Chavez, le peuple déicide et la Théologie de la Libération…

Visiblement, Libération a traduit de façon incomplète le discours de Chavez.

1. Voici la version complète traduite

Le monde possède pour tous, donc, mais dans les faits des minorités, les descendants de ceux qui crucifièrent le Christ, les descendants de ceux qui jetèrent Bolivar hors d’ici et le crucifièrent aussi a leur manière a Santa Marta en Colombie. Une minorité s’est appropriée les richesses du monde, une minorité s’est appropriée l’or de la planète, de l’argent, des richesses minérales, des eaux, des bonnes terres, du pétrole, de toutes les richesses donc, et a concentré les richesses entre quelques mains : moins de 10% de la population du monde est propriétaire de plus de la moitié de la richesse du monde entier et … plus de la moitié des habitants de la planète sont pauvres et chaque jour il y a de plus en plus de pauvres dans le monde. Ici, nous avons décidé de changer l’Histoire.

2. Dans la version complète, le lien entre « les descendants de ceux qui crucifièrent le Christ » et la « minorité (qui) s’est appropriée les richesses du monde » est moins direct que ce suggérait l’extrait publié par Libération.

3. Je vous livre ce commentaire de Jean-Luc Mélenchon :

« A l’évidence, la référence à « ceux qui ont crucifié le Christ » est allégorique. Le mot « les descendants » s’entend ici clairement au sens figuré. C’est un vieil usage du christianisme de gauche que d’identifier ceux qui ont crucifié le Christ aux puissance de l’ordre établi, de la domination et ainsi de suite. Au cas particulier du discours de Chavez c’est d’autant plus éclatant qu’il évoque ensuite « ceux qui ont crucifié » Simon Bolivar. A moins que quelqu’un prétende aussi accuser les juifs d’avoir « chassé Bolivar » et de l’avoir « crucifié à leur manière » ! La référence allégorique est typique de la théologie de la Libération dont Chavez est un adepte (ainsi que Lula au Brésil). Le coeur de cette doctrine est « l’option préférentielle pour les pauvres » dont la figure du Christ est l’expression pour qui la libération dans la société des chaines de l’égoïsme passe par la rupture des chaines de l’argent. En témoigne la suite de la harangue du président Vénézuélien qui est elle aussi typique du vocabulaire des adeptes de cette théologie telle qu’elle est prise en charge dans les milieux révolutionnaires depuis les années 80.

3. En considérant que Chavez ne fait jamais que reprendre des thèmes et des allégories de la Théologie de la libération, généralement considérée comme progressiste et généreuse, Mélenchon « disculpe » Chavez.

On devrait garder à l’esprit qu’une allégorie n’est pas forcément comprise en tant que telle : combien de vénézuéliens sont capables de faire la part des choses entre l’allégorie et la reprise du stéréotype sur le « peuple déicide » (« les descendants de ceux qui crucifièrent le Christ » ).

Mais surtout, faut il prendre pour argent comptant l’idée selon laquelle la Théologie de la Libération serait essentiellement un mouvement progressiste. ?

Elle l’est, bien sûr, pour une part. Elle a été combattue, à ce titre, par les hiérarchies catholiques d’Amérique latine, par le Vatican. Ratzinger a dénoncé la Théologie de la libération comme une déviation marxiste et communisante du catholicisme,

Il reste que la Théologie de la libération est aussi un fondamentalisme religieux : elle s’est développée en réaction contre la compromission des Eglises latino-américaines avec les élites et les dictatures ….mais aussi contre les églises et sectes protestantes.

Le thème de la Libération inclut en creux celui de la captivité. « Autrement dit, il semble désormais impossible d’envisager un quelconque Exode vers une terre promise démocratique et prospère. L’idée d’Exode est en effet joyeuse et optimiste, elle est le modèle du Salut. La théologie de la libération semble avoir renoncé au Salut, elle semble faire le constat d’une défaite. Elle s’incarne donc dans un fantasme de captivité« . (Maurice Mergui)

Sous cet angle, la Théologie de la libération n’a rien avoir avec le marxisme ou avec des mouvements progressistes : elle se situe sur un plan totalement différent, celui de l’eschatologie. La Théologie de la libération condamne le capitalisme comme un mal absolu, un pêché …. Elle voit dans le capitalisme une idolâtrie qui a triomphé. Un faux Dieu (ce Faux Dieu que les sectes pentecôtistes révèrent …).

