Développer l’économie numérique

Réponses aux questions de Net-Politique
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Pendant la campagne présidentielle de 2007, NetPolitique a posé cinq questions portant sur les enjeux numériques.

L’essor de l’économie numérique est entravé, en France, par l’insuffisance des liens entre la recherche publique de pointe, parfois très performante, et les acteurs économiques. Quelles actions préconisez-vous pour remédier à cette faiblesse ?


Nous sommes à l’aube de profondes mutations de l’internet avec le Web 2.0, l’internet mobile ou encore les nouvelles générations de services de géolocalisation. A l’horizon se profile, par exemple, un « Internet des objets ».

Ces transformations s’accompagneront de nouvelles vagues d’applications et de nouveaux services d’intermédiation de ces échanges.

La France et l’Europe ne peuvent pas se permettre de manquer les prochains rendez vous technologiques.

Le Pacte Présidentiel prévoit d’investir massivement dans l’innovation et la recherche : augmenter pendant le quinquennat du budget de la recherche et des crédits publics pour l’innovation de 10% par an (le budget public de recherche-développement a diminué de 1 à 0,8% du PIB entre 2002 et 2005). Sur les 65 milliards d’aides aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la recherche-développement : cette part sera portée à 15%.

Ségolène Royal s’est exprimée à de nombreuses reprises sur la réconciliation de la recherche publique avec l’entreprise.

« La recherche française, tout le monde en convient, souffre de l’empilement et de la démultiplication des structures : 21 organismes, 85 universités, 250 écoles professionnelles… Je voudrais donc simplifier notre système de recherche, lui donner plus de cohérence et de réactivité. (…) L’innovation se nourrit de l’enseignement supérieur et la recherche. Plus l’entreprise, et notamment les PME, collaboreront étroitement avec les laboratoires publics, meilleure sera leur compétitivité. Notre politique visera à irriguer les secteurs traditionnels pour les moderniser, à favoriser la création de centres de recherche dans les grands groupes, à inciter les entreprises à employer des docteurs, à inciter les secteurs qui ne réalisent qu’un trop faible effort d’investissement en recherche. » (Strasbourg, le 23 février 2007)

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Gouvernance de l’Internet

Réponses aux questions de Net-Politique

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Pendant la campagne présidentielle de 2007, NetPolitique a posé cinq questions portant sur les enjeux numériques.

Alors que la France est sur le point d’exercer la Présidence de l’Union Européenne, quelles actions internationales mènerez-vous pour que les infrastructures critiques de l’Internet (et bientôt de l’Internet des objets) ne soient plus gérées par les seuls États-Unis ? Réponse de Maurice RONAI (pour Ségolène Royal)


La reconnaissance de l’internet comme un bien commun mondial impose la mise en place d’une gouvernance internationale, notamment pour les ressources qui y restent rares ou soumises à des arbitrages comme les noms de domaines et adresses internet correspondantes.

La mainmise actuelle des États-Unis sur les infrastructures critiques de l’Internet constitue un sujet important pour la France et plus généralement pour l’Europe. En effet, la maîtrise de ces infrastructures en plus des questions de souveraineté qu’elle soulève, pourrait constituer un levier essentiel pour favoriser les entreprises américaines et à terme limiter le développement du secteur européen des technologies de l’Internet. Plus encore que les noms de domaines et leur système de gestion (DNS) la mise en place de l’Internet des objets passera désormais par une technologie dérivée l’Object Naming Service (ou ONS) qui elle aussi est actuellement contrôlée par les autorités américaines. Nous devrons veiller à ce que le contrôle de ce nouvel Internet qui ira bien au-delà du milliard d’utilisateurs actuels ne soit « unilatéral » .

