Dans le cadre du Festival GraphicPecs à Pecs (Hongrie), j’ai présenté une sélection d’affiches politiques ( Vietnam, Cuba, Black Panthers, Chili,MLF, Prague, Lip… ) que j’avais glanées, ici ou là, entre 1966 et 1975.
Le théme du festival, orchestré par Michel Bouvet et Fanny Lafitte, cette année était « Pop Rock Underground ». Des affiches, pochettes de disques qui ont marqué les esprits, comics, livres, publications, fanzines mais aussi photographies… Plus de 1300 oeuvres, de 1960 à nos jours….
Dans le cadre du Festival GraphicPecs à Pecs (Hongrie), j’ai présenté une sélection d’affiches politiques ( Vietnam, Cuba, Black Panthers, Chili,MLF, Prague, Lip… ) que j’avais glanées, ici ou là, entre 1966 et 1975. pic.twitter.com/uQZ1s0XlPg
Figure de la mouvance covido-complotiste, le pharmacologue semble aujourd’hui sous l’emprise d’un homme d’affaires manipulateur, ce qui inquiète jusqu’à ses partisans de la première heure.
Illustration CW.
Il est l’homme qui affirmait que le virus du Covid-19 avait été « fabriqué par l’Institut Pasteur » : Jean-Bernard Fourtillan, l’une des figures les plus fantasques de la sphère covidosceptique, était devenu l’un de ses « martyrs » après son bref internement en psychiatrie en décembre 2020. Mais ses soutiens les plus fidèles s’inquiètent aujourd’hui de sa disparition et affirment que le pharmacologue serait tombé sous l’emprise d’un homme d’affaire mythomane et peu scrupuleux…
J’avoue qu’une fois ouvert, je l’ai lu jusqu’au bout. Mais avec un sentiment de malaise, du début à la fin.
C’est un livre haineux. Ses personnages Bouvet, Onfray ou Enthoven ne sont animés que par des passions tristes : ressentiment, jalousie, frustration….
(Je n’aime pas Houellebecq, le maitre de Bellanger, mais au moins s’intéresse-t-il à ses personnages. Pas Bellanger. Ses personnages sont des caricatures hideuses.
Commentant son livre, sur France Inter, Bellanger a expliqué « C’est la première fois que j’ai eu envie d’écrire pour faire du mal à des gens. […] j’ai des ennemis, ce qui est relativement nouveau pour moi, et je veux leur infliger le plus de dommages possibles. Cela a été mon moteur. […] Je veux “canceller” ces gens qui sont nuisibles au débat politique. Qu’ils se taisent à jamais, qu’ils retournent dans leur ridicule ».
C’est aussi un livre complotiste, sous tendu par un imaginaire complotiste, avec des forces obscures qui manigancent dans l’ombre.
Le complot est un puissant ressort littéraire (voir Umberto Eco). Encore faut-il faire l’effort de décrire le complot, sur lequel il prétend avoir enquêté . Rien de tel ici : de même qu’il ne s’intéresse pas à ses personnages, Bellanger ne fait même pas l’effort de mettre le complot en récit : l’objectif du complot, comment il a été pensé, mis en œuvre, exécuté. Son déploiement. Ses ajustements en fonction des circonstances.
On ne sait pas, à la fin du livre, si le plan secret de Gremond (Bouvet) et du Mouvement du 9 décembre (Printemps républicain) a abouti ou s’il a été instrumentalisé par Macron, principal bénéficiaire du prétendu complot, avec l’extrême droite.
Peu après l’attentat de Butler, on a vu resurgir deux acronymes classiques de la rhétorique conspirationniste sur les attaques du 11-Septembre : LIHOP (« Let It Happen On Purpose ») et MIHOP (« Make It Happen On Purpose »). Explications.
Site du meeting de Donald Trump à Meridian, près de Butler, en Pennsylvanie, le 13 juillet 2024 (capture d’écran d’un compte complotiste sur X).
Dans les minutes qui ont suivi la tentative d’assassinat contre Donald Trump, la mécanique complotiste s’est enclenchée, avec l’identification d’anomalies, la chasse aux indices et aux détails troublants… et leurs lots de premières fausses pistes. Les hashtags « #staged » (mis en scène) et « #falseflag » (faux drapeau) se sont tout de suite hissées en tête des tendances sur X. Selon la société Cyabra, les hashtags « #FakeAssassination » » et « #StagedShooting » ont recueilli 595 millions de vues en une seule journée.