Comment des tenants de la laïcité peuvent-ils prendre pour argent comptant une Théologie de la libération, profondement pessimiste, déséspérée, et qui nous ramène plusieurs siècles en arrière ?

Congrès PS du Mans : Synthèse, SMS, photocopieuse et « petits papiers »

J’avais deja été frappé, lors du Congrès de Dijon, par l’omniprésence des téléphones portables. Deux ans après, au Mans, le SMS fait désormais partie de la techno-culture socialiste.
Le Monde rapporte que pendant les discours des leaders à la tribune, les militants s’échangeaient des commentaires par SMS :
« Hollande très moyen. Fabius un cran au-dessus (…) Sur les moniteurs de télévision qui balisent les couloirs, on aperçoit aussi les « éléphants » affairés à leur portable. Le SMS dresse des argumentaires et fixe la « ligne » des courants. Les préposés à la propagande strauss-kahnienne savent mieux que les autres répandre quelques bons mots  et la bonne parole. Ainsi, ce texto de « synthèse », arrivé à 60 délégués : « Fabius a mangé son chapo. NPS cassé en 2. François face à l’amertume de sa majo. Ségolène n’a pas osé. J. Lang s’est vautré. »La presse s’est largement fait l’echo des « fuites » par SMS qui ont jalonné la fameuse nuit de la synthèse. « La nuit est déjà bien avancée lorsque commence une étrange correspondance. Un premier message SMS, envoyé à 0 h 03, dimanche 20 novembre, par l’intermédiaire du téléphone portable, indique qu’un « groupe de travail se met en place sur les institutions, puis un autre sur les questions sociales ». Depuis une heure et demie, les chefs de courant socialistes sont enfermés à huis clos dans le Palais des congrès du Mans pour tenter de trouver un accord entre eux. (…) Les pourparlers peuvent-ils se conclure rapidement ? Réponse à 0 h 11 : « Je ne crois pas. » Un deuxième correspondant, fabiusien, laisse entendre que les choses ne se déroulent pas comme il l’espère. Pourquoi ? « Relations humaines. Le climat n’est pas bon », dit le correspondant B. Il y a suspension de séance. Par les fenêtres, on aperçoit MM. Hollande, Peillon et Emmanuelli se concerter en aparté dans les couloirs. Arnaud Montebourg se joint à eux. Tous rentrent dans la salle. Les échanges SMS reprennent. A 1 h 30, le correspondant A confie son humeur : « Rien n’est fait pour que nous soyons pour la synthèse. » Un troisième se manifeste, proche de M. Montebourg. « Impasse », écrit le correspondant C. Probabilité d’un accord ? « Zéro. Ça casse. C’est fini », alerte le correspondant B. Deuxième interruption de séance, puis, à nouveau, reprise. M. Montebourg monte lentement les marches qui mènent à la salle. Il est 2 h 29. « Ultime tentative », estime le correspondant C. Y a-t-il une ouverture ? « Cosmétique », répond le même interlocuteur. Alors, c’est terminé ? « Pas sûr », juge le correspondant A. L’échange est interrompu. Les minutes s’écoulent. Soudain, le petit signal sonore tinte. « Synthèse », envoie à 3 h 25 un correspondant D, proche de Dominique Strauss-Kahn. Le correspondant A précise une minute plus tard : « Montebourg ne prend pas part au vote ». ( « Synthèse », signale un SMS à 3 h 25 » Le Monde,  22 Novembre 2005 Par Isabelle Mandraud« ).Question : de quels outils techniques disposaient les responsables socialistes pour la négociation et la mise au point de la fameuse synthèse ?

Une photocopieuse. En panne, de surcroît.  « Dès 22 heures samedi, au moment où commence la réunion, c’est la tuile : la photocopieuse est en panne. Pas facile de discuter des 11 amendements présentés par NPS pour tenter d’infléchir la motion de la direction hollandaise. Ça bloque un peu sur l’Europe, mais ça passe.
(http://www.lefigaro.fr/politique/20051121.FIG0003.html)

Au cours de la séance nocture de la synthèse, la rédaction des amendements, leur négociation, la réecriture des amendements : tout s’est fait par voie de manuscrits et de photocopies. Non sans confusion.
Des dizaines d’amendements – eux mêmes sous-amendés – grattés sur des bouts de papier. Sans qu’on sache toujours à quel endroit du texte les amendements devaient s’insérer.

Bref : des dizaines de petits papiers à collationner au petit matin. On me rapporte  qu’il a fallu près de deux jours pour «établir» le texte final… Un peu comme on le ferait pour les Manuscrits de la Mer Morte ou les Ecrits intertestamentaires.

