Un problème ? Un Grenelle !

Après le Grenelle de l’environnement, un Grenelle de l’insertion, sous les auspices de Martin Hirsch. Le gouvernement prépare aussi un « Grenelle de l’audiovisuel ». François Hollande, de son côté, appelle à un Grenelle du pouvoir d’achat, et Ségolène Royal à un Grenelle du pouvoir d’achat, des salaires et des retraites. (« Parce que tout se tient »). Les élus locaux (maires, conseils généraux et conseils régionaux), pour leur part, attendent  un « Grenelle de la fiscalité locale ». Les employeurs du spectacle vivant, public et privé, pour leur part, veulent un « Grenelle de la culture » (Le Monde 21 novembre 2007). M. de Villepin avait annoncé en 2007 un « Grenelle de la formation ». Elisabeth Guigou avait annoncé en 2001 un Grenelle de la Santé. Denis Olivennes, PDG de la Fnac, chargé de diriger une mission sur le téléchargement illégal par les ministres de la Culture et de l’Economie, a  promis  un « mini-Grenelle » du piratage.

Vous voulez un grenelle de quoi ?


Voir aussi l’article « Grenelle » dans le glossaire

Accord du 23 novembre : des engagements …. qui n’engagent que les pouvoirs publics

Il est interessant de regarder de prés l’accord ( 1 ) signé en grandes pompes à l’Elysée, sous les auspices du chef de l’Etat, en présence de personnalités du spectacle, par les représentants des industries culturelles et des acteurs de l’Internet.

Cet accord a d’ailleurs un air de déjà vu. Il rappelle étrangement la « Charte d’engagements pour le développement de l’offre légale de musique en ligne, le respect de la propriété intellectuelle et la lutte contre la piraterie numérique », signée bruyamment, à l’Olympia, le 28 juillet 2004. Déjà en 2004, les acteurs de la filière musicale n’avaitent pris aucun engagement concret pour améliorer l’offre commerciale.

Cet accord reprend dans ses grandes lignes les propositions du Rapport Olivennes. Il est divisé en trois parties : les engagements pris par les Pouvoirs Publics, ceux pris par les ayants droit de l’audiovisuel, du cinéma et de la musique, ainsi que les chaînes de télévision, et enfin ceux pris par les prestataires techniques (fournisseurs d’accés Internet et plates-formes d’hébergement et de partage de contenus).

- Quand on regarde, dans le détail, les engagements pris par les ayants droit de l’audiovisuel, du cinéma et de la musique, on constate qu’ils sont presque tous conditionnés par “le fonctionnement effectif du mécanisme d’avertissement et de sanction” . En d’autres termes, les ayants droit ne feront rien tant que l’Etat n’aura pas légiféré, mis en place la haute autorité, rendu effective la riposte graduée.

- Quant aux engagements souscrits par les fournisseurs d’accès, on constate qu’ils comportent une série de limitations et de conditions : ils s’engagent “à collaborer avec les ayants droit sur les modalités d’expérimentation des technologies de filtrage des réseaux disponibles mais qui méritent des approfondissements préalables, et à les déployer si les résultats s’avèrent probants et la généralisation techniquement et financièrement réaliste” . Comme en 2004, les fournisseurs d’accès reprennent d’une main ce qu’ils concedent de l’autre. (A noter, cependant, que certains opérateurs télécom envisagent trés serieusement de filtrer les téléchargements pour économiser de la bande passante.).

- S’agissant des engagements qui concernent les plates-formes d’hébergement et de partage de contenus sont déja plus contraignants, il ne s’est pas trouvé, a ce jour, de plateforme pour signer l’accord. GoogleYouTube et DailyMotion, notamment se sont abstenus (pour le moment, en tout cas) d’apposer leur paraphe.

Les seuls qui prennent de vrais engagements sont les Pouvoirs publics.

« Ils s’engagent, en particulier, à proposer au Parlement les textes législatifs et à prendre les mesures réglementaires, permettant de mettre en œuvre un mécanisme d’avertissement et de sanction visant à désinciter l’atteinte portée aux droits de propriété intellectuelle sur les réseaux numériques. Ce mécanisme devrait reposer sur le principe de la responsabilité de l’abonné du fait de l’utilisation frauduleuse de son accès, actuellement posé à l’article L. 335-12 du Code de la propriété intellectuelle, et sera piloté par une autorité publique spécialisée, placée sous le contrôle du juge, en sorte de garantir les droits et libertés individuels.

