Les perspectives de l’open source pour les objets médicaux connectés

À mesure qu’ils se sont miniaturisés et sont devenus plus performants, les systèmes et les logiciels des objets médicaux portables (pompes à insuline, simulateurs cardiaques, défibrillateurs, etc.) sont aussi devenus plus complexes. De véritables « cathédrales» de codes embarqués sont désormais au cœur des nouvelles générations d’objets et appareils médicaux connectés. Le logiciel d’un stimulateur cardiaque peut ainsi compter plus de 80 000 lignes de code, 170000 pour une pompe électrique et 7 millions de lignes pour un appareil IRM (imagerie par résonance magnétique). De ce fait, les objets médicaux, comme tous les autres appareils numériques, sont de plus en plus exposés aux bugs et autres plantages. Selon les chercheurs de l’Université de Patras en Grèce, un appareil médical sur trois vendus en Amérique entre 1999 et 2005 aurait été rappelé pour cause de défaillance logicielle. Lire la suite

Economies budgétaires dans l’informatique publique

L’informatique publique, pesante et mal maîtrisée, est devenue aujourd’hui un handicap pour la modernisation des services publics.

 1.  La dépense informatique de l’État

L’État consacre chaque année plus de trois milliards d’euros à ses systèmes d’information et de communication (SIC). Six réseaux ministériels principaux et des milliers d’applications sont gérés par plus de 20 000 agents travaillant dans 120 centres informatiques principaux. Ces systèmes d’information sous-tendent l’activité de deux millions d’utilisateurs répartis sur plus de 15 000 sites. (6e conseil de modernisation des politiques publiques, décembre 2011).

 L’évaluation de la dépense informatique est probablement sous-estimée. Pour mémoire, le gouvernement britanniques mentionne un budget informatique de près de 16 milliards £ soit d’environ 17,6 milliards € : près de 6 fois plus qu’en France. Le gouvernement fédéral américain mentionne un budget de 80 milliards de $. Lire la suite

La préférence française pour les technologies numériques de souveraineté

Le seul domaine dans lequel nos gouvernements ont conduit avec constance une politique industrielle me semble être celui des technologies du contrôle et de la sécurité : carte à puce, technologies d’identification, biométrie.

Les acteurs des technologies de sécurité proviennent, pour faire vite, de deux horizons : le complexe militaro-industriel (Thalès, Safran, EADS) et  celui des cartes à puces. La France compte ainsi avec Morpho (groupe Safran), Gemalto et Oberthur, 3 des 5 leaders mondiaux des technologies de la carte à puce.

Dans ce domaine, on peut parler d’une politique industrielle, menée avec continuité… par le Ministère de l’Intérieur. Lire la suite

Un Chief Technology Officer pour redonner de l’agilité à l’action publique

Dans une société où l’informatique outille l’ensemble des politiques publiques, la décision politique s’incarne désormais dans des choix techniques tout autant que dans les textes juridiques et les décisions budgétaires.

Le numérique ne peut plus être considéré comme relevant d’une « intendance qui suivra ». Si les systèmes d’information qui sous-tendent les politiques publiques ne sont pas pris en compte en amont, ils peuvent freiner ou entraver leur mise en œuvre. Lire la suite

La douche présidentielle à 245.572 euros aurait permis à la BNF de numériser 1 million de pages….

Les dépenses somptuaires du sommet de l’Union pour la Méditerranée (16,6 Meuros) ont attiré l’attention de la Cour des Comptes.

A elle seule, la douche spécialement installée pour le Chef de l’Etat (et qui semble n’avoir jamais servi) aurait coûté 245.572 euros : luxueuse et dernier cri, elle possédait une radio intégrée, un siège, des fonctions «jets» variées …

Pour le citoyen ordinaire, ces montants sont abstraits. On a donc pris l’habitude de convertir les millions d’euros en année-SMIC.

L’annonce récente d’un accord avec Google pour numériser les collections de la BNF suggère la conception d’un nouvel indicateur de référence : l’Equivalent Page numérisée BNF ou EPN-BNF.

Reste à  calculer la base de cet indicateur. Lire la suite

Le temps de Google n’est pas celui des bibliothèques

Google vs BNF  : un conflit de temporalités.

Les bibliothèques s’inscrivent dans la longue durée : elles ont le temps pour elles. Elles numérisent à leur rythme : lent. Un rythme de bibliothèques.

Google est pressé. Pressé d’étendre son emprise à la sphère des livres. Il prend de vitesse les bibliothèques, qui numérisent à leur rythme. Et ses concurrents : Microsoft, qui s’était posé un moment comme alternative à Google et comme « partenaire » des bibliothèques,  a lâché prise. Lire la suite

Grand emprunt : Trois milliards pour l’éducation

Le Time  se demandait récemment, en une, comment sortir l’école du XXe siècle et former les élèves du siècle présent.

L’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche a essayé de faire le point sur la  contribution des nouvelles technologies à la modernisation du système éducatif.