Pour le prochain Congrès, le Ps pourrait songer à de doter d’un outil d’aide a la rédaction de synthèse.

Education nationale : changer le logiciel

Notre système éducatif, dont les moyens ne cessent d’augmenter, échoue pourtant à atteindre ses objectifs affichés (80 % d’une classe d’âge au baccalauréat) et surtout, à garantir la qualité de l’éducation pour tous. Malgré l’intense effort de généralisation, près de 20 % des Français ont des difficultés avec la lecture ou l’écriture.

Les réponses privées, la recherche de services de proximité, après l’école, la croissance des dépenses des ménages pour le soutien scolaire (estimées à 1,5 milliards d’euros par an)… Tous ces indicateurs montrent que le corps social a commencé à rechercher des réponses aux insuffisances du service public, en dehors de lui…

Pendant ce temps, la compétition internationale s’accroît, au sein de l’Europe, comme à l’échelle du monde. La France est absente des efforts de standardisation, traite par le mépris les enquêtes internationales, dont les résultats lui sont peu favorables, et observe, passive, l’intense bataille des contenus numériques qui s’amorce.

Le niveau actuel n’est maintenu que grâce au dévouement des enseignants et à l’investissement des parents. Il est condamné à évoluer, car les générations futures d’enseignants n’accepteront pas ce que leurs aînés ont accepté.

La question éducative est la question centrale des dix prochaines années. Elle conditionne toute ambition de changement social et doit être au cœur du projet socialiste.

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Plombier polonais et wikipedia

Je me demandais l’autre jour qui était à l’origine de la formule du « plombier polonais ». Je suis donc allé sur Google. Google signale qu’environ 68 400 documents contiennent l’expression exacte « plombier polonais ». Bel exemple d’amplification.

Google ne signale, en revanche, que 165 réponses pour « musicien polonais » 234 pour « mathématicien polonais » Et 6 130 pour « pape polonais ».

Imaginons un huron débarquant parmi nous : il se demanderait pourquoi les plombiers polonais sont 11 fois plus connus que leur pape, 234 fois que leurs musiciens, 6130 que leurs mathématiciens, pourtant réputés.

Ce huron trouverait assez vite la réponse à cette interrogation grâce à Wikipedia qui consacre une entrée spécifique au « plombier polonais ».

Google a d’ailleurs ouvert une rubrique « plombiers célèbres” . Et prévoit déjà de documenter les notices de 9 d’entre eux.

Le fonctionnement massivement contributif et auto-organisé de Wikipedia tient véritablement du prodige.

Un autre exemple : WIkipedia consacre déjà une entrée au Congrès socialiste du Mans. Remarquablement à jour,

Une autre au Congrès de Dijon.

Et même une aux Congrès socialistes

Naturellement, une quarantaine de ténors du PS ont déjà leur bio et leur bobine en ligne.

Le savent ils ?

Nouveaux médias, nouveaux militants, nouveaux partis ?

L’usage d’Internet (sites, listes de diffusion, blogs …) par les partisans du Non et du Oui lors du référendum et l’écho médiatique donné aux débats se déroulant sur la Toile marquent l’irruption des nouveaux médias dans le champ politique.

Les partisans du non ont d’ailleurs gagné cette bataille, pour une large part sur et grâce à Internet (voir l’écho rencontré par le site de l’universitaire marseillais Étienne Chouard) …

Cela tiendrait-il à une antériorité de certains groupes associatifs ou politiques sur la Toile, et donc à une plus grande connaissance des règles et du langage Internet, à la contre-culture qui s’y exprimerait disposant plus à s’opposer, à la “perméabilité” des internautes aux rumeurs ?

Ou la Toile n’est-elle qu’un miroir des tendances qui traversent la société ? Autant de questions parmi d’autres à analyser… mais avec quels types de sources ? Quelle méthodologie ?

Alors qu’au début du siècle, les militants du monde ouvrier développaient une presse politique et syndicale pour diffuser leurs idées, Internet permettrait il de renouer et de réveiller ce type de militantisme quand la presse partisane est moribonde et les groupes multimédias aux mains d’intérêts économiques ?

Les partis politiques ont créé leurs sites, mais il ne s’agit plus aujourd’hui de reproduire en ligne ce qui existait avant sur papier.