Cette autorité sera dotée des moyens humains et techniques nécessaires à l’avertissement et à la sanction.

Sur plainte des ayants droit, directement ou à travers les structures habilitées par la loi à rechercher les manquements au respect des droits, elle enverra sous son timbre, par l’intermédiaire des fournisseurs d’accès à Internet, des messages électroniques d’avertissement au titulaire de l’abonnement.

En cas de constatation d’un renouvellement du manquement, elle prendra, ou saisira le juge en vue de prendre, des sanctions à l’encontre du titulaire de l’abonnement, allant de l’interruption de l’accès à Internet à la résiliation du contrat Internet ;

Cette autorité disposera des pouvoirs de sanction à l’égard des fournisseurs d’accès qui ne répondraient pas, ou pas de manière diligente, à ses injonctions. Elle rendra publiques des statistiques mensuelles faisant état de son activité ;

Cette autorité disposera également, sous le contrôle du juge, de la capacité d’exiger des prestataires techniques (hébergeurs, fournisseurs d’accès, etc.) toutes mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d’un service de communication en ligne.”

Les pouvoirs publics s’engagent, également, “à constituer, après avis de la CNIL, un répertoire national des abonnés dont le contrat a été résilié pour les motifs évoqués ci-dessus”.

Il est permis de se demander si le gouvernement prendra le risque d’ouvrir la boite de Pandore d’une DADVSI 2.

Notes :

[1] Accord pour le développement et la protection des œuvres et programmes culturels sur les nouveaux réseaux http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/conferen/albanel/accordolivennes.htmsigné

Ils n’étaient pas tous d’accord pour larguer la bombe sur Hiroshima

Paul Tibbets, le pilote américain qui largua la bombe atomique sur Hiroshima en août 1945, est mort le 1 er novembre, à l’age de 92 ans.

Le 6 août 1945, alors jeune lieutenant-colonel de l’US Air Force, il était aux commandes du bombardier SuperFortress B-29 « Enola Gay » qui a largué, hors tests, la première bombe atomique de l’histoire de l’humanité.

Paul Tibbets n’avait que 30 ans lorsqu’il décolla aux commandes du SuperFortress B-29, avec ses 11 membres d’équipage d’une base américaine dans les Iles Mariannes. Le bombardier avait été baptisé « Enola Gay », le prénom de la mère de Paul Tibbets.

Le premier test nucléaire s’était déroulé avec succès moins d’un mois plus tôt, le 16 juillet 1945, dans le désert du Nouveau-Mexique. Dès lors tout va aller vite. Le 24 juillet, le président Harry Truman approuve la décision de mener une campagne de bombardements atomiques contre le Japon jusqu’à sa capitulation. Le 31 juillet, Truman donne l’ordre de bombarder Hiroshima « dès que le temps le permet ».

La suite sur nonfiction

Operation Hollywood disponible en DVD

Le documentaire Operation Hollywood est désormais disponible en DVD aux Editions Montparnasse.

« La longue collaboration entre Hollywood et le Pentagone a permis aux studios américains de produire des films aux budgets gigantesques et à l’efficacité redoutable… Retour sur une association fructueuse : connivence, échanges de bons procédés, propagande insidieuse voire censure : ce film retrace les soubresauts d’une coopération fort complexe. Illustré de nombreux extraits de films (Patton, Pearl Harbor, Top Gun, Apocalypse Now, etc.) et de témoignages de cinéastes, de militaires et de journalistes, Opération Hollywood radiographie plus de soixante ans de cinéma de guerre américain et y décrypte l’influence du Pentagone ».

Le Monde : Hollywood, frère d’armes du Pentagone

La fin des années 1920, le ministère de la défense des Etats-Unis ouvrit un bureau pour établir un pont entre les industries du cinéma et le Pentagone. Il s’agissait d’unir les forces hollywoodiennes et militaires pour montrer comment la nation combat tout ce qui la menace. L’Amérique a toujours préféré se représenter en agressée qu’en agresseur. Inédit en salles, Hollywood Pentagone (2004) retrace cette collaboration complexe entre le pouvoir (désireux de vendre une image positive de l’armée, empreinte d’héroïsme) et les cinéastes.

Le premier film emblématique fut Wings, de William Wellman (1927), exaltation de la bravoure des soldats et de l’invincibilité de l’armée. En 1943, 26 000 personnes liées à l’industrie cinématographique participèrent à l’effort de solidarité nationale, en uniforme ou dans les shows destinés à remonter le moral des troupes.

