Les consultations officieuses du Conseil Constitutionnel par l’éxécutif deviendraient elles monnaie courante ?

Le Figaro rapporte que le gouvernement ou l’Elysée ont consulté officieusement certains membres du Conseil Constitutionnel sur le mode d’election des conseillers territoriaux. L’Elysée avait envisagé initialement que les futurs conseillers territoriaux soient élus à la proportionnelle en zone urbaine et au scrutin uninominal en zone rurale. Les conseillers territoriaux des villes et des campagnes appelés a siéger dans la même assemblée mais élus selon des modalités différentes : cela ne va pas de soi sur le plan constitutionnel. Qu’a cela ne tienne : pour éviter le risque d’une censure, le plus simple est encore de leur demander aux juges constitutionnels leur avis.

Le probléme, c’est que cette consultation préventive du Conseil Constitutionnel ou de ses membres n’est pas prévue par la Constitution. Lire la suite

Grand emprunt : Trois milliards pour l’éducation

Le Time  se demandait récemment, en une, comment sortir l’école du XXe siècle et former les élèves du siècle présent.

L’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche a essayé de faire le point sur la  contribution des nouvelles technologies à la modernisation du système éducatif.

Voici ses conclusions :
2. L’absence d’objectifs clairement définis et d’une politique nationale cohérente visant à les mettre en oeuvre empêche d’évaluer les résultats obtenus

« La plupart des personnes qui s’intéressent à la mise en oeuvre de ces technologies partagent l’idée que les TICE auraient le potentiel d’améliorer sensiblement la performance du système scolaire, pour peu qu’elles soient bien utilisées.   (…)
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West Wing Saison 8 : Une semaine comme les autres à la Maison Blanche…

Les journées de Barack Obama font irréstiblement penser à un épisode de West Wing.
Ainsi, cette semaine, du 25 au 31 mai, Obama aura dû faire face et gérer presque simulanément,  les tirs de missiles et les menaces nord-coréennes,  le dépôt de bilan de General Motors, la reprise du dialogue avec Cuba (qui accepte de rouvrir les négociations sur l’immigration cubaine), un attentat au Pakistan  (30 morts   250 autres blessés), une partie de bras de fer avec Benyamin Nétanyahou sur  l’extension des colonies en Cisjordanie, des fuites dans la presse de photos prises dans la prison irakienne d’Abou Ghraib. Lire la suite

West Wing Saison 8 : Sotomayor-Mendoza à la Cour Suprême

Barack Obama a désigné une magistrate latino  Sonia Sotomayor  pour  la Cour suprême, en remplacement du juge David Souter démissionnaire.  Agée de 54 ans, Sonia Sotomayor est la fille d’une infirmière et d’un ouvrier portoricain qui ne parlait pas anglais. Elle a fait ses études  à Princeton, puis  à Yale. C’est la candidate dotée de « la plus vaste expérience. Elle n’a jamais oublié ses origines », a déclaré Obama. Si elle obtient la confirmation du Sénat, elle sera la première Hispanique à siéger à la Cour.

Barack Obama inscrit ainsi ses pas dans ceux de Jed Bartlet, qui avait désigné un hispanique pour ce même poste : Roberto Mendoza. Les amateurs de West Wing se souviennent probablement de l’ombrageux et difficilement contrôlable Roberto Mendoza. Lire la suite

Nos députés savent ils qu’ils ont institutionnalisé l’élection par Internet de onze d’entre eux ?


Le Décret relatif au vote par voie électronique pour l’élection des membres de l’Assemblée des Français de l’étranger est paru le 11 mai 2009

A l’élection par Internet de douze sénateurs représentant les français de l’étranger s’ajoutera ainsi, depuis la reforme des institutions, celle de 11 nouveaux députés représentant les français de l’étranger. Eux aussi par Internet.

C’est passé complètement inaperçu.

J’ai essayé de reconstituer le processus à l’issue duquel le Parlement a institutionnalisé le vote électronique par Internet pour les 11 députés représentant les français de l’étranger.

Cela s’est fait en quatre étapes. Lire la suite

De l’Hadopi à West Wing ….

vlcsnap-10628492On connaît désormais les détails du vote surprise qui a fait dérailler le projet de loi Hadopi.

Les porte-parole de l’UMP ont dénoncé la partie de cache-cache des députés socialistes dissimulés derrière un rideau et qui, au dernier moment, jaillissent dans l’Hémicycle pour voter. La manœuvre était en fait plus sophistiquée.

