiciels les alerteraient dès qu’un délai de prescription se rapproche, dès qu’un acte juridique doit être accompli. On pense, aussi à des systèmes de documentation et d’archivage, comme  à la Section financière).

Mais il n’y a pas que ça.

En réponse a une question d’Elisabeth Guigou, le juge Burgaud a expliqué que tout au long de l’instruction, il avait pris l’habitude de reporter sur une feuille de papier toutes les personnes impliquées dans l’affaire, avec en abscisse les victimes et en ordonnée les personnes mises en cause. Il notait dans les cases de ce tableau les informations relatives aux actes et probablement leur cote dans le dossier … Ce tableau synoptique était la principale technologie intellectuelle utilisée par le juge pour conduire son investigation.

Une feuille de papier et un crayon

On imagine que le juge a dû fréquemment gommer les informations qu’il avait notées, au gré des revirements des témoins et des changements de version, les nouvelles informations venant ainsi effacer les anciennes.

J’en viens à l’essentiel de mon propos.

Ce que ce dossier a révélé, c’est qu’aucun des magistrats (dont certains chevronnés) n’ont détecté de problèmes dans la manière dont le Juge Burgaud menait ses investigations. Ni les incohérences entre les déclarations des témoins. Ni la faible fiabilité des accusateurs (enfants et adultes) qui changeaient d’avis, qui se contredisaient pour finalement s’accorder.

Une base de  données et un logiciel approprié auraient permis de conserver, organiser et traiter plus efficacement ces monceaux de faits, lieux, heures et dates, descriptions, portraits… Ils auraient peut-être détecté des incompatibilités dans les récits des uns et des autres, des incohérences ou des contradictions dans les versions successives des mêmes faits par un même témoin…. Autant d’anomalies qui auraient alerté le juge.

La police utilise des  logiciels d’aide à la résolution de problèmes dans les affaires complexes comme celles relatives aux meurtres en série. Le FBI a mis au point le fameux ViCAP (Violent Criminal Apprehension Program) et la police française le système Chardon (Comportements homicides : analyse et recherche sur les données opérationnelles nationales). Il s’agit de bases de données capables d’établir des liens entre des masses de données dont le traitement dépasse les capacités humaines.

J’ai lu sur le blog de Paxatagore que “M. Burgaud clame haut et fort qu’il a fait son travail. J’ai suivi la procédure dit-il.

 Il a suivi la procédure donc il a fait son travail. Vraiment ? Dans ce cas, je me fais fort d’écrire un logiciel capable de remplacer n’importe quel juge. Il ne sert à rien si c’est seulement en cela qu’il oeuvre. L’intérêt de placer un juge plutôt qu’un automate est justement de mettre dans la machine le petit grain de sable qui va l’empêcher de s’emballer. On appelle cela « bon sens » ou « intelligence » dans mon milieu.”

Je pense exactement le contraire.  Un automate aurait justement peut-être fait preuve du “bon sens” qui semble avoir fait défaut au juge comme à sa hiérarchie. Il aurait détecté des anomalies que le juge ne pouvait plus voir : parce qu’il était forgé des convictions,  parce qu’il était exposé aux pressions du procureur, ou soumis à un climat post- Dutroux qui l’empêchait d’envisager l’innocence des personnes mises en cause.

Un logiciel est insensible aux pressions de la hiérarchie, à la lecture de la presse, aux passions et aux revirements de l’opinion.

La circulation des oeuvres et des savoirs à l’ère du numérique : Pour une conception ouverte du droit d’auteur

Rapport du groupe de travail « droit d’auteur et numérique » (Parti socialiste)

Il est essentiel que l’information et les connaissances, aussi bien que les technologies qui permettent d’y accéder, ne restent pas de simples marchandises sujettes seulement à la logique du profit. Si cela était le cas, alors la société de l’information perdrait toute possibilité de définir les connaissances comme un bien commun global appartenant à tous et bénéficant à tous, dont l’échange et l’accès libre crée les conditions pour un monde réellement multiculturel, sans imposer l’hégémonie d’une culture sur une autre. Milan Kucan, premier Président de la République slovène, socialiste et président du Collegium International d’Ethique

“ La mutation numérique bouleverse bien moins le droit de la propriété intellectuelle que les intérêts économiques, industriels et financiers qui s’y attachent. Elle transforme directement les processus de production, de communication, de distribution et de consommation de biens immatériels, notamment culturels. Dans tous les domaines de la création et de l’information, nous observons l’accélération de l’appropriation privée. C’est une réponse économique paradoxale aux effets de la numérisation et de l’interconnexion des réseaux. Elles sont, en effet, des procédés absolument ouverts et interopérables et qui favorisent de nouveaux entrants, de nouveaux publics et un plus large accès aux œuvres. ” Catherine Tasca

Deux voies peuvent être empruntées. La première, défensive et coûteuse en termes de bien-être social, cherche à maintenir le plus longtemps possible le fonctionnement classique des marchés, retardant ainsi la marche de la révolution numérique. L’autre voie, au contraire novatrice, consiste à “ inventer ” un modèle permettant le fonctionnement efficace d’une économie de l’information.

La logique défensive est celle qui anime certains acteurs dominants du secteur informationnel de “ l’ancienne économie ”, éditeurs de contenus et grands groupes de médias (majors), inquiets à juste titre des menaces portées par la “ nouvelle économie” sur leurs modèles d’affaire. Le ressort de cette logique est simple : restaurer la liaison entre l’information et son support physique. (…)

L’histoire des révolutions industrielles semble montrer que de telles tentatives conservatrices sont à plus ou moins long terme vouées à l’échec. À vouloir préserver à tout prix la protection de contenus propriétaires, on risque en outre de confisquer du bien-être, en privant la société d’une bonne partie des bénéfices de la révolution numérique. Nicolas Curien et Pierre-Alain Muet,La société de l’information, Conseil d’analyse économique

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