De grands cinéastes furent mobilisés sur les fronts : William Wyler et John Sturges en Europe, George Stevens sur le Débarquement, John Huston pour filmer la bataille de San Pietro, dans le Pacifique. Le Pentagone accusera ce dernier d’avoir fait un film « pacifiste ». Dans le documentaire, Pacull interroge Philip Strub, le responsable des relations de Pentagone avec Hollywood, qui donne une démonstration de langue de bois.

Pour lui, Apocalypse Now, de Francis Coppola, n’est « pas très intéressant » : le film remet en cause le bien-fondé de la guerre en général, et de celle du Vietnam en particulier. Pas intéressant non plus Johnny s’en va-t-en guerre, de Dalton Trumbo. En revanche, Top Gun, de Tony Scott, « réhabilite l’armée, la montre sous un jour positif ». Le Pentagone exulte : on croirait voir un film de propagande de recrutement. L’institution ne collabore pas avec un film qui porte atteinte à son image.

C’est ainsi que le Pentagone refusa d’aider Treize jours, de Roger Donaldson (2000), avec Kevin Costner, parce que évoquant la crise de Cuba, il montrait les militaires comme des fanatiques antisoviétiques. Et exalta Patton (1970), de Franklin J. Schaffner, parce qu’il donnait un « portrait nuancé du personnage ». Il aida en 2001 La Chute du faucon noir, de Ridley Scott (sur le crash d’un hélicoptère à Mogadiscio), parce qu’il « exalte le courage des soldats », et refusa de coopérer avec La Ligne rouge, de Terrence Malick, peu orthodoxe.

Pacull donne la parole à plusieurs contradicteurs, dont le juriste Jonathan Turley, qui considère que le Pentagone viole le premier amendement de la Constitution garantissant la liberté de parole. Ne pouvant utiliser le bâton, l’armée, selon lui, use de la carotte : l’argent, le matériel, les archives.

Le bonus – excusez du peu – est constitué par Let There Be Light (« Que la lumière soit »), documentaire de John Huston, tourné en 1946, sur les séquelles psychologiques, les troubles neuropsychiatriques subis par les soldats rescapés de la seconde guerre mondiale. Le film fut saisi par le Pentagone et interdit jusqu’en 1980.

Libération : Hollywood, bras armé du Pentagone

Une chronologie rigoureuse des films de guerre tournés par Hollywood est la plus éloquente démonstration des liaisons dangereuses qui unissent l’industrie militaire à celle du cinéma. Le film d’Emilio Pacull, Hollywood Pentagone, se charge d’éclairer les dernières zones d’ombre de ces tournages sponsorisés par le Pentagone, qui met à disposition instructeurs et matériel militaire (de la Jeep de collection au porte-avions en activité) pour aider les films « méritants ».

Au besoin, l’armée demande que certains passages disparaissent du script. Les divers intervenants reviennent sur cette étrange association, où tout le monde a compris depuis longtemps quels bénéfices réciproques l’enthousiasme pour les valeurs martiales et la glorification des héros de l’Amérique, pouvaient engendrer. Au terme d’un tel réquisitoire, l’amère sentence du journaliste David L. Robb reste longtemps à l’esprit : « Je me demande combien de gamins se sont engagés pour le Vietnam ou pour l’Irak après avoir vu ce genre de films. »

En plus de ce documentaire, les éditions Montparnasse ont eu la riche idée d’ajouter en bonus royal Let There Be Light, docu de John Huston, tourné à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le jeune réalisateur avait planté sa caméra dans un hôpital militaire chargé de requinquer les jeunes soldats en état de stress post-traumatique. On ne perd pas une miette des souvenirs obsédants, catatonies, bégaiements compulsifs et autres brutales crises de larmes de ces gaillards honteux de leur faiblesse dans un monde qui ne l’a jamais encore admis. Le film tape encore dans le mille aujourd’hui, comme un écho à la sanglante et pourtant banale actualité irakienne.

Démarrage du séminaire sur les Révolutions militaires à l’EHESS

La proclamation, au lendemain de la chute du mur de Berlin, d’une « révolution dans les affaires militaires » (RMA) en cours ou à venir, fondée sur l’informatisation du champ de bataille, a relancé un débat jusqu’alors limité aux seuls historiens.

Controversée chez les historiens, la notion de « révolution militaire » présente plusieurs mérites : elle met en perspective les événements, les techniques et les évolutions stratégiques et militaires et les replace dans la « longue durée » historique. Elle permet aussi de (re)faire de la guerre et de la chose militaire un fait social global. À quelles conditions peut-on parler de révolution militaire ? À quoi les reconnaît-on ? En quoi la « révolution dans les affaires militaires » marque-t-elle une rupture ? Et par rapport à quoi ?