L’utilisation d’Internet qui met bien souvent en face des individus pose de nombreuses questions aux organisations collectives : comment les partis politiques – et notamment le Parti socialiste – analysent-ils, réagissent-ils et s’adaptent-ils à ces nouveaux outils ? Ont-ils conduit à une nouvelle organisation des tâches ? Provoquent-ils de nouvelles formes de sociabilités militantes ? Ont-ils attiré un nouveau type de militants, avec le risque de creuser un fossé générationnel et technique ?

Séminaire « Les socialistes et les médias, XIXe-XXe siècle »

« Oui à l’Europe des projets »

Cette déclaration peut être signée en ligne par tous ceux qui souhaitent, tout en appelant à voter Oui, montrer les possibilités d’action ouvertes par la Constitution européenne, qu’il conviendra d’exploiter par une dynamique de projets.

Pour signer :

Ingénieurs, chercheurs, responsables associatifs, cadres d’entreprises et d’administrations… nous voterons OUI lors du referendum sur le projet de constitution.

Comme de nombreux citoyens, nous sommes tous favorables à la contruction europénne mais nous constatons qu’elle est en panne depuis Maastricht, le dernier grand projet européen. Lire la suite

Utilisateurs des réseaux P2P : 3 ou 8 millions ?

Alors que l’on peut suivre, depuis 7 ou 8 ans, en détail, semestre apres semestre, les chiffres de vente du commerce électronique ou, mensuellement, la fréquentation des sites et des portails commerciaux, le P2P reste, en France, le point aveugle des mesures de comportement des internautes.

Les instituts d’études se décident enfin a publier des chiffres sur les pratiques de téléchargement et plus généralement sur l’utilisation des réseaux pair à pair (P2P).

Trois millions selon Médiamétrie

Mediamétrie : L’annee de l’internet 2004 Internet, acte II : Une nouvelle page d’histoire s’ouvre…

Selon Médiamétrie, le nombre d’internautes qui utilisent une application P2P (Kazaa, Emule) pour télécharger de la musique serait passé de 2,606 millions fin 2003 à 3,303 000 fin 2004.

Soit une progression de 700 000 en un an, malgré la croisade contre le P2P, les procés et les premiéres condamanations.

L’utilisation du P2P est indexée sur la progression du nombre de foyers connéctés en haut débit (+ 46% en un an).

4e trim. 2003 4e trim. 2004 Progression
Internautes 11 ans et + 21 765 000 23 723 000 8%
Foyers HD 2 213 000 4 121 000 46%
Foyers connectes 6 872 671 7 702 804 11%
P2P 2 600 000 3 300 000 21%

Soit 14% des 24 millions d’internautes de 11 ans et plus fin 2004 (12% fin 2003).

Quid du téléchargement de films ?

Selon le Centre national de la Cinématographie, 19 % des internautes déclarent avoir téléchargé des films gratuitement. Soit le même ordre de grandeur que ceux qui téléchargent de la musique, selon Médiamétrie : 3 millions.

CNC : Le téléchargement de films sur Internet (analyse quantitative)

 


 

3 millions selon Médiamétrie (14% des internautes de 11 ans et plus) ou selon le CNC (19% des internautes de plus de 16 ans) …

Nous sommes loin des 8 millions d’internautes qui déclaraient, selon le Credoc, en 2003 avoir téléchargé de la musique, des logiciels ou des films sur Internet.

Près d’un internaute sur trois, soit environ 8 millions de personnes en France, a utilisé des réseaux pair à pair…

 


 

En 2004, selon le Credoc, 31% des internautes ont téléchargé de la musique, des logiciels ou des films sur Internet, soit 8,5 millions.

2004 : 31% des internautes ont téléchargé des oeuvres sur les réseaux P2P

La diffusion des technologies de l’information dans la société française / Décembre 2004

Aladin versus Geode ou la politique de l’emploi prise en otage

Indemnisation du chômage, dispositifs d’orientation, d’aide à la recherche d’emploi, à la formation ou la reconversion des salariés : les ressources affectées à la politique de l’emploi sont passées de moins de 1 % du PIB en 1973 à plus de 3,85 % en 1997 et 3,55 % en 2001.

Cet effort représente aujourd’hui en France plus de 50 Milliards d’euros. Il situe la France à un bon niveau d’effort collectif, bien qu’en retrait par rapport à celui des pays qui investissent le plus dans ce domaine, comme le Danemark, les Pays-Bas et la Belgique.

La montée du chômage a suscité la mise en place d’organismes et de programmes spécialisés, tournés vers certaines catégories de personnes ou vers des territoires (missions locales etc…).

Au fil des années, le système d’intervention sur le marché du travail est devenu complexe, de moins en moins lisible pour les demandeurs d’emploi comme pour les entreprises.

