Education nationale : changer le logiciel

Notre système éducatif, dont les moyens ne cessent d’augmenter, échoue pourtant à atteindre ses objectifs affichés (80 % d’une classe d’âge au baccalauréat) et surtout, à garantir la qualité de l’éducation pour tous. Malgré l’intense effort de généralisation, près de 20 % des Français ont des difficultés avec la lecture ou l’écriture.

Les réponses privées, la recherche de services de proximité, après l’école, la croissance des dépenses des ménages pour le soutien scolaire (estimées à 1,5 milliards d’euros par an)… Tous ces indicateurs montrent que le corps social a commencé à rechercher des réponses aux insuffisances du service public, en dehors de lui…

Pendant ce temps, la compétition internationale s’accroît, au sein de l’Europe, comme à l’échelle du monde. La France est absente des efforts de standardisation, traite par le mépris les enquêtes internationales, dont les résultats lui sont peu favorables, et observe, passive, l’intense bataille des contenus numériques qui s’amorce.

Le niveau actuel n’est maintenu que grâce au dévouement des enseignants et à l’investissement des parents. Il est condamné à évoluer, car les générations futures d’enseignants n’accepteront pas ce que leurs aînés ont accepté.

La question éducative est la question centrale des dix prochaines années. Elle conditionne toute ambition de changement social et doit être au cœur du projet socialiste.

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Aladin versus Geode ou la politique de l’emploi prise en otage

Indemnisation du chômage, dispositifs d’orientation, d’aide à la recherche d’emploi, à la formation ou la reconversion des salariés : les ressources affectées à la politique de l’emploi sont passées de moins de 1 % du PIB en 1973 à plus de 3,85 % en 1997 et 3,55 % en 2001.

Cet effort représente aujourd’hui en France plus de 50 Milliards d’euros. Il situe la France à un bon niveau d’effort collectif, bien qu’en retrait par rapport à celui des pays qui investissent le plus dans ce domaine, comme le Danemark, les Pays-Bas et la Belgique.

La montée du chômage a suscité la mise en place d’organismes et de programmes spécialisés, tournés vers certaines catégories de personnes ou vers des territoires (missions locales etc…).

Au fil des années, le système d’intervention sur le marché du travail est devenu complexe, de moins en moins lisible pour les demandeurs d’emploi comme pour les entreprises.

A la complexité des mesures, des programmes et des dispositifs s’ajoute la diversité des organismes aux statuts hétérogènes : ANPE, Unedic et Assedic, AFPA.

Philippe Séguin, ministre du travail, avait envisagé en 1987 la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC, la création d’un « grand service unifié de l’emploi » avant d’y renoncer.

Dix-sept ans plus tard, le rapport Marimbert remis en janvier 2004 à François Fillon pointe les mêmes deux obstacles majeurs :

- « L’attachement fort des personnels à l’identité de chaque organisme. (…) Dès lors, il est clair que la fusion comporterait un risque élevé de polémique à l’échelon national et des troubles dans le fonctionnement des services ».

- La disparité des statuts sociaux. L’Unedic, organisme paritaire, est une association de loi 1901, avec 14 000 salariés de droit privé, tandis que l’ANPE, forte de plus de 22 000 agents contractuels sous statut public, est un établissement public administratif. « Le surcoût annuel d’une fusion, dans l’hypothèse très vraisemblable d’un alignement du régime des agents de l’ANPE sur celui de l’Unedic, note le rapport Marimbert, s’élèverait au minimum à 200 millions d’euros par an. »

La fusion de l’ANPE et de l’Unedic écartée, reste la perspective de les faire travailler ensemble.

Le Plan Borloo de cohésion sociale prévoit une convention tripartite Etat, ANPE UNEDIC Les deux organismes devront coopérer dans les maisons de l’emploi.

Travailler ensemble ; cela suppose un rapprochement de leurs systèmes d’information, ce qui permettrait de constituer un véritable dossier unique du demandeur d’emploi. Comment cibler les interventions du service public de l’emploi et mettre en œuvre un accompagnement personnalisé s’il n’existe pas d’information complète et à jour sur le parcours de chaque demandeur d’emploi ?