Sur le site de TAGIS

Sur le site de l’EHESS

Politiques numériques : Who’s in charge

Le feuilleton sur la question du pilotage gouvernemental des politiques numeriques, a connu ce matin, un petit rebondissement

A partir du rapport « Dix ans après, la régulation à l’ère numérique », le Sénateur Bruno Retailleau a posé hier une question écrite au Gouvernement sur l’opportunité de créér un un Commissariat au numérique.

« La dispersion des actions gouvernementales entre de trop nombreux ministères, autorités et comités nuit gravement à la prise de décision et à l’efficacité de l’action publique alors que d’importants arbitrages politiques sont à venir, à la fois aux plans international, européen et national, s’agissant de la gestion du spectre hertzien et de l’optimisation du dividende numérique -fréquences libérées par le passage du mode analogique au mode numérique pour la diffusion hertzienne de la télévision-, de la convergence entre contenus et réseaux… C’est pourquoi M. Bruno Retailleau souhaite savoir si le Gouvernement compte doter la France d’un pilotage politique fort, qui ait une vision globale des enjeux et une autorité suffisante pour donner le cap, en ce domaine stratégique qu’est le numérique, par exemple en créant un Commissariat au numérique, pôle d’expertise et d’initiative, rattaché au Premier Ministre et ayant l’autorité sur plusieurs services ministériels pour créer entre eux une synergie dynamique et sortir des logiques ministérielles antagonistes. »

C’est le secrétaire d’état chargé des entreprises et du commerce extérieur, Hervé Novelli, qui était de mission, hier matin, pour répondre à la question du Sénateur.

« Face à cette dispersion de l’action publique, l’idée d’un commissariat unique paraît donc séduisante d’autant que les questions en suspens sont diverses et d’importance -je pense notamment à celles de la TNT, du dividende numérique, du très haut débit avec le déploiement de la fibre jusque dans les logements ou encore de l’administration électronique. Pour autant, une multiplicité de l’action publique reste inévitable, et même souhaitable. Ainsi, la direction générale de la modernisation de l’État a la charge de coordonner le développement de l’administration électronique. Mais que chaque ministère prenne des initiatives pour moderniser ses services et rapprocher l’État des entreprises et des citoyens est une bonne chose ! Ensuite, affirmer qu’il n’existe pas de pilotage politique en matière de numérique est exagéré : le Premier ministre assure la cohérence de l’action publique à travers le comité interministériel pour la société de l’information. La dispersion de l’action publique ne nuit pas à l’efficacité. Nos performances le prouvent en matière de haut débit et de très haut débit -nous sommes parmi les premiers au niveau européen- et d’administration électronique, avec notamment le succès de la télédéclaration d’impôt. Certes, des progrès restent à faire en matière d’investissement des entreprises dans les technologies de l’information et d’équipement des ménages en informatique. Un commissariat unique permettra-t-il de mieux relever ces défis ? Cela n’est pas certain d’autant que sa création, si elle ne s’accompagne pas de la suppression des organismes existants, conduira une complexité accrue… Malheureusement, les tentatives de création de guichet unique se soldent pour la plupart par un empilement des structures.De plus, en créant un commissariat unique, nous prendrions le risque de casser les synergies existantes, matérialisées par la création du service des technologies et de la société de l’information au sein de la direction générale des entreprises en 1998, entre développement de l’administration électronique et réforme de l’État, action de réglementation et de régulation des marchés et soutien à la recherche et au développement. »

Bref : Hervé Novelli a entrepris de justifier l’immobilisme, allant jusqu’a théoriser la dispersion (« La dispersion de l’action publique ne nuit pas à l’efficacité »).

Rapport de Bruno Retailleau : Dix ans après, la régulation à l’ère numérique

Un  » pilote politique » pour les technologies numeriques ?

« Je confierai à un membre du gouvernement la mission de prospective, de pilotage et de coordination de la politique de l’internet et du numérique. Chef de file, il disposera des moyens politiques et financiers nécessaires à sa mission et représentera la France dans les négociations européennes et internationales sur le sujet. »

Nicolas Sarkozy avait envisagé, au lendemain de son élection, la création d’un grand « ministere de l’intelligence » qui aurait regroupé l’education, la recherche, les Universités, la culture et le numérique. Un projet vité abandonné devant la levée de boucliers des milieux culturels, attachés à l’existence d’un Ministére de la Culture de plein exercice.