Voici ses conclusions :
2. L’absence d’objectifs clairement définis et d’une politique nationale cohérente visant à les mettre en oeuvre empêche d’évaluer les résultats obtenus

« La plupart des personnes qui s’intéressent à la mise en oeuvre de ces technologies partagent l’idée que les TICE auraient le potentiel d’améliorer sensiblement la performance du système scolaire, pour peu qu’elles soient bien utilisées.   (…)
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Politiques numériques : Who’s in charge

Le feuilleton sur la question du pilotage gouvernemental des politiques numeriques, a connu ce matin, un petit rebondissement

A partir du rapport « Dix ans après, la régulation à l’ère numérique », le Sénateur Bruno Retailleau a posé hier une question écrite au Gouvernement sur l’opportunité de créér un un Commissariat au numérique.

« La dispersion des actions gouvernementales entre de trop nombreux ministères, autorités et comités nuit gravement à la prise de décision et à l’efficacité de l’action publique alors que d’importants arbitrages politiques sont à venir, à la fois aux plans international, européen et national, s’agissant de la gestion du spectre hertzien et de l’optimisation du dividende numérique -fréquences libérées par le passage du mode analogique au mode numérique pour la diffusion hertzienne de la télévision-, de la convergence entre contenus et réseaux… C’est pourquoi M. Bruno Retailleau souhaite savoir si le Gouvernement compte doter la France d’un pilotage politique fort, qui ait une vision globale des enjeux et une autorité suffisante pour donner le cap, en ce domaine stratégique qu’est le numérique, par exemple en créant un Commissariat au numérique, pôle d’expertise et d’initiative, rattaché au Premier Ministre et ayant l’autorité sur plusieurs services ministériels pour créer entre eux une synergie dynamique et sortir des logiques ministérielles antagonistes. »

C’est le secrétaire d’état chargé des entreprises et du commerce extérieur, Hervé Novelli, qui était de mission, hier matin, pour répondre à la question du Sénateur.

« Face à cette dispersion de l’action publique, l’idée d’un commissariat unique paraît donc séduisante d’autant que les questions en suspens sont diverses et d’importance -je pense notamment à celles de la TNT, du dividende numérique, du très haut débit avec le déploiement de la fibre jusque dans les logements ou encore de l’administration électronique. Pour autant, une multiplicité de l’action publique reste inévitable, et même souhaitable. Ainsi, la direction générale de la modernisation de l’État a la charge de coordonner le développement de l’administration électronique. Mais que chaque ministère prenne des initiatives pour moderniser ses services et rapprocher l’État des entreprises et des citoyens est une bonne chose ! Ensuite, affirmer qu’il n’existe pas de pilotage politique en matière de numérique est exagéré : le Premier ministre assure la cohérence de l’action publique à travers le comité interministériel pour la société de l’information. La dispersion de l’action publique ne nuit pas à l’efficacité. Nos performances le prouvent en matière de haut débit et de très haut débit -nous sommes parmi les premiers au niveau européen- et d’administration électronique, avec notamment le succès de la télédéclaration d’impôt. Certes, des progrès restent à faire en matière d’investissement des entreprises dans les technologies de l’information et d’équipement des ménages en informatique. Un commissariat unique permettra-t-il de mieux relever ces défis ? Cela n’est pas certain d’autant que sa création, si elle ne s’accompagne pas de la suppression des organismes existants, conduira une complexité accrue… Malheureusement, les tentatives de création de guichet unique se soldent pour la plupart par un empilement des structures.De plus, en créant un commissariat unique, nous prendrions le risque de casser les synergies existantes, matérialisées par la création du service des technologies et de la société de l’information au sein de la direction générale des entreprises en 1998, entre développement de l’administration électronique et réforme de l’État, action de réglementation et de régulation des marchés et soutien à la recherche et au développement. »

Bref : Hervé Novelli a entrepris de justifier l’immobilisme, allant jusqu’a théoriser la dispersion (« La dispersion de l’action publique ne nuit pas à l’efficacité »).

Rapport de Bruno Retailleau : Dix ans après, la régulation à l’ère numérique

Un  » pilote politique » pour les technologies numeriques ?

« Je confierai à un membre du gouvernement la mission de prospective, de pilotage et de coordination de la politique de l’internet et du numérique. Chef de file, il disposera des moyens politiques et financiers nécessaires à sa mission et représentera la France dans les négociations européennes et internationales sur le sujet. »

Nicolas Sarkozy avait envisagé, au lendemain de son élection, la création d’un grand « ministere de l’intelligence » qui aurait regroupé l’education, la recherche, les Universités, la culture et le numérique. Un projet vité abandonné devant la levée de boucliers des milieux culturels, attachés à l’existence d’un Ministére de la Culture de plein exercice.

Il aurait été question, cet été, d’attribuer à Laurent Wauquiez, porte-pariole du gouvernement, un secrétariat d’état aux technologies numeriques. Puis plus rien.

