La douche présidentielle à 245.572 euros aurait permis à la BNF de numériser 1 million de pages….

Les dépenses somptuaires du sommet de l’Union pour la Méditerranée (16,6 Meuros) ont attiré l’attention de la Cour des Comptes.

A elle seule, la douche spécialement installée pour le Chef de l’Etat (et qui semble n’avoir jamais servi) aurait coûté 245.572 euros : luxueuse et dernier cri, elle possédait une radio intégrée, un siège, des fonctions «jets» variées …

Pour le citoyen ordinaire, ces montants sont abstraits. On a donc pris l’habitude de convertir les millions d’euros en année-SMIC.

L’annonce récente d’un accord avec Google pour numériser les collections de la BNF suggère la conception d’un nouvel indicateur de référence : l’Equivalent Page numérisée BNF ou EPN-BNF.

Reste à  calculer la base de cet indicateur. Lire la suite

Un programme commun PS-SPD ?

Le SPD, ramené à 23% (son plus mauvais score depuis la guerre)  se remet difficilement de l’Agenda 2010 de Schröder et de la grande coalition avec la droite.

Depuis le départ de Gehrard Schröder, le SPD connaît  une crise de leadership, moins chaotique qu’au PS, mais tout aussi profonde. Il s’interroge aussi sur ses alliances : avec les  Verts (qui n’hésitent plus à gouverner localement avec la droite), et surtout avec  Die Linke.

Après plusieurs défaites électorales, le SPD et le PS traversent une même crise : crise de projet (avec l’épuisement du projet social-démocrate),  difficulté à prendre en compte la question écologique (le SPD a pris le tournant de l’écologie plus tôt que le PS, mais semble désormais en retrait, sous la pression d’une aile « industrialiste », proche des milieux d’affaires),  crise stratégique (question des alliances), désaffection d’une grande partie de leur base électorale. Crise de leadership, enfin. Lire la suite

Le temps de Google n’est pas celui des bibliothèques

Google vs BNF  : un conflit de temporalités.

Les bibliothèques s’inscrivent dans la longue durée : elles ont le temps pour elles. Elles numérisent à leur rythme : lent. Un rythme de bibliothèques.

Google est pressé. Pressé d’étendre son emprise à la sphère des livres. Il prend de vitesse les bibliothèques, qui numérisent à leur rythme. Et ses concurrents : Microsoft, qui s’était posé un moment comme alternative à Google et comme « partenaire » des bibliothèques,  a lâché prise. Lire la suite

Les consultations officieuses du Conseil Constitutionnel par l’éxécutif deviendraient elles monnaie courante ?

Le Figaro rapporte que le gouvernement ou l’Elysée ont consulté officieusement certains membres du Conseil Constitutionnel sur le mode d’election des conseillers territoriaux. L’Elysée avait envisagé initialement que les futurs conseillers territoriaux soient élus à la proportionnelle en zone urbaine et au scrutin uninominal en zone rurale. Les conseillers territoriaux des villes et des campagnes appelés a siéger dans la même assemblée mais élus selon des modalités différentes : cela ne va pas de soi sur le plan constitutionnel. Qu’a cela ne tienne : pour éviter le risque d’une censure, le plus simple est encore de leur demander aux juges constitutionnels leur avis.

Le probléme, c’est que cette consultation préventive du Conseil Constitutionnel ou de ses membres n’est pas prévue par la Constitution. Lire la suite

Grand emprunt : Trois milliards pour l’éducation

Le Time  se demandait récemment, en une, comment sortir l’école du XXe siècle et former les élèves du siècle présent.

L’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche a essayé de faire le point sur la  contribution des nouvelles technologies à la modernisation du système éducatif.