Il aurait été question, cet été, d’attribuer à Laurent Wauquiez, porte-pariole du gouvernement, un secrétariat d’état aux technologies numeriques. Puis plus rien.

Cette perspective d’un « pilote politique » pour les technologies numeriques (secrétariat d’état aux technologies numériques ou Haut Commissaire) est elle enterrée pour autant ?

Je ne le pense pas.

Selon moi, si Nicolas Sarkozy n’a pas encore pourvu ce poste, c’est qu’il risque d’en avoir besoin lors du remaniement annoncé.

Je vois, ici, deux scénarios

- Scénario d’ouverture : Le portefeuille des technologies numériques est confié à une nouvelle personnalité d’ouverture.

- Scénario du lot de consolation : le portefeuille des technologies numeriques permet de recaser un ministre que Sarkozy souhaite conserver au gouvernement…

Ce pourrait être Valerie Pécresse, si celle ci devait être débarquée du ministére de la recherche et a l’université pour faire la place à … Claude Allègre


En attendant, Valérie Pécresse, a obtenu que lui soit attribuée une compétence interministérielle dans le domaine des technologies de l’information ( comme c’était le cas des ministres de la recherche dans les gouvernements Raffarin … )

Elle vient, d’ailleurs d’exposer son « projet numérique » dans les Echos.

Des propos assez convenus et des objectifs plutot vagues …

« La révolution numérique transforme déjà en profondeur notre société. Mais pour que nul n’en soit exclu, d’ici à 2012, un seul objectif : Internet dans chaque foyer ».

Une « forge » pour refondre le logiciel socialiste ?

En informatique, le mot « forge » est utilisé pour décrire les systèmes de gestion de développement collaboratif de logiciel.

J’avais envisagé, cet été, de proposer le terme de « Forge » pour désigner les travaux de « refonte du logiciel socialiste ». J’y avais renoncé, trouvant le terme obscur …

Je viens de découvrir que Benoît Hamon a choisi d’appeler « La Forge » le think-tank qu’il a créé :

« Nous voulons élaborer un nouvel outil intellectuel collectif. Aujourd’hui, nous créons « La Forge » qui ne sera pas une société savante supplémentaire. »La Forge » sera une ressource et un arsenal mis au service d’un camp, la gauche. Notre ambition est la victoire de celle-ci en 2012 par la reconquête des esprits et l’affirmation de nouveaux modèles culturels »…. »

Benoît Hamon ne relie pas entre elles les deux métaphores : celle de la « La forge » et celle du logiciel socialiste (qu’il est question de rénover …). Dès lors, pourquoi donc a t il choisi d’appeler son  think-tank la Forge ?

Il avait  peut être  envisagé, dans un premier temps,  de l’appeler « atelier ». Avant d’y renoncer,  tant cette appellation est irrémédiablement associée à de mauvais souvenirs : ceux du siège de l’étrange campagne de Lionel Jospin en 2002.

Ou encore « La Fabrique ». En référence à la « Fabbrica del Programma » (le think tank participatif mis en place par Romano Prodi pour élaborer le programme de la gauche italienne). Sans doute a t il jugé que la Fabrique avait une connotation un peu trop centre gauche …. (En 2006, Bernard Kouchner avait d’ailleurs appelé La Fabrique le site et le club qui devaient lui servir de tremplin pour une éventuelle candidature en 2007).

L’atelier, la fabrique : cela ne collait pas. Restait la Forge. Une référence lointaine à l’univers industriel dont le socialisme est issu. (Et encore largement pénétré).

A la réflexion, cette appellation « La forge » est assez bien choisie.  Elle désigne le travail du métal à chaud par l’utilisation d’un marteau et d’une enclume. La rénovation du PS ne se fera pas « à froid ».

———

« Il faut changer, refondre, rénover le logiciel politique du PS « .

C’est depuis 2002 un thème récurrent dans le discours des responsables socialistes.

François Hollande, sans son discours de clôture à la Rochelle, a récusé la métaphore du logiciel…. « Le logiciel politique – mais notre pensée est humaine – ne se confond pas avec un disque dur qui devient vite un disque rayé ! » Dans son souci de se démarquer, tout en faisant un bon mot, François Hollande trahit une forme de répugnance pour la technique (qui ne serait pas « humaine »). Il exprime aussi ses réserves (son angoisse ?) face à la perspective d’un « logiciel » qui figerait les choses (en les inscrivant dans du « code »), ou qui limiterait les marges de manoeuvre… Préserver des marges de manoeuvre : c’est peut être une des clés de la personnalité du Premier Secrétaire.