Afin de promouvoir la mise en place d’une gouvernance multilatérale, transparente et démocratique de l’Internet une structure de coopération assurant la supervision des ressources critiques du réseau devra être mise en place . Cette structure rapide et flexible veillera à la sécurité, à la stabilité et la souveraineté des ressources relevant des pays . Elle devra aussi veiller à l’interopérabilité, l’ouverture et l’unicité du réseau ainsi qu’au développement du multilinguisme. En raison du caractère crucial de l’Internet pour la diffusion des innovations technologiques et culturelles ainsi que pour la diffusion des idées, une part prépondérante devra y être accordée à la représentation des pays démocratiques.

Il n’est plus pensable que le contrôle de ces ressources soit confié à un pays (les Etats-Unis) ou à un acteur privé (l’ICANN). Il ne serait pas souhaitable, pour autant, de le confier à un organisme international technique ou à une organisation intergouvernementale classique. En effet, des arbitrages complexes entre acteurs sociétaux, acteurs économiques et Etats sont nécessaires lorsqu’il est question de l’internet. Les problèmes aigus de libertés sur internet dans des pays comme la Chine, la Tunisie ou la Syrie illustrent l’impossibilité de confier la gestion aux seuls états. Mais les dangers d’un abus de pouvoir sur le marché ou abus d’appropriation font également redouter une emprise excessive d’acteurs privés. Quant aux acteurs associatifs, ils n’ont pas forcément les mêmes priorités entre eux.

La question de la gouvernance de l’internet a fait l’objet d’un processus original de gouvernance internationale : l’internet Gouvernance Forum (dont la première réunion a eu lieu à Athènes en octobre 2006) dont la mission est d’installer un dialogue permanent entre tous ces acteurs.

Afin de promouvoir la mise en place d’une gouvernance multilatérale, transparente et démocratique de l’internet, une structure de coopération assurant la supervision des ressources critiques du réseau devra être mise en place. Cette structure rapide et flexible devra veiller à la sécurité, à la stabilité et la souveraineté des ressources relevant des pays. Elle devra aussi veiller à l’interopérabilité, l’ouverture et l’unicité du réseau ainsi qu’au développement du multilinguisme. En raison du caractère crucial de l’internet pour la diffusion des innovations technologiques et culturelles ainsi que pour la diffusion des idées, une part prépondérante devra y être accordée à la représentation des pays démocratiques.

Rapport Tessier et labellisation des sites d’information

Réponses aux questions de Net-Politique
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Pendant la campagne présidentielle de 2007, NetPolitique a posé cinq questions portant sur les enjeux numériques.

Quelle est votre position par rapport au rapport Tessier qui envisage d’instaurer un label de qualité que l’on pourrait attribuer aux sites d’information qui respecteraient certaines règles déontologiques ? Faut-il lier l’obtention d’un tel label avec des éventuelles aides économiques (TVA réduite, exonérations de charges, etc…) ?


La labellisation des sites suscite, depuis quelques mois, une série d’initiatives.

Le projet de Commission de déontologie des services de communication au public en ligne soulève des interrogations tant au regard de la méthode (un projet de décret élaboré dans l’ombre) qu’au plan des objectifs poursuivis.

Je souscris, naturellement, à l’objectif de protéger les mineurs vis à vis de contenus dangereux. Il reste que le projet de décret donne des compétences trop larges, et surtout mal définies, à cette commission. Celle-ci aurait, en effet, la possibilité d’accorder et de retirer des labels de confiance aux services de communication en ligne, notamment aux hébergeurs de sites et de blogs, aux fournisseurs d’accès Internet et aux opérateurs de téléphonie mobile. Le périmètre de compétences de cette commission devrait être précisé. Et sa composition élargie. On ne crée pas une commission de cette nature, en catimini.