A la complexité des mesures, des programmes et des dispositifs s’ajoute la diversité des organismes aux statuts hétérogènes : ANPE, Unedic et Assedic, AFPA.

Philippe Séguin, ministre du travail, avait envisagé en 1987 la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC, la création d’un « grand service unifié de l’emploi » avant d’y renoncer.

Dix-sept ans plus tard, le rapport Marimbert remis en janvier 2004 à François Fillon pointe les mêmes deux obstacles majeurs :

- « L’attachement fort des personnels à l’identité de chaque organisme. (…) Dès lors, il est clair que la fusion comporterait un risque élevé de polémique à l’échelon national et des troubles dans le fonctionnement des services ».

- La disparité des statuts sociaux. L’Unedic, organisme paritaire, est une association de loi 1901, avec 14 000 salariés de droit privé, tandis que l’ANPE, forte de plus de 22 000 agents contractuels sous statut public, est un établissement public administratif. « Le surcoût annuel d’une fusion, dans l’hypothèse très vraisemblable d’un alignement du régime des agents de l’ANPE sur celui de l’Unedic, note le rapport Marimbert, s’élèverait au minimum à 200 millions d’euros par an. »

La fusion de l’ANPE et de l’Unedic écartée, reste la perspective de les faire travailler ensemble.

Le Plan Borloo de cohésion sociale prévoit une convention tripartite Etat, ANPE UNEDIC Les deux organismes devront coopérer dans les maisons de l’emploi.

Travailler ensemble ; cela suppose un rapprochement de leurs systèmes d’information, ce qui permettrait de constituer un véritable dossier unique du demandeur d’emploi. Comment cibler les interventions du service public de l’emploi et mettre en œuvre un accompagnement personnalisé s’il n’existe pas d’information complète et à jour sur le parcours de chaque demandeur d’emploi ?

C’est là que le bât blesse : les systèmes d’informations de l’ANPE et de l’Unedic ne sont pas compatibles, empêchant l’échange d’informations en temps réel et augmentant les délais de traitement.

L’ANPE et l’Unedic se sont lancé, chacune de leur côté, dans la refonte de leurs systèmes d’information, mais sans vraiment se concerter.

- Aladin, le système d’information de l’Unedic (conçu en 1998) est opérationnel.

- Geode, le nouveau système d’information de l’ANPE (conçu en 1996) a subi de nombreux retards n’ était toujours pas déployé début 2004.

La decision, par l’ANPE , de développer son propre système de gestion de la liste des demandeurs d’emploi (gestion opérationnelle de la demande d’emploi – Geode) remonte à 1996. Il s’agissait pour l’ANPE de reprendre la main sur un système d’information qui se se situe au coeur de son metier. Geode avait aussi pour objectif de faciliter les liaisons avec les partenaires extérieurs (dont l’Unedic) mais sur la base d’une application dont l’ANPE serait maître d’ouvrage. L’ANPE avait confié la refonte de son SI au consortium Atos-Hewlett Packard-Unisys.

Lorsque le nouveau système Géode sera déployé par l’ANPE coexisteront deux univers applicatifs distincts (Geode et Aladin), abritant deux bases de données distinctes. (Rapport Marimbert)

L’Unedic et l’ANPE ont fait des choix techniques diametralement opposés (pour autant que je puisse en juger) : une technologie dite »objet » reposant sur CORBA pour Geode, une technologie interactive de type Internet pour Aladin

Que faire ?

- Unifier les deux systèmes d’information autour d’Aladin et abandonner Geode, pourtant proche du déploiement, et faire l’impasse sur les 70 millions d’euros ? Conçu pour les besoins propres de l’Unedic, Aladin pourra difficilement satisfaire les besoins des deux organismes et absorber les évolutions technologiques.

- Unifier les deux systèmes d’information autour de Geode ? Plus ambitieux, conçu dans une perspective de plus long terme et plus englobante, Geode n’a pas encore fait ses preuves.

- Améliorer l’interface actuelle ? Il semble que celle ci ait ait du mal à faire face aux flux croissants d’échanges entre les deux organismes ….

- Développer une nouvelle interface entre les deux systèmes et pérenniser ainsi la coexistence de deux systèmes ? Une interface entre deux systèmes, même charpentée et fiabilisée, ne sera toujours qu’une solution sous-optimale.

C’est ce dilemme que le Conseiller d’Etat Jean MARIMBERT devait trancher dans le rapport qu’il a remis a François Fillon.