Voici ses conclusions :
2. L’absence d’objectifs clairement définis et d’une politique nationale cohérente visant à les mettre en oeuvre empêche d’évaluer les résultats obtenus

« La plupart des personnes qui s’intéressent à la mise en oeuvre de ces technologies partagent l’idée que les TICE auraient le potentiel d’améliorer sensiblement la performance du système scolaire, pour peu qu’elles soient bien utilisées.   (…)
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West Wing Saison 8 : Une semaine comme les autres à la Maison Blanche…

Les journées de Barack Obama font irréstiblement penser à un épisode de West Wing.
Ainsi, cette semaine, du 25 au 31 mai, Obama aura dû faire face et gérer presque simulanément,  les tirs de missiles et les menaces nord-coréennes,  le dépôt de bilan de General Motors, la reprise du dialogue avec Cuba (qui accepte de rouvrir les négociations sur l’immigration cubaine), un attentat au Pakistan  (30 morts   250 autres blessés), une partie de bras de fer avec Benyamin Nétanyahou sur  l’extension des colonies en Cisjordanie, des fuites dans la presse de photos prises dans la prison irakienne d’Abou Ghraib. Lire la suite

West Wing Saison 8 : Sotomayor-Mendoza à la Cour Suprême

Barack Obama a désigné une magistrate latino  Sonia Sotomayor  pour  la Cour suprême, en remplacement du juge David Souter démissionnaire.  Agée de 54 ans, Sonia Sotomayor est la fille d’une infirmière et d’un ouvrier portoricain qui ne parlait pas anglais. Elle a fait ses études  à Princeton, puis  à Yale. C’est la candidate dotée de « la plus vaste expérience. Elle n’a jamais oublié ses origines », a déclaré Obama. Si elle obtient la confirmation du Sénat, elle sera la première Hispanique à siéger à la Cour.

Barack Obama inscrit ainsi ses pas dans ceux de Jed Bartlet, qui avait désigné un hispanique pour ce même poste : Roberto Mendoza. Les amateurs de West Wing se souviennent probablement de l’ombrageux et difficilement contrôlable Roberto Mendoza. Lire la suite

Nos députés savent ils qu’ils ont institutionnalisé l’élection par Internet de onze d’entre eux ?


Le Décret relatif au vote par voie électronique pour l’élection des membres de l’Assemblée des Français de l’étranger est paru le 11 mai 2009

A l’élection par Internet de douze sénateurs représentant les français de l’étranger s’ajoutera ainsi, depuis la reforme des institutions, celle de 11 nouveaux députés représentant les français de l’étranger. Eux aussi par Internet.

C’est passé complètement inaperçu.

J’ai essayé de reconstituer le processus à l’issue duquel le Parlement a institutionnalisé le vote électronique par Internet pour les 11 députés représentant les français de l’étranger.

Cela s’est fait en quatre étapes. Lire la suite

De l’Hadopi à West Wing ….

vlcsnap-10628492On connaît désormais les détails du vote surprise qui a fait dérailler le projet de loi Hadopi.

Les porte-parole de l’UMP ont dénoncé la partie de cache-cache des députés socialistes dissimulés derrière un rideau et qui, au dernier moment, jaillissent dans l’Hémicycle pour voter. La manœuvre était en fait plus sophistiquée.

Le Point révèle que Jean-Marc Ayrault avait fomenté son plan depuis plusieurs jours. « D’abord, il zappe la conférence des présidents où chaque formation peut demander un vote solennel sur un texte, qui aura lieu le mardi ou le mercredi. Ayrault fait ainsi mine d’abandonner le combat pour la loi « Hadopi ». En fait, il endort son homologue de l’UMP, Jean-François Copé. Et, comme prévu, seule une poignée de députés est présente à l’Assemblée le jour du vote, le jeudi matin. Pour renforcer l’impression que le PS rend les armes, Ayrault est parti pour Nantes. Mais il est en contact téléphonique permanent avec Olivier Faure, secrétaire général du groupe. Les deux hommes décident de laisser filer la motion de procédure déposée le jeudi matin. Déjà nombreux, les socialistes auraient pu la faire adopter. Mais ils préfèrent tout miser sur le vote final. Moins de cinq députés PS seulement sont dans la confidence, dont Patrick Bloche et Christian Paul. Quelques minutes avant le vote, Faure envoie à une dizaine de députés un SMS qui débute ainsi : « Un coup est possible . » Les députés s’amassent à l’entrée de l’Hémicycle, puis entrent au moment du vote. Sur les bancs de l’UMP, on est dépassé. Par 21 voix contre 15, le texte est rejeté ».