Le Point révèle que Jean-Marc Ayrault avait fomenté son plan depuis plusieurs jours. « D’abord, il zappe la conférence des présidents où chaque formation peut demander un vote solennel sur un texte, qui aura lieu le mardi ou le mercredi. Ayrault fait ainsi mine d’abandonner le combat pour la loi « Hadopi ». En fait, il endort son homologue de l’UMP, Jean-François Copé. Et, comme prévu, seule une poignée de députés est présente à l’Assemblée le jour du vote, le jeudi matin. Pour renforcer l’impression que le PS rend les armes, Ayrault est parti pour Nantes. Mais il est en contact téléphonique permanent avec Olivier Faure, secrétaire général du groupe. Les deux hommes décident de laisser filer la motion de procédure déposée le jeudi matin. Déjà nombreux, les socialistes auraient pu la faire adopter. Mais ils préfèrent tout miser sur le vote final. Moins de cinq députés PS seulement sont dans la confidence, dont Patrick Bloche et Christian Paul. Quelques minutes avant le vote, Faure envoie à une dizaine de députés un SMS qui débute ainsi : « Un coup est possible . » Les députés s’amassent à l’entrée de l’Hémicycle, puis entrent au moment du vote. Sur les bancs de l’UMP, on est dépassé. Par 21 voix contre 15, le texte est rejeté ».

Des gestes visant à endormir la confiance, des députés qui se cachent et qui attendent un signal pour venir voter en commando : cela rappelle étrangement un épisode de West Wing : l’épisode 17 de la saison 6, A Good Day.

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La sidération des scénaristes de fictions présidentielles face à Donald Trump

Un personnage baroque, éruptif, imprévisible, tout droit issu d’un programme de téléréalité, une élection improbable, une Maison-Blanche qui fonctionne de manière chaotique, des initiatives désordonnées… La Présidence Trump rattrape et dépasse les séries politiques les plus inventives, les plus satiriques, les plus déjantées. Et porte à incandescence les télescopages entre vie politique réelle et fictions présidentielles.

L’arrivée d’un businessman ex star de télé-réalité, dont le conseiller principal Steve Bannon est un suprémaciste et nationaliste, est un scénario beaucoup plus effrayant que la prise de pouvoir d’Underwood. Les scénaristes n’aurait pas osé l’imaginer. La réalité à dépassé la fiction.”

Au lendemain de l’élection, quand la réalité semble rattraper leurs fictions, et même les dépasser, studios et scénaristes se voient contraints de modifier, à la hâte, les scripts pour mieux coller au nouveau cycle politique ou, au contraire, pour s’en distinguer.

Producteurs et scénaristes de séries s’interrogent sur les conséquences de cette élection sur les films et séries en cours ou en projet.

Tous admettent leur perplexité face à une présidence trumpienne, plus baroque, plus dramatique, plus absurde que les récits qu’ils mettent en récit.

  • Shonda Rhimes (Scandal) : « Dans un monde où toutes les choses qu’on écrit pour Scandal se passent dans la vie réelle, il est très difficile d’écrire Scandal comme nous en avions l’habitude… Toutes les histoires que nous avions planifiées maintenant ont l’impression de copier ce qui se passe en réalité, ce qui est fou ».
  • David Mande (Veep) : « Ma plus grande préoccupation après les élections était la suivante : les gens voudraient-ils regarder une émission sur Washington DC ? Est-ce encore divertissant ? Donald Trump n’est pas la raison pour laquelle nous arrêtons la série mais ça y a contribué… C’était devenu difficile. Ce qui faisait le charme de la série, les erreurs, les faux-pas, les lapsus, le personnel incompétent, c’est toutes les heures maintenant dans la réalité » (l)
  • Timothy Simons (Veep) : « Les fautes qui auparavant auraient coulé une carrière politique, ne comptent plus aujourd’hui…La série est drôle, mais le monde dans lequel nous vivons actuellement n’a plus rien de drôle ».
  • Alex Gansa (Homeland): « Juste après l’élection de Trump, nous avons tous été inquiets pendant un moment pensant que nous allions être hors de propos ».

Les auteurs de House of Cards, en revanche, se font fort d’avoir pressenti le phénomène Trump : « Les similitudes entre Trump et Underwood sont le fruit de quelque chose qui se passe depuis quelques années. D’une certaine façon, Underwood jouait la carte du nationalisme et du populisme depuis plusieurs saisons. Il y avait des trucs dans l’air qu’on a exploités » (Pugliese).

Face à la concurrence trumpienne, les séries Veep, Graves ou Scandal sont interrompues par les diffuseurs.