Tout autre semble être le projet de labellisation proposé par le rapport Tessier consacré à l’avenir de la presse. Le rapport propose d’abaisser la TVA pour les sites d’information qui souhaitent diversifier leurs revenus en faisant payer pour une partie de leurs contenus, par exemple les archives. Une TVA à 5,5% permettrait une réduction importante du prix de vente des abonnements payants ce qui en augmenterait l’attractivité. Encore faut-il déterminer de manière objective le périmètre des services en ligne qui pourraient bénéficier de ce taux réduit. Le rapport Tessier ne passe pas sous silence les nombreuses difficultés auxquelles se heurte la démarche de labellisation qu’il préconise : qui labellise et sur quels critères ?

A l’exception d’un label « protection de l’enfance », il convient d’écarter toute perspective de labellisation des sites d’information par des organismes de l’Etat.

Toutes ces questions qui tournent autour de la tension entre liberté d’expression et responsabilité devraient faire l’objet de débats publics, ouverts à l’ensemble des parties prenantes. »

Voir aussi la Lettre de Ségolène Royal à la Ligue Odebi

Présidentielles 2007 : Ségolène Royal et le numérique

Droit d’auteur, vie privée, libertés, éducation, accès au numérique …

Ségolène Royal s’est exprimée sur la pluoart des enjeux politiques du numérique : pendant la pré-campagne pour l’investiture soialiste, puis tout au long de la campagne présidentiele.

PC impact : Interview de Ségolène Royal

Ségolène Royal : Le respect des libertés fondamentales constitutives d’internet sera pour moi une préoccupation constante

Ségolène Royal : je souhaite donner un coup d’arrêt à une dérive qui grignote un peu plus chaque jour les libertés publiques

Vote électronique : Ségolène Royal exprime ses réserves

Réponses de Ségolène Royal au questionnaire de l’Adullact

Ségolène Royal et le P2P : « les radios libres aussi furent un temps hors la loi avant que la gauche libère les ondes »


Le blog Ségolène Digital a tenu, de janvier 2006 à mai 2007, une chronique détaillée des points de vue et des initiatives de Ségolène Royal dans les domaines de l’internet, de la culture numériques, du droit d’auteur et du logiciel.

« Il faut créer un écosystème favorable aux nouveaux acteurs et aux innovations dans les TIC »

ZDNet.fr a interrogé les principaux candidats et leur équipe de campagne sur leur programme consacré aux nouvelles technologies.

Entretien avec Maurice Ronai, délégué aux nouvelles technologies pour le PS représenté par Ségolène Royal.

Quelles mesures concrètes contient le programme de Ségolène Royal pour réduire la fracture numérique ?

On part d’un constat qui est assez connu et paradoxal : la France connaît un succès dans le déploiement du haut débit, mais seulement une moitié des foyers sont équipés d’ordinateurs. Et seulement 44% de ces ordinateurs sont connectés à l’internet. Pour traduire ce qu’avait avancé Ségolène Royal dans son livre, Maintenant, le rapport Rocard a fixé un objectif assez ambitieux, mais réaliste : porter à 75% le nombre de foyers connectés à internet. Cela suppose un gros effort qui ne peut pas reposer uniquement sur l’Etat.

Il faudra faire travailler ensemble l’Etat, les collectivités territoriales et les opérateurs. Et puis jouer sur tout un ensemble d’instruments, qui peuvent aller de l’instauration d’un tarif social pour internet, mais aussi – et ce sont des propositions évoquées par le collectif Renaissance Numérique dans son livre blanc – la donation aux salariés par les entreprises d’ordinateurs déjà largement amortis, ou encore la mise à disposition d’ordinateurs recyclés, ou bien des aides aux foyers en situation difficile sous condition de ressources. Et là, on peut imaginer des dispositifs qui couplent une offre d’accès internet et l’achat d’un équipement avec des conditions de crédit attrayantes.

Comment financer de telles mesures ?

Pour le tarif social internet, on reprend le dispositif qui existe déjà : celui du tarif social pour le téléphone, dont le mécanisme de financement repose pour partie sur les caisses d’allocations familiales. Il faut l’étudier de plus près, mais ce tarif pourrait se situer autour de 5 euros par mois. Il faut savoir qu’il y a déjà des offres d’accès internet, sur Paris par exemple à un euro par mois.