Après avoir pesé le pour et le contre, et estimant, probablement à juste titre, le choix d’une option radicale prématuré, celui-ci recommande la réalisation d’un audit. « Sur la base des résultats de cet audit, le Ministre et les instances de l’UNEDIC se concerteraient pour décider du maintien du dispositif ou du passage à un dispositif de base unique ».

Michel Volle a consacré de très belles pages aux systèmes d’information de grandes organisations comme les impôts, la sécurité sociale ou encore l’ANPE.

« La réglementation évolue souvent, ce qui exige de modifier le système d’information. La modification est simple s’il s’agit de mettre à jour quelques paramètres, elle est complexe s’il faut redéfinir une partie d’un dossier et introduire des traitements nouveaux. Il faut de trois à six mois pour introduire une modification complexe dans le système d’information. Si celui-ci est de qualité médiocre, il faudra un an pour corriger les bugs provoquées par la modification. Pendant ce délai la réglementation aura encore changé. Les agents se sont donc habitués à faire une partie de leur travail sur papier ou sur tableur, puis à saisir les données dans le système d’information. Cela comporte des inconvénients (erreurs de calcul ou de saisie, surcharge de travail, inefficacités diverses etc.), mais ce fonctionnement d’ensemble permet à l’administration d’être réactive et de mettre en oeuvre sans délai une politique nouvelle ».


Le Monde du 11 janvier 2005 : Faire travailler ensemble les acteurs du service public de l’emploi, une gageure.

Une meilleure coordination des différents acteurs du service public de l’emploi. Projet de loi de finances pour 2005 : Travail et emploi. Avis n° 78 (2004-2005) de M. Louis SOUVET

Michel Volle : Articuler l’ordinateur et l’être humain

La refonte du système d’information opérationnel de l’ANPE, confiée au consortium Atos-Hewlett Packard-Unisys

Aladin, un système d’information performant

UNEDIC Projet ALADIN

L’Unédic choisit le décisionnel pour le contrôle de ses réseaux

L’ANPE dote ses 20000 agents d’un Intranet performant avec HP et Microsoft

Le temps de modifier les logiciels en place…

Le Monde daté du 30 novembre rend compte d’une étude qui met en doute la fiabilité des palmarès des lycées publiés par l’Éducation nationale.

« Les fameux « palmarès » des lycées sur lesquels se ruent les parents pour choisir l’établissement de leurs enfants sont en réalité très incomplets. Faute de tenir compte de l’existence d’un »marché scolaire », où le choix des établissements s’effectue en fonction de leur réputation, ils tendent à surévaluer les performances des lycées prestigieux et à sous-évaluer celles des établissements populaires. »

L’article détaille l’origine des biais qui affectent ces indicateurs.

S’affirmant « consciente depuis longtemps » de cette limite, Claudine Peretti, directrice de l’évaluation et de la prospective (DEP) au ministère de l’Éducation nationale, annonce sa volonté de corriger ces biais en intégrant les notes du brevet dans le calcul de la « valeur ajoutée » des lycées. « Cette opération devrait être réalisée d’ici « trois ou quatre ans », le temps de modifier les logiciels en place. »

En d’autres termes, le ministère de l’Éducation nationale va continuer à publier des indicateurs dont il admet qu’ils sont « biaisés » sous prétexte qu’il faut trois ou quatre ans pour modifier les logiciels en place ! Trois ou quatre ans !

Comment un ministre peut-il se satisfaire d’un tel délai ?

2004 : 31% des internautes ont téléchargé des oeuvres sur les réseaux P2P

En 2004, selon le Credoc, 31% des internautes ont téléchargé de la musique, des logiciels ou des films sur Internet, soit 8,5 millions.

Avez-vous déjà téléchargé gratuitement, à partir d’Internet, de la musique, des films ou des logiciels, en utilisant les réseaux dits pair-à-pair (ou peer to peer), tels que Kazaa ou e-mule ?

18 ans et plus 12-17 ans Ensemble
Oui 31 33 31
Non 67 65 67
Jamais entendu parler 2 3 2

Juin 2003

18 ans et plus 12-17 ans Ensemble
Oui 30 31 30
Non 66 66 66
Jamais entendu parler 4 3 4

« Ce ne sont cependant pas tous des « pirates », précise le Credoc, puisque, en toute rigueur, certains ont peut-être téléchargé ou échangé de la musique ou des logiciels libres de droits, donc ne contrevenant pas à la loi protégeant la propriété intellectuelle. »

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