Dans le climat politique fiévreux et polarisé de l’Amérique, ces théories s’organisent autour de deux grands récits, chacun étant guidé par la même logique du « cui bono ? » (« à qui cela profite-t-il ? »). Les partisans de Trump, à la suite d’Alex Jones, dénoncent une tentative d’assassinat ratée par les Démocrates, un « inside job » de ce fameux « État profond » qui a déclaré la guerre à Trump et au peuple américain. À l’appui de leur thèse, des failles de sécurité trop évidentes pour ne pas être délibérées : le Secret Service et la police locale ont laissé un toit sans surveillance à seulement 135 mètres de Trump, l’identification d’une menace une heure avant les tirs, le repérage d’un tireur sur le toit dix minutes avant que Trump ne monte sur scène, enfin les tirs décisifs des snipers après que Thomas Crooks ait pu tirer huit coups de feu. Trump ne doit en outre sa survie qu’au heureux hasard d’avoir effectué un mouvement de la tête au tout dernier moment. Un miracle que beaucoup de ses partisans interprètent comme une véritable « intervention divine ». Sans même parler du drapeau américain qui, un instant, se serait transformé en ange protecteur…
Un récit symétrique avance l’hypothèse que Trump aurait lui-même orchestré sa propre tentative d’assassinat, afin de gagner davantage de sympathie et de soutien pour l’élection présidentielle de novembre prochain. À l’appui de cette thèse : la combativité de Trump après les coups de feu, brandissant son poing en l’air en répétant : « Fight! Fight! Fight! », comme s’il s’y était préparé ; ou le sourire arboré sur une photo − en réalité trafiquée après coup − par un agent du Secret Service au moment où il escorte l’ancien président américain hors de la tribune. Le Washington Post rappelle, à cette occasion, qu’il existe aussi au sein du camp démocrate une tentation conspirationniste, allant jusqu’à parler de « BlueAnon », un jeu de mot péjoratif qui associe le terme QAnon et la couleur bleue des Démocrates.
Faut-il se saisir des IA génératives dans le débat public et l’action politique ? Pourquoi ? Comment ? A quelles conditions ?
Lundi 1er juillet. Je suis encore sous le choc des résultats du premier tour des législatives. Florian Gauthier, ex-directeur de LaReserve.tech, me fait part de son projet de développer une déclinaison de ChatGPT qui génèrerait des argumentaires « pour convaincre ses potes de voter pour le NFP et de faire barrage au Rassemblement national ».
A 18h32, il m’adresse un lien vers la V0 de ChatNFP. Il a récupéré un argumentaire sur une boucle WhatsApp et écrit une première batterie de prompts.
ChatNFP est destiné à des personnes qui bataillent avec des électeurs potentiels et qui ont besoin d’arguments pour répondre à leurs questions ou à leurs interpellations. Il me demande de le tester.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie et ses conséquences sur les approvisionnements amplifient la prise de conscience de la dépendance des armées modernes aux énergies fossiles, une dépendance de plus en plus perçue comme un talon d’Achille opérationnel. Efficacité énergétique des infrastructures, électrification des équipements militaires, conversion aux énergies renouvelable, déploiement de microgrids, associés aux capacités de stockage : les notions de « résilience énergétique » et de « transition énergétique » figurent désormais dans les feuilles de route technologiques des forces armées, aux Etats-Unis, mais aussi, plus timidement, en France.
« L’énergie et sa disponibilité sur les champs de bataille des guerres dites modernes sont déterminants aussi bien pour l’emploi des systèmes d’armes que pour le soutien des bases avancées. L’accès à l’énergie sur le champ de bataille reste un sujet majeur pour assurer la continuité des effets militaires. Il se cristallise aujourd’hui principalement autour de l’approvisionnement en carburant sur les zones d’engagement. L’enjeu est à la fois de ravitailler les véhicules terrestres, les moyens aériens ou navals, mais également deproduire l’électricité nécessaire aux bases avancées ou aux systèmes d’armes électriques » explique Thierry Lestienne dans « L’électricité au combat, un enjeu stratégique ». Massivement dépendantes aux hydrocarbures, les forces armées se voient ainsi contraintes d’accélérer leur transition énergétique : pour des raisons budgétaires (coût de l’énergie), climatiques (les forces armées prennent aussi leur part dans la réduction des GES), politico-stratégiques (autonomie de décision) mais aussi opérationnelles. « Une transition énergétique d’autant plus complexe que les forces armées se voient simultanément confrontées aux besoins énergétiques croissants de leurs équipements en raison de nouvelles capacités technologiques, d’une multiplication de matériels électroniques énergivores (climatisation entre autres) nécessitant des puissances électriques supplémentaires » ajoute Pierre-Jean Rondeau .