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« Ségolène Royal prône la remise à plat de la loi DADVSI »

Interview Netéconomie

A la veille du premier tour de la Présidentielle 2007, Maurice Ronai, délégué national aux technologies de l’information au Parti socialiste, rapporteur de ’République 2.0’, rapport préparé par Michel Rocard à la demande de Ségoléne Royal, précise l’approche ’numérique’ de la candidate du PS.

AB – Maurice Ronai, bonjour. Quels sont les principaux axes du programme de Ségolène Royal en matière de technologies de l’information et de la communication ?

MR – Bonjour. Internet, son architecture de ’pair-à-pair’ et ses technologies coopératives redessinent l’économie, l’éducation, la culture. L’Etat ne doit pas être un simple spectateur de ce mouvement. Il faut reprendre pied dans l’économie numérique. Aujourd’hui, la France et l’Europe sont insuffisamment présentes dans l’économie du logiciel et dans les secteurs à très haute valeur ajoutée que sont les services sur Internet. Nous ne pouvons pas nous permettre de manquer les prochains rendez-vous technologiques. Il faut inverser la tendance.

Le Pacte présidentiel présenté par Ségolène Royal prévoit d’investir massivement dans l’innovation et la recherche, soit d’augmenter, pendant le quinquennat, le budget de la recherche et les crédits publics pour l’innovation de 10% par an. Il prévoit aussi de soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation et en leur réservant une part dans les marchés publics. Donner la priorité à l’investissement des entreprises avec un taux d’impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s’il est distribué aux actionnaires. Enfin, sécuriser le parcours des jeunes créateurs en soutenant la création d’entreprises. Le rapport Rocard propose près d’une quinzaine de mesures visant à créer un écosystème favorable à l’innovation, aux PME et aux nouveaux acteurs.

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Remise du Rapport Rocard « République 2.0 » à Ségolène Royal

« Vers une société de la connaissance ouverte »

Michel Rocard a remis ce matin à Ségolène Royal son rapport sur les enjeux du numérique Ségolène Royal avait commandé ce rapport il y a un mois à Michel Rocard, qui a joué un rôle déterminant dans la bataille au Parlement européen contre la brevetabilité du logiciel. Michel Rocard, entouré d’une équipe de dix personnes, a établi un diagnostic et formulé 94 recommandations. Ce rapport est accessible sur desirsdavenir.org.

Une source d’emplois

Le numérique est trop souvent associé à une menace pour les industries culturelles. En réalité, il nourrit déjà des secteurs culturels entiers et est source de création de dizaines de milliers d’emplois. Le rapport préconise plusieurs mesures pour encourager ces emplois et donner vie à un véritable plan numérique : crédits d’impôts, soutien aux PME, logiques de type « business angels », soutien à la Recherche & au Développement, etc.

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Le Rapport Rocard découpé en chapitres et en HTML sur le site Overcrowded


Les réponses au chat de Michel Rocard et Maurice Ronai, rapporteurs du rapport


DéplierRapport République 2.0 (PDF)

Chat avec Michel Rocard autour du Rapport République 2.0

Rapport République 2.0

Après avoir remis à Ségolène Royal leur rapport sur les enjeux du numérique, Michel Rocard, député européen, et Maurice Ronai, rapporteur, ont présenté le rapport pendant un chat en direct.

Comment mieux garantir la non-violation de la vie privée des personnes de plus en plus « fichées » ? Les pratiques de Sarkozy avec les fichiers ADN et le scandale du fichier ELOI sont des preuves de ces terribles dérives électroniques ! Allez-vous renforcer les pouvoirs de la CNIL ?