C’est là que le bât blesse : les systèmes d’informations de l’ANPE et de l’Unedic ne sont pas compatibles, empêchant l’échange d’informations en temps réel et augmentant les délais de traitement.

L’ANPE et l’Unedic se sont lancé, chacune de leur côté, dans la refonte de leurs systèmes d’information, mais sans vraiment se concerter.

- Aladin, le système d’information de l’Unedic (conçu en 1998) est opérationnel.

- Geode, le nouveau système d’information de l’ANPE (conçu en 1996) a subi de nombreux retards n’ était toujours pas déployé début 2004.

La decision, par l’ANPE , de développer son propre système de gestion de la liste des demandeurs d’emploi (gestion opérationnelle de la demande d’emploi – Geode) remonte à 1996. Il s’agissait pour l’ANPE de reprendre la main sur un système d’information qui se se situe au coeur de son metier. Geode avait aussi pour objectif de faciliter les liaisons avec les partenaires extérieurs (dont l’Unedic) mais sur la base d’une application dont l’ANPE serait maître d’ouvrage. L’ANPE avait confié la refonte de son SI au consortium Atos-Hewlett Packard-Unisys.

Lorsque le nouveau système Géode sera déployé par l’ANPE coexisteront deux univers applicatifs distincts (Geode et Aladin), abritant deux bases de données distinctes. (Rapport Marimbert)

L’Unedic et l’ANPE ont fait des choix techniques diametralement opposés (pour autant que je puisse en juger) : une technologie dite »objet » reposant sur CORBA pour Geode, une technologie interactive de type Internet pour Aladin

Que faire ?

- Unifier les deux systèmes d’information autour d’Aladin et abandonner Geode, pourtant proche du déploiement, et faire l’impasse sur les 70 millions d’euros ? Conçu pour les besoins propres de l’Unedic, Aladin pourra difficilement satisfaire les besoins des deux organismes et absorber les évolutions technologiques.

- Unifier les deux systèmes d’information autour de Geode ? Plus ambitieux, conçu dans une perspective de plus long terme et plus englobante, Geode n’a pas encore fait ses preuves.

- Améliorer l’interface actuelle ? Il semble que celle ci ait ait du mal à faire face aux flux croissants d’échanges entre les deux organismes ….

- Développer une nouvelle interface entre les deux systèmes et pérenniser ainsi la coexistence de deux systèmes ? Une interface entre deux systèmes, même charpentée et fiabilisée, ne sera toujours qu’une solution sous-optimale.

C’est ce dilemme que le Conseiller d’Etat Jean MARIMBERT devait trancher dans le rapport qu’il a remis a François Fillon.

Après avoir pesé le pour et le contre, et estimant, probablement à juste titre, le choix d’une option radicale prématuré, celui-ci recommande la réalisation d’un audit. « Sur la base des résultats de cet audit, le Ministre et les instances de l’UNEDIC se concerteraient pour décider du maintien du dispositif ou du passage à un dispositif de base unique ».

Michel Volle a consacré de très belles pages aux systèmes d’information de grandes organisations comme les impôts, la sécurité sociale ou encore l’ANPE.

« La réglementation évolue souvent, ce qui exige de modifier le système d’information. La modification est simple s’il s’agit de mettre à jour quelques paramètres, elle est complexe s’il faut redéfinir une partie d’un dossier et introduire des traitements nouveaux. Il faut de trois à six mois pour introduire une modification complexe dans le système d’information. Si celui-ci est de qualité médiocre, il faudra un an pour corriger les bugs provoquées par la modification. Pendant ce délai la réglementation aura encore changé. Les agents se sont donc habitués à faire une partie de leur travail sur papier ou sur tableur, puis à saisir les données dans le système d’information. Cela comporte des inconvénients (erreurs de calcul ou de saisie, surcharge de travail, inefficacités diverses etc.), mais ce fonctionnement d’ensemble permet à l’administration d’être réactive et de mettre en oeuvre sans délai une politique nouvelle ».


