Information publique : glossaire

Accès

Possibilité ouverte aux personnes de consulter des documents ou des données. L’accès suppose à la fois une démarche active de la personne, qui demande communication d’un document, se déplace pour consulter un registre, et la collaboration de l’administration, qui communique le document demandé, ou permet la consultation de ses registres.

On oppose classiquement l’accès (et le droit d’accès) à la diffusion : dans l’accès, c’est la personne qui est à l’initiative, alors que dans la diffusion, c’est l’administration qui prend l’initiative de faire connaître, qui décide la publication.

L’accès aux documents administratifs est l’un des aspects du droit à l’information administrative.


Base de données

Ensemble de données enregistrées dans des fichiers électroniques, auxquelles un ordinateur peut accéder.

On distingue parfois base et banque de données, pour mettre l’accent sur l’effort d’organisation et de présentation que requiert une base de données pour être offerte à la consultation du public. Cette distinction base-banque de données recoupe la distinction donnée brute et donnée élaborée.

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Données publiques : accès, diffusion, commercialisation (1996)

« Que l’État ait à informer les citoyens de ses projets et de ses actions, qu’il ait un rôle à jouer dans la communication sociale, non seulement pour en fixer le cadre juridique et en garantir la bonne organisation et le déroulement harmonieux, mais pour agir comme l’une des sources de l’information, il y a là une préoccupation assez nouvelle des pouvoirs publics, et dont on ne saurait dire, en dépit des progrès récents, qu’elle soit parfaitement maîtrisée » ( 1 )

Cette préoccupation informationnelle s’est traduite, vers la fin des années 70 par une série de lois qui instauraient un droit à l’information : loi du 17 juillet 1978 sur la liberté d’accès aux documents administratifs, loi du 6 janvier 1978 sur l’informatique, les fichiers et les libertés, loi du 3 janvier 1979 sur les archives en 1979.

Au cours des années 80, l’accent s’est déplacé vers la diffusion. Les administrations ont utilisé le levier de la télématique pour mettre en mouvement, pour valoriser, les gisements d’informations qu’elles avaient constitués pour leurs besoins propres.

Cet effort de diffusion s’est orienté vers le grand public (considéré, en premier lieu, comme un public d’administrés) et vers les PME (qu’il convenait d’accompagner dans leurs démarches de compétitivité, d’innovation ou d’exportation). Plusieurs centaines de services télématiques ont ainsi vu le jour en quelques années.

La manière dont les administrations s’acquittaient de leur mission de diffusion a suscité peu de débats. Les choix éditoriaux (ce qu’elle diffusaient ou ne diffusaient pas), les politiques de tarification : il y avait pourtant matière à discussion. Ces enjeux n’ont pas attiré l’attention des médias, des responsables politiques. Ni celle de l’opinion.

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La Goverment Information aux Etats Unis : 20 années de débats intenses

Aux États Unis, l’information publique, sa diffusion, sa gestion, son contrôle, son ouverture font l’objet depuis 20 ans l’objet d’un débat permanent. Les différentes branches du pouvoir exécutif (Départements d’état, du Commerce, de la Défense, les agences fédérales), le Sénat, la Chambre des Représentants, les organisations professionnelles de la presse et des industries de l’information, la communauté scientifique, les professionnels des bibliothèques et de la documentation y prennent part. Les controverses entre le Congrès et la Présidence autour de l’information publique recoupaient, pour une large part, les lignes de clivage entre les deux familles, républicaine et démocrate.

La notion de « Government information » est aux États Unis présente dans les esprits. A la fois transversale et circonscrite, elle recouvre toutes les information collectées et détenues par les administrations fédérales.

L’information publique fédérale est considérée, dans la tradition politique américaine, comme un pilier de la démocratie. Le premier amendement à la constitution prévoit que le Congrès ne peut adopter de loi restreignant la liberté d’expression. Le Congrès veille scrupuleusement à ce que les citoyens et la presse puissent accéder librement à l’information fédérale. Le Government Printing Office fut institué en 1861. Le Printing Act de 1895 définit ses missions et le place sous le contrôle du pouvoir législatif. Le Depository Library Program fut institué en 1857 : il prévoit le dépôt des documents officiels dans un certain nombre d’universités et de bibliothèques ( 1 ).

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De l’activisme informationnel des administrations à la regulation de l’information publique (1996)

Les pouvoirs publics ont multiplié, au cours des 20 dernières années, les initiatives pour mobiliser, valoriser, diffuser, commercialiser les informations et données détenues par les administrations et établissements publics.

  • Une première période de colbertisme informationnel voit les pouvoirs publics tenter, sur un mode volontariste, de susciter l’émergence d’une industrie française de l’information. (1978- 1985).
  • Avec le lancement à grande échelle du programme télématique, les administrations se lancent fébrilement dans l’exploitation de services d’information (1982-1990).
  • Au début des années 90, les industries de l’information accèdent à la maturité. La compétition se durcit. Les gisements de données qui permettent d’exploiter les (rares) poches de solvabilité du marché de l’information suscitent concurrences et rivalités. Cette troisième période voit se cristalliser des tensions entre acteurs publics et privés pour l’accès aux données publiques.

Au moment ou le débat sur la commercialisation des données publiques rebondit en France, on voit émerger une représentation unifiée de l’information publique. On voit poindre aussi autour d’Internet de nouveaux principes et pratiques dans la diffusion de l’information publique.


Vers la fin des années 70, le Parlement et les grandes banques se connectent à un serveur américain pour consulter les statistiques françaises, faute de les obtenir rapidement de l’INSEE. Cette situation frappe les esprits : pour accéder aux informations économiques, internationales, mais aussi françaises, les entreprises dépendront elles à l’avenir de fournisseurs américains ?