Maurice Ronai : Les technologies numériques peuvent mettre en cause la vie privée de multiple manière : nouvelles formes de traçage, biométrie, radio-identification. Les missions de la CNIL prennent une nouvelle dimension. Il faudra d’abord renforcer les moyens de la CNIL pour qu’elle puisse faire face à ces missions, les anciennes et les nouvelles. Le rapport recommande de doubler les moyens de la CNIL. La CNIL aujourd’hui emploie 100 personnes alors que son équivalent allemand en emploie 400. Les moyens, mais aussi les compétences et surtout assurer l’indépendance de la CNIL en réformant son mode de désignation et sa composition. Dans ce domaine comme ailleurs c’est au niveau européen que s’élabore aujourd’hui le cadre juridique. Il faudra préserver le régime européen de protections de la vie privée.

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République 2.0 dessine les contours d’un programme d’action gouvernemental autour des téchnologies numériques

Michel Rocard a remis à Ségolène Royal son rapport sur les enjeux du numérique : Republique 2.0 : vers une société de la connaissance ouverte.

Ségolène Royal avait demandé, il y a un mois, à Michel Rocard, qui avait joué un rôle déterminant dans la bataille au Parlement Européen contre la brevetabilité du logiciel, d’établir un diagnostic et de formuler une série de propositions. Michel Rocard avait joué un rôle déterminant dans la bataille au Parlement Européen contre la brevetabilité du logiciel. Le rapport recense 94 recommandations.

Préserver l’espace de libertés qu’est l’internet et rendre effectives les capacités numériques

Jamais autant d’informations, de connaissances et de création n’ont été accessibles à un aussi grand nombre d’individus. Plus important encore, jamais autant de personnes n’ont été en mesure d’exprimer leurs opinions sur les affaires du monde, mais aussi de rendre leurs productions accessibles et réutilisables et ainsi d’en créer de nouvelles. Et pourtant, nous venons de traverser cinq années pendant lesquelles les politiques conduites par le gouvernement ont traité internet et le numérique comme des menaces et non comme une chance. Il faut changer ce regard, reconnaître le présent et prendre le parti des possibles.

1. Dans les politiques qui seront conduites pendant le mandat présidentiel, le respect des libertés fondamentales constitutives d’internet devra être une préoccupation constante.”

Reprendre pied dans l’économie numérique


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La feuille de papier et le crayon du Juge Burgaud

auditions outreau

Les auditions de la Commission d’enquête sur l’affaire d’Outreau ont révélé l’incroyable sous équipement technique de la justice.

Il y a les défaillances des caméras vidéos qui devaient enregistrer les témoignages des enfants pour leur éviter d’avoir à répéter X fois un même témoignage, il semble que le problème se situe du côté de la police.

Et puis la fameuse affaire du photocopieur en panne, qui a empêché, de manière récurrente les avocats d’avoir accès au dossier, c’est la Justice et ses arbitrages budgétaires qui sont en cause.

Il n’y a pas que les photocopieuses : c’est toute la procédure qui semble gérée de manière archaïque : de la retranscription des auditions jusqu’à l’exploitation des documents et des témoignages, en passant par l’archivage des pièces de la procédure.

burgaud

Le juge Burgaud, lors de son audition, rapporte que « les retranscriptions (des interrogatoires) ne sont pas prises en notes directes sur l’ordinateur par le greffier. Ma façon de procéder, je l’ai apprise à la fois à l’école mais également lors de mes différents stages : je note ma question, je note la réponse, et je retranscris et je demande au greffier de noter la question, la réponse. Lorsqu’il y a une divergence, parce qu’on peut mal entendre quelque chose ou ne pas l’entendre, le greffier est là pour en attester et les différentes personnes pour la confrontation à laquelle vous faites référence sont là également pour dire ce qui a été dit. »

On voit ainsi se creuser le fossé entre une justice très high tech, qui consacre des ressources considérables à des moyens d’investigation sophistiqués (analyses ADN, exploitation des données de connexion…) et une justice ordinaire, sous-équipée, qui repose sur une chaîne de traitement moyenâgeuse.