Cette perspective d’un « pilote politique » pour les technologies numeriques (secrétariat d’état aux technologies numériques ou Haut Commissaire) est elle enterrée pour autant ?

Je ne le pense pas.

Selon moi, si Nicolas Sarkozy n’a pas encore pourvu ce poste, c’est qu’il risque d’en avoir besoin lors du remaniement annoncé.

Je vois, ici, deux scénarios

- Scénario d’ouverture : Le portefeuille des technologies numériques est confié à une nouvelle personnalité d’ouverture.

- Scénario du lot de consolation : le portefeuille des technologies numeriques permet de recaser un ministre que Sarkozy souhaite conserver au gouvernement…

Ce pourrait être Valerie Pécresse, si celle ci devait être débarquée du ministére de la recherche et a l’université pour faire la place à … Claude Allègre


En attendant, Valérie Pécresse, a obtenu que lui soit attribuée une compétence interministérielle dans le domaine des technologies de l’information ( comme c’était le cas des ministres de la recherche dans les gouvernements Raffarin … )

Elle vient, d’ailleurs d’exposer son « projet numérique » dans les Echos.

Des propos assez convenus et des objectifs plutot vagues …

« La révolution numérique transforme déjà en profondeur notre société. Mais pour que nul n’en soit exclu, d’ici à 2012, un seul objectif : Internet dans chaque foyer ».

Libérer les données publiques…

Extrait du Rapport Rocard « République 2.0 : Vers une société de la connaissance ouverte »

Les administrations collectent et détiennent des données sur tous les aspects de la vie sociale, économique, culturelle et des territoires. Ces données constituent un bien public. Ce sont des ressources pour l’ensemble des secteurs économiques. Elles permettent de développer des activités et même des marchés, comme celui, par exemple, des données géolocalisées.

Le débat sur la valorisation de ce patrimoine est récurrent. Faut-il privilégier une rentabilisation monétaire, par la vente de ces informations (comme nous y invite le rapport récent sur l’économie de l’immatériel) ou valoriser ces gisements de données en permettant à tous (particuliers, associations, entreprises) d’en tirer parti, et de les exploiter, commercialement ou non ?

Le gouvernement Jospin, en 1997, a tranché partiellement ce débat en prescrivant la mise en ligne gratuite des « données publiques essentielles », donnant un coup d’arrêt à la commercialisation des données publiques. Il clarifiait ainsi des situations confuses, comme la concession à un diffuseur privé des banques de données juridiques. Depuis 1997, les administrations ont pris l’habitude de diffuser des volumes considérables de textes, de données statistiques et de rapports, réalisant au passage de considérables économies sur les budgets de publication imprimée.

Cette doctrine laissait cependant de côté les grands établissements publics qui gèrent de coûteuses infrastructures, comme l’Institut Géographique National (IGN) ou Météo France. La transposition de la directive sur la réutilisation des informations du secteur public  aggrave cette situation. Soumis à l’obligation de dégager des ressources propres, (parfois jusqu’à 50% de leur budget), ces établissements pratiquent des tarifs souvent élevés, vis à vis des utilisateurs comme des diffuseurs.

Cette logique conduit à des situations aberrantes. Ainsi, récemment, l’IGN (dont la compétence n’est pas ici en cause), soucieux de contrecarrer les services GoogleMaps et GoogleEarth de Google, a ouvert un portail (Géoportail) de cartographie numérique et d’images satellitaires de la France. Contraint de générer des ressources propres, il en a verrouillé les fonctionnalités et a déformé volontairement certaines images pour empêcher de copier les cartes, de les réutiliser ou de les rediffuser.

Ces pratiques tarifaires et malthusiennes brident le développement de nouveaux services par des tiers et l’émergence de nouveaux acteurs. Elles ouvrent un avantage concurrentiel aux projets étrangers (privés ou publics) tels que GoogleMaps. Elles brident aussi la recherche. Faute de disponibilité simple des données de l’INSEE et du Ministère de l’emploi, les chercheurs en économie français travaillent sur les données américaines (le Census Bureau diffuse tout sur Internet) et… en savent plus sur les mécanismes économiques américains que sur ce qui se passe en France !

L’expérience récente et l’observation de ce qui se passe à l’étranger plaident pour une approche “ouverte” des données publiques, qui laisse l’innovation s’exprimer à partir de ces données mises en accès libre.

Recommandation : Rendre les données publiques accessibles à tous :

  • Élaborer des licences définissant clairement les droits des utilisateurs, notamment sur la réutilisation des données publiques. Y compris à des fins commerciales.
  • Financer correctement le fonctionnement des Etablissements publics en charge d’infrastructures informationnelles  (comme l’IGN ou Météo France)
  • Permettre la libre réutilisation de la base de connaissances du portail Service-public.fr par tout service, public ou privé, pour diffuser une information cohérente et à jour.