Le Monde du 11 janvier 2005 : Faire travailler ensemble les acteurs du service public de l’emploi, une gageure.

Une meilleure coordination des différents acteurs du service public de l’emploi. Projet de loi de finances pour 2005 : Travail et emploi. Avis n° 78 (2004-2005) de M. Louis SOUVET

Michel Volle : Articuler l’ordinateur et l’être humain

La refonte du système d’information opérationnel de l’ANPE, confiée au consortium Atos-Hewlett Packard-Unisys

Aladin, un système d’information performant

UNEDIC Projet ALADIN

L’Unédic choisit le décisionnel pour le contrôle de ses réseaux

L’ANPE dote ses 20000 agents d’un Intranet performant avec HP et Microsoft

Le temps de modifier les logiciels en place…

Le Monde daté du 30 novembre rend compte d’une étude qui met en doute la fiabilité des palmarès des lycées publiés par l’Éducation nationale.

« Les fameux « palmarès » des lycées sur lesquels se ruent les parents pour choisir l’établissement de leurs enfants sont en réalité très incomplets. Faute de tenir compte de l’existence d’un »marché scolaire », où le choix des établissements s’effectue en fonction de leur réputation, ils tendent à surévaluer les performances des lycées prestigieux et à sous-évaluer celles des établissements populaires. »

L’article détaille l’origine des biais qui affectent ces indicateurs.

S’affirmant « consciente depuis longtemps » de cette limite, Claudine Peretti, directrice de l’évaluation et de la prospective (DEP) au ministère de l’Éducation nationale, annonce sa volonté de corriger ces biais en intégrant les notes du brevet dans le calcul de la « valeur ajoutée » des lycées. « Cette opération devrait être réalisée d’ici « trois ou quatre ans », le temps de modifier les logiciels en place. »

En d’autres termes, le ministère de l’Éducation nationale va continuer à publier des indicateurs dont il admet qu’ils sont « biaisés » sous prétexte qu’il faut trois ou quatre ans pour modifier les logiciels en place ! Trois ou quatre ans !

Comment un ministre peut-il se satisfaire d’un tel délai ?

Vers une démocratie ouverte

Accaparement du débat public par les experts et les groupes d’intérêt, abstentionnisme, dérives de la “démocratie d’opinion” (médias et sondages), attentes des citoyens en matière de participation : notre démocratie fonctionne mal.

Internet et les technologies de l’information constituent de puissants leviers pour revitaliser la démocratie, inventer de nouveaux mécanismes de débat public, améliorer la transparence des institutions. Pourquoi se focaliser, comment on le fait trop souvent, notamment à droite, sur le vote électronique ?  Lire la suite

Le logiciel et ses enjeux entrent dans le débat public

Extrait d’une étude réalisée par Items International pour le le Conseil Stratégique des Technologies de l’Information (CSTI


Fortement créatrices de richesse et d’emplois, à l’origine de gains de productivité qui se diffusent dans le système productif, ayant un fort impact sur la balance des paiements, les industries du logiciel constituent l’un des premiers secteurs économiques, en France et en Europe, comme aux Etats-Unis.

Le secteur du logiciel, pris au sens des acteurs spécialisés (éditeurs et intégrateurs) représente en France autour de 30 Mds € (à comparer avec les 50 Mds € de l’automobile), près de 30 000 entreprises, près de 300 000 emplois.

La position de la France est relativement faible dans le domaine de l’édition de logiciels. Il n’en va pas de même dans le domaine des intégrateurs, où la France compte plusieurs champions nationaux et un grand nombre de sociétés de premier plan au niveau international.

Au-delà, la France dispose également d’un potentiel élevé du côté des nouveaux grands utilisateurs de logiciels, c’est-à-dire des industriels qui sont aujourd’hui conduits à incorporer des couches logicielles de plus en plus significatives dans leurs produits.