Au cours des auditions, les députés ont pris la mesure du “manque de moyens” … Dommage qu’ils n’aient pas pensé à aborder pas la question du sous-équipement technologique de la justice.

S’il ne fait aucun doute qu’il n’y a pas assez de juges d’instruction et de greffiers face au nombre d’affaires à traiter, on peut penser que des juges bien équipés seraient en mesure de faire face plus efficacement aux nombreux dossiers dont ils ont la charge. Des logiciels les alerteraient dès qu’un délai de prescription se rapproche, dès qu’un acte juridique doit être accompli. On pense, aussi à des systèmes de documentation et d’archivage, comme  à la Section financière).

Mais il n’y a pas que ça.

En réponse a une question d’Elisabeth Guigou, le juge Burgaud a expliqué que tout au long de l’instruction, il avait pris l’habitude de reporter sur une feuille de papier toutes les personnes impliquées dans l’affaire, avec en abscisse les victimes et en ordonnée les personnes mises en cause. Il notait dans les cases de ce tableau les informations relatives aux actes et probablement leur cote dans le dossier … Ce tableau synoptique était la principale technologie intellectuelle utilisée par le juge pour conduire son investigation.

Une feuille de papier et un crayon

On imagine que le juge a dû fréquemment gommer les informations qu’il avait notées, au gré des revirements des témoins et des changements de version, les nouvelles informations venant ainsi effacer les anciennes.

J’en viens à l’essentiel de mon propos.

Ce que ce dossier a révélé, c’est qu’aucun des magistrats (dont certains chevronnés) n’ont détecté de problèmes dans la manière dont le Juge Burgaud menait ses investigations. Ni les incohérences entre les déclarations des témoins. Ni la faible fiabilité des accusateurs (enfants et adultes) qui changeaient d’avis, qui se contredisaient pour finalement s’accorder.

Une base de  données et un logiciel approprié auraient permis de conserver, organiser et traiter plus efficacement ces monceaux de faits, lieux, heures et dates, descriptions, portraits… Ils auraient peut-être détecté des incompatibilités dans les récits des uns et des autres, des incohérences ou des contradictions dans les versions successives des mêmes faits par un même témoin…. Autant d’anomalies qui auraient alerté le juge.

La police utilise des  logiciels d’aide à la résolution de problèmes dans les affaires complexes comme celles relatives aux meurtres en série. Le FBI a mis au point le fameux ViCAP (Violent Criminal Apprehension Program) et la police française le système Chardon (Comportements homicides : analyse et recherche sur les données opérationnelles nationales). Il s’agit de bases de données capables d’établir des liens entre des masses de données dont le traitement dépasse les capacités humaines.

J’ai lu sur le blog de Paxatagore que “M. Burgaud clame haut et fort qu’il a fait son travail. J’ai suivi la procédure dit-il.

 Il a suivi la procédure donc il a fait son travail. Vraiment ? Dans ce cas, je me fais fort d’écrire un logiciel capable de remplacer n’importe quel juge. Il ne sert à rien si c’est seulement en cela qu’il oeuvre. L’intérêt de placer un juge plutôt qu’un automate est justement de mettre dans la machine le petit grain de sable qui va l’empêcher de s’emballer. On appelle cela « bon sens » ou « intelligence » dans mon milieu.”

Je pense exactement le contraire.  Un automate aurait justement peut-être fait preuve du “bon sens” qui semble avoir fait défaut au juge comme à sa hiérarchie. Il aurait détecté des anomalies que le juge ne pouvait plus voir : parce qu’il était forgé des convictions,  parce qu’il était exposé aux pressions du procureur, ou soumis à un climat post- Dutroux qui l’empêchait d’envisager l’innocence des personnes mises en cause.

Un logiciel est insensible aux pressions de la hiérarchie, à la lecture de la presse, aux passions et aux revirements de l’opinion.