Des gestes visant à endormir la confiance, des députés qui se cachent et qui attendent un signal pour venir voter en commando : cela rappelle étrangement un épisode de West Wing : l’épisode 17 de la saison 6, A Good Day.

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La sidération des scénaristes de fictions présidentielles face à Donald Trump

Un personnage baroque, éruptif, imprévisible, tout droit issu d’un programme de téléréalité, une élection improbable, une Maison-Blanche qui fonctionne de manière chaotique, des initiatives désordonnées… La Présidence Trump rattrape et dépasse les séries politiques les plus inventives, les plus satiriques, les plus déjantées. Et porte à incandescence les télescopages entre vie politique réelle et fictions présidentielles.

L’arrivée d’un businessman ex star de télé-réalité, dont le conseiller principal Steve Bannon est un suprémaciste et nationaliste, est un scénario beaucoup plus effrayant que la prise de pouvoir d’Underwood. Les scénaristes n’aurait pas osé l’imaginer. La réalité à dépassé la fiction.”

Au lendemain de l’élection, quand la réalité semble rattraper leurs fictions, et même les dépasser, studios et scénaristes se voient contraints de modifier, à la hâte, les scripts pour mieux coller au nouveau cycle politique ou, au contraire, pour s’en distinguer.

Producteurs et scénaristes de séries s’interrogent sur les conséquences de cette élection sur les films et séries en cours ou en projet.

Tous admettent leur perplexité face à une présidence trumpienne, plus baroque, plus dramatique, plus absurde que les récits qu’ils mettent en récit.

  • Shonda Rhimes (Scandal) : « Dans un monde où toutes les choses qu’on écrit pour Scandal se passent dans la vie réelle, il est très difficile d’écrire Scandal comme nous en avions l’habitude… Toutes les histoires que nous avions planifiées maintenant ont l’impression de copier ce qui se passe en réalité, ce qui est fou ».
  • David Mande (Veep) : « Ma plus grande préoccupation après les élections était la suivante : les gens voudraient-ils regarder une émission sur Washington DC ? Est-ce encore divertissant ? Donald Trump n’est pas la raison pour laquelle nous arrêtons la série mais ça y a contribué… C’était devenu difficile. Ce qui faisait le charme de la série, les erreurs, les faux-pas, les lapsus, le personnel incompétent, c’est toutes les heures maintenant dans la réalité » (l)
  • Timothy Simons (Veep) : « Les fautes qui auparavant auraient coulé une carrière politique, ne comptent plus aujourd’hui…La série est drôle, mais le monde dans lequel nous vivons actuellement n’a plus rien de drôle ».
  • Alex Gansa (Homeland): « Juste après l’élection de Trump, nous avons tous été inquiets pendant un moment pensant que nous allions être hors de propos ».

Les auteurs de House of Cards, en revanche, se font fort d’avoir pressenti le phénomène Trump : « Les similitudes entre Trump et Underwood sont le fruit de quelque chose qui se passe depuis quelques années. D’une certaine façon, Underwood jouait la carte du nationalisme et du populisme depuis plusieurs saisons. Il y avait des trucs dans l’air qu’on a exploités » (Pugliese).

Face à la concurrence trumpienne, les séries Veep, Graves ou Scandal sont interrompues par les diffuseurs.

Alors qu’il est question, depuis 2016, d’un reboot de The West Wing, Sorkin, son créateur rejette l’idée d’un remake basé sur Trump : « Je ne le trouve pas intéressant. Il est exactement ce à quoi il ressemble. Il n’a aucune nuance. Il ne parle que de deux choses : lui-même et ses ennemis. Et c’est tout. C’est un personnage auquel il est impossible de croire. Il n’a aucune des qualités nécessaires pour raconter une histoire »