Enfin, les laboratoires publics recèlent en France un potentiel très important, grâce notamment à l’INRIA, au CEA, au CNRS et aux Universités, en matière de nouvelles technologies logicielles susceptibles de donner un avantage comparatif aux entreprises existantes mais aussi de permettre la création de nouvelles entreprises.

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De la démocratie en numérique…

Extrait de la Note de la Fondation Jean JAURES Vers la Cité numérique : Un projet politique pour la société de l’information

Internet et les technologies de l’information affectent l’organisation et le poids relatif des acteurs de la vie publique. Leurs effets sont, à cet égard, ambivalents. L’idée selon laquelle les technologies de l’information seraient en soi mécaniquement porteuses d’une logique de « démocratie directe » est loin d’être établie.

Si elles rendent possible l’expression immédiate des opinions, elles permettent aussi une revitalisation de la démocratie représentative. Lire la suite

Entreprise et travail en réseau : nouveaux enjeux du dialogue social

Publié en janvier 2002 dans Vers la Cité numérique : Un projet politique pour la société de l’information (Note de la Fondation Jean JAURES)

Une majorité des salariés travaille d’ores et déjà sur ordinateur ou participe à des processus de production informatisés. L’utilisation d’un ordinateur à des fins professionnelles a fortement progressé au cours des dix dernières années et concernait en 1999 la moitié des personnes qui travaillent contre moins d’un tiers en 1991. La moitié des personnes qui travaillent utilise un ordinateur. Les trois quarts d’entre elles tous les jours. Près d’un tiers y passe plus de 20 heures par semaine (ce sont surtout des employés administratifs, des cadres et des ingénieurs d’entreprise). Les utilisateurs réguliers mais occasionnels sont beaucoup plus divers en termes de métiers exercés : s’y retrouvent des employés et des cadres administratifs, mais également des enseignants, des infirmiers et travailleurs sociaux, des techniciens [1].
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Vers la Cité numérique : Un projet politique pour la société de l’information

Note de la Fondation Jean JAURES

Vers la Cité numérique : Un projet politique pour la société de l’information

La présente note est le fruit d’un travail collectif du groupe de la Fondation Jean Jaurès “société de l’information” animé par Christian Paul (Président) et Maurice Ronai (rapporteur).

Les contributions de Jean-Noël Tronc, Daniel Kaplan, Eric Schmidt, Godefroy Beauvallet, Florence Schmidt-Pariset, Nicolas Véron, Philippe Chantepie, Hervé Rannou, Astrid Panosyan, Frédéric Lavenir, ont été particulièrement précieuses à la formation des points de vue exprimés dans cette note.

Y ont également été associés Stéphane Boujnah, Bernard Spitz et Bernard Benhamou.

Elle a notamment bénéficié des commentaires de Dominique Strauss-Kahn et Gilles Finchelstein.

Introduction

1.Vers une société en réseaux

2.De la démocratie en numérique

3.L’école du XXIème siecle : un investissement massif

4.La circulation des oeuvres et des savoirs dans l’espace numérique

5.Aménagement du territoire : l’accès aux réseaux partout

6.L’économie numérique : les leviers pour la croissance

7.Entreprise et travail en réseau : les nouveaux enjeux du dialogue social

8.Administration électronique.fr

9.Des espaces de régulation à construire

Documents:
Vers la Cité numérique : Un projet politique pour la société de l’information.
Note de la Fondation Jean Jaurès

Internet : un service public en archipel ?

Pas facile de penser la relation Internet et “service public”.

L’essor d’Internet fait surgir de nouvelles attentes, des attentes qui cherchent des réponses en termes de « service public».

• Il y a, en premier lieu une attente d’égalité pour la connexion aux nouveaux réseaux. Il y a là une forme de service universel pour lequel il faudra définir un cadre, mais on ne traitera pas Internet comme on a traité le téléphone fixe dans le passé. Lire la suite