Suite à la projection, je me suis décidé à mettre Panne des sens en ligne.
Lors de la projection,le 3 avril, j’avais prononcé quelques mots pour présenter le film.
Nous sommes en 1979. Un ami de lycée, Jean-Louis Weissberg, qui était professeur d’informatique l’université de Villetaneuse, débloque un tout petit budget pour faire un film sur » l’informatisation de la société ». C’est la terminologie de l’époque. Il avait réuni un groupe d’étudiants volontaires, pour faire un film. Il me propose d’y travailler car j’avais fait l’IDHEC et je venais de commencer une carrière de journaliste spécialisé dans l’informatique : 01, Sciences et vie, Le Monde diplomatique.
J’embarque dans l’aventure Dominique Chapuis, qui, à l’époque était le chef-op de Godard. (Il fera plus tard Shoah, avec Lanzmann) …
Le scenario prend forme en quelques semaines… Je mets à contribution Alain Mamou Mani, informaticien et militant CFDT. Et dont j’avais suivi les cours d’algorithmique en
Pour compléter le casting, nous mobilisons des amis et des camarades de l’IDHEC…
Le film a été tourné en 8 jours. Pendant les vacances de Noel. 15 séquences, une dizaine de lieux de tournage … Un tournage tendu mais joyeux. Le film n’a jamais été diffusé. Et c’est la première fois qu’il est projeté sur grand écran.
En fait, en 1980, quand le fim est bouclé, je ne voyais que les défauts : lenteurs, le manque de rythme, le jeu approximatif des acteurs, presque tous amateurs… J’avais pris ce film en grippe, puis je l’ai oublié.
Bien plus tard, quand je me suis reconcilié avec le film, j’avais une copie trop médiocre pour le projeter. La BNF, qui détenait une copie du master, a accepté de le restaurer.
Sans l’énergie et le talent de Dominique Chapuis, ce film n’aurait jamais existé.
Panne des sens sera projeté le 3 avril 2023, 19 h Studio des Ursulines dans le cadre du . Festival de films européens de Paris L’Europe autour de l’Europe.
« Ce film alliant science-fiction et film noir a été réalisé par deux amis sortis de l’IDHEC. Avec un tout petit budget, il est mis en scène avec minimalisme dans des décors épurés. Les dialogues décalés s’étirent dans le temps, dans des plans-scènes laissant place aux silences et à l’ironie. Ce film singulier, ressurgi directement des années 1980, constitue une expérience de cinéma unique. On partage avec le détective sa sérénité et son détachement, en errant dans cet univers d’une étrangeté pourtant troublante ». Irena Bilic.
Dans un avenir indéterminé (2024 ? 2030 ?), le détective Philip Marlowe mène sa dernière enquête : à la recherche d’un cryptogramme.
Panne des sens imagine, en 1980, la manière, dans le futur, dont l’informatique, les robots et l’intelligence artificielle, pourraient transformer le travail. Comment, et jusqu’où, ils pourraient étendre le domaine des algorithmes, et avec eux, celui de la simulation. Et redessiner, au bout du compte, notre rapport aux autres, aux choses et au réel.
En 1980, quand cette fable prospective a été conçue et réalisée, les premiers robots commençaient à peine à faire leur apparition dans les usines automobiles. La microinformatique n’était alors qu’une promesse… Quant à l’intelligence artificielle, faute de résultats, elle n’était pas encore sortie de son « hiver »…
Un petit budget, débloqué je ne sais plus comment par Jean-Louis Weissberg, auprès de l’IUT de Villataneuse, la complicité d’un petit groupe d’amis, la passion des étudiants, l’énergie et le talent de Dominique Chapuis (disparu depuis), ont permis de faire ce film.
Scenario-dialogues : Maurice Ronai et Dominique Chapuis
Images : Dominique Chapuis
Montage : Milka Assaf
Son : Odile Perroud et Françoise Curtet
Musique : Richard Pinhas
Direction de production : Jean-Louis Weissberg
Production : Institut de recherche sur l’enseignement des mathématiques (IREM) de l’Université de Villetaneuse
Avec Louis Daquin, Caroline Champetier, Alain Mamou-Mani, Antoine Lassaigne, Jean-Louis Bessis, Frank Moisnard, Jean-Jacques Kupiec, Jean-Louis Weissberg. Jean-Jacques Dumet, Pierre Ghislain, Mia Micha, Antoine Lefébure, Samir Oulahbib