Alors qu’il est question, depuis 2016, d’un reboot de The West Wing, Sorkin, son créateur rejette l’idée d’un remake basé sur Trump : « Je ne le trouve pas intéressant. Il est exactement ce à quoi il ressemble. Il n’a aucune nuance. Il ne parle que de deux choses : lui-même et ses ennemis. Et c’est tout. C’est un personnage auquel il est impossible de croire. Il n’a aucune des qualités nécessaires pour raconter une histoire »

Sept conseils de Howard Dean aux socialistes français.

Howard Dean était à Paris.MR-Howard Dean 2

Il a formulé  sept conseils de Howard Dean aux socialistes français :

1 Reconnaître l’inefficacité du parti et le remobiliser

2 «L’empowerment» militant

3 Miser sur les nouvelles générations

4. Des primaires allongées avec « vote préférentiel »

5. Encadrer et réglementer la réconciliation (c’est a dire faire en sorte que les candidats battus dans les primaires se rallient au candidat (ou à la candidate) désigné(e), lui apportent un réel soutien (ce qui suppose qu’ils aient obtenu des contreparties pour leur equipe ou sur le plan programmatique).

6. Se soucier de son électorat ( c’est à dire se doter d’une capacité d’étude – sondages d’opinion, focus groupes etc – pour réinvestir les cibles électorales abandonnées, et en cibler de nouvelles.)

7. Des valeurs plutôt qu’une plate-forme programmatique («sortir de la logique de confrontation, en s’appuyant sur des valeurs capables d’être entendues aussi bien par les ouvriers que par une partie de la droite, et non plus de changer de discours en fonction de l’auditoire» : bref,  pratiquer le « biconceptualisme« )

Je prends la liberté d’ajouter trois recommandations pour la mise en oeuvre des  7 conseils  de Howard Dean. Lire la suite

Le député SPD Jörg Tauss visé par une enquête pour détention de pornographie infantile.

La police allemande a perquisitionné le 5 mars le bureau berlinois et le domicile près de Karlsruhe du député.
Le Bundestag (chambre basse du parlement) venait de lever son immunité.
Des pièces à caractère pornographique ont été saisies à cette occasion.
M. Tauss a renoncé à ses fonctions de secrétaire général du parti social-démocrate (SPD) du Bade-Wurtemberg , de membre de la direction et de porte-parole du groupe parlementaire SPD.
Il conserve son mandat de député mais vient d’annoncer qu’il renonçait à se représenter.

Jörg Tauss nie être un pédophile mais reconnaît avoir « déconné » sur son site internet.
Il dit avoir pris des contacts dans les milieux pédophiles et s’être fait envoyer du matériel pédopornographique pour se renseigner sur ces trafics, uniquement dans le cadre de son travail de député. « Je me suis introduit dans une porcherie puante pour la nettoyer – peut-être en infraction à la législation en vigueur », reconnaît-il. « Je vous assure que je ne suis pas un pédophile », ajoute-t-il. « Il s’agit d’une condamnation en avance par les médias et cela ne doit pas rester sans conséquences ».
Son sort semble tranché.

Pourquoi s’intéresser au cas de Jörg Tauss ?
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Hadopi et riposte graduée : une nouvelle exception française ?

Il arrive que le Parlement adopte des lois inutiles. En un sens, ce fut le cas de la DADVSI dont les principales dispositions ne furent jamais appliquées. Il reste que, même inutilisées, ces dispositions aberrantes continuent d’encombrer notre droit et engendrent une forme d’insécurité juridique.

Le Parlement vote parfois des lois qui portent atteinte aux libertés publiques. De plus en plus souvent.

Il lui arrive aussi de voter des lois inapplicables : leur mise en œuvre se heurte à de telles difficultés qu’on finit, discrètement ou explicitement, par renoncer à les appliquer.

Ce n’est pas la première fois non plus qu’une loi sera contre-productive, au point d’aggraver la situation qu’elle prétendait améliorer. Cela s’appelle un effet pervers. Certains responsables des industries culturelles et nombre de créateurs pressentent qu’il n’est pas bon pour une industrie de combattre son public. La riposte graduée risque de creuser un fossé entre la filière de la musique et le public. La filière du cinéma, jusqu’alors épargnée, risque aussi d’en payer le prix.

Il est rare cependant que le Parlement vote une loi qui soit à la fois inutile, dangereuse pour les libertés publiques, inapplicable et inefficace.

Il arrive qu’un projet de loi se heurte aux réticences de la CNIL, du Contrôleur europeen des données, ou de l’ARCEP, aux observations de la Commission européenne, ou encore à une mise en garde du Parlement Européen (l’amendement Bono- Fjellner-Cohn-Bendit-Roithova, adopté à 88% des voix).

Il est en revanche absolument unique qu’un projet de loi soit adopté contre l’avis de ces cinq institutions réunies. Lire la suite