La société des socialistes de Rémi Lefebvre et Frédéric Sawiki

« Il faut avoir le cœur bien accroché pour rester au PS. »

Michel, militant socialiste à Lille

« On n’avait pas besoin de discuter, de débattre parce qu’on avait tous les mêmes idées… Je vois bien dans les réunions maintenant, ils passent leur temps à faire des grands débats intellectuels, y en a qui sont jamais d’accord… »

Une militante ouvriére du PS dans le Pas de Calais

« Y a pas beaucoup de fraternité dans le parti, c’est un milieu très dur. Les amitiés sont jamais durables. Y en a qui vendraient leur mère ».

Un militant de Villeneuve-d’Ascq


Dans « La société des socialistes : le PS aujourd’hui », Rémi Lefebvre et Frédéric Sawiki dressent, à coups de statistiques, de rappels historiques et d’une enquête de terrain, décrivent un parti recroquevillé sur lui même et de plus en plus homogène socialement.

S’il a, sur les vingt-cinq dernières années, gouverné le pays pendant quinze ans, il est, parmi les partis sociaux-démocrates européens, l’un des plus faibles en termes de scores électoraux (27,8 % en moyenne au premier tour des législatives entre 1981 et 2005).

Le socialisme français n’a jamais été complètement « populaire ». Il reste que le PS d’aujourd’hui se caractérise par une fermeture inédite aux groupes sociaux situés en bas voire au milieu de l’échelle sociale. Ses élites (élus, membres du Conseil national et des cabinets ministériels), sont de plus en plus recrutées au sein des classes supérieures et, en large majorité, dans la fonction publique. Ce constat vaut aussi pour les militants qui s’embourgeoisent, avec un très faible recrutement au sein des classes populaires (5 %), des salariés précaires (4 %) et des chômeurs (3 %). 59 % des adhérents appartiennent au secteur public.

Si les militants d’origine populaire se font rares, c’est un effet, selon les deux chercheurs, de la généralisation, au sein du PS, d’une « culture du débat » qui valorise la réflexion collective et la libre expression des militants. Les pratiques les plus ordinaires du militantisme (tractage) sont ainsi dévalorisées au profit d’une « intellectualisation » du militantisme.

Si le flux de nouveaux adhérents (il semble d’ailleurs que de nombreux rsponsables scialistes aient renoncé à les conserver dans leurs rangs, quand ils ne les dissuadent pas de confirmer leur adhésion) contribue a rajeunir un parti dont l’âge moyen de l’adhérent tournait, en 2000 , autour de 55 ans (et dont seuls 14 % avaient moins de 40 ans), il n’inverse pas les tendances sociologiques : les nouveaux adhérents sont très majoritairement issus des classes moyennes et moyennes supérieures, très diplômées, citadines.

Le PS a aussi beaucoup de difficultés à faire de la place aux candidats issus de l’immigration.

R. Lefebvre et F. Sawicki décrivent aussi un « univers hobbesien » où l’on « ne s’aime pas, ou peu » et où « rapporter les prises de positions des militants aux positions dans l’espace partisan relève d’un quasi-réflexe ».

Certes, rappellent Rémi Lefebvre et Frédéric Sawiki, le cynisme en politique ne date pas d’aujourd’hui, mais la nouveauté est que la concurrence touche toute la communauté militante, du sommet jusqu’à la base, et que la « lutte pour les places », contrairement à d’autres milieux militants, y est peu déniée.

Les deux chercheurs dressent un tableau clinique d’une certaine forme de « malheur militant » : « on ne s’y retrouve pas », « il n’est pas facile de militer ».

La rubrique Culture-médias du site du PS vire à la rubrique nécrologique

La rubrique Culture-médias du site du PS a pris, cét été, des allures de rubrique nécrologique

Le Parti socialiste s’associe à l’hommage unanime et universel rendu à Marcel Marceau qui vient de nous quitter.

Le Parti socialiste apprend avec émotion le décès d’Ingmar Bergman...

Le Parti Socialiste exprime sa grande tristesse à l’annonce du décès de Michel Serrault

Hommage à Oussmane Sembene

Le Parti socialiste salue la mémoire de Jean Claude Brialy

Jean-Claude Brialy, Michel Serrault …

Pas un mot à la mémoire d’Antonioni…