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Deniers publics et données publiques aux Etats Unis

Informatisation des administrations, transparence administrative, commercialisation des données publiques… En Europe, cette modernisation de l’infrastructure informationnelle publique a été pensée et conduite comme un processus d’ajustement : elle a suscité peu de controverses. Aux États Unis, elle fait l’objet depuis 20 ans de débats intenses, au Congrès et dans la presse. Alors que l’information publique, sa gestion, sa diffusion, semblent relever en France et en Europe d’une intendance peu controversée, elle relève aux États Unis du débat politique.

Ces controverses américaines autour de l’information ne seraient elles qu’un effet du fonctionnement très démocratique et très procédural des institutions américaines ? Consultations, auditions, rivalité entre les pouvoirs présidentiel et législatif : le débat américain semble se nourrir de lui-même. Cette clé de lecture n’épuise pas la question.


L’information publique, fondement de la démocratie

La « Government information » constitue aux États Unis un domaine de préoccupations, à la transversal et circonscrit : elle recouvre toutes les informations collectées et détenues par les administrations fédérales. ( 1 )

  • L’information publique fédérale est considérée, dans la tradition politique américaine, comme un pilier de la démocratie. Le premier amendement à la constitution prévoit que le Congrès ne peut adopter de loi restreignant la liberté d’expression. Le Congrès veille scrupuleusement à ce que les citoyens et la presse puissent accéder librement à l’information fédérale. Le Government Printing Office fut institué en 1861.
  • Le Printing Act de 1895 définit ses missions et le place sous le contrôle du pouvoir législatif.
  • Le Depository Library Program fut institué en 1857 : il prévoit le dépôt des documents officiels dans un certain nombre d’universités et de bibliothèques. Il institue un « filet de sécurité informationnel » (information safety net) pour le grand public.
  • Le Freedom Act of Information (FOIA) institue en 1966 le principe de l’accès aux documents administratifs.
  • En outre, la loi sur le Copyright place l’information fédérale dans le domaine public : la diffusion de l’information fédérale doit être aussi libre que possible et ne peut faire l’objet d’aucune restriction. ( 2 )

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Information et performance globale …

Article paru dans le Monde Diplomatique Avril 1993 sous le titre « L’information clé du pouvoir ? »

Être performant, en économie, signifie-t-il désormais être informé ?

La question se pose à nouveau à la lecture d’un récent rapport du commissariat général du Plan. [1] Ses auteurs proposent en effet de placer les années 90 sous le signe de la « performance globale » : formation, innovation, attractivité du territoire, réseaux de communication, mesures fiscales visant à orienter l’investissement vers les entreprises.

Le programme du président William Clinton ne dit pas autre chose. Parmi les cinq éléments-clés de la « performance globale » retenus par le Plan, trois relèvent de ce que les économistes appellent l’information.

La performance, parce qu’elle intègre une telle dose d’information, dès lors, devient « informance ». Elle est, en effet, le résultat de la densité et de la fluidité des échanges d’informations entre les services de l’Etat et les entreprises ; entre les entreprises ; entre l’Etat et les citoyens ; entre les citoyens et les entreprises ; voire, au sein de l’Etat, entre exécutif et législatif, ou entre administrations. Dans cette démarche globale, le Japon et les Etats-Unis, chacun à sa manière, semblent avoir pris une nette avance sur leurs concurrents.

L’abondante littérature consacrée au « modèle » japonais accorde une place de premier plan à son ingénierie de l’information, dont la description est devenue une discipline en soi. Experts et chercheurs spécialisés oscillent entre deux approches.

La première, que l’on pourrait qualifier de « culturaliste », est centrée sur la mise en évidence d’une conception spécifiquement nippone de l’information, qui serait enracinée dans l’histoire.

La seconde décrit les phénomènes de mobilisation de l’information, les institutions qui la mettent en mouvement, les modes d’organisation qui assurent sa circulation.  ( 2 )

Les Japonais, de leur côté, sont peut-être plus conscients des défaillances et des opacités de leur dispositif, et notamment du conformisme de leur presse, de sa connivence avec les institutions, du verrouillage assuré par les clubs de la presse, qui monopolisent et filtrent les nouvelles.

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Japon : l’archipel de l’information

L’archipel de l’information, en collaboration avec Thierry Ribault Publié dans « Allemagne-Japon, les deux titans » Manière de Voir, Mai 1991.

Le Japon est au premier rang dans l’industrie, l’électronique et désormais dans la finance. Pour s’imposer comme puissance économique globale et légitime, le Japon doit encore relever trois défis.

  • Le premier d éfi est scientifique : apres avoir industrialisé avec génie les découvertes faites en Europe et aux Etats Unis, le Japon doit accroitre son effort dans le domaine de la recherche fondamentale.
  • Le second est logiciel : le Japon domine les circuits intégrés et les composants mais il aborde seulement l’industrialisation du développement des progiciels.
  • Le troisième est informationnel : l’ouverture à l’étranger de ses gisements de données.

Cette triple montée en puissance du Japon dans la division internationale du travail scientifique, dans l’industrie du logiciel et sur les marchés de l’information se heurte à de nombreux obstacles, en particulier éducatifs et linguistiques : pénurie de chercheurs, pénurie d’ingénieurs informaticiens, faible efficacité du système éducatif en matiere d’enseignement des langues étrangères. Si le Japon est tenté d’exporter sa langue, force est de constater que les initiatives dans ce domaine sont encore timides et limités les résultats. On comprend mieux l’intensité des efforts que le Japon déploie dans l’ingénierie linguistique et la traduction assistée par ordinateur.

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A propos des « technologies de l’intelligence » de Pierre Levy

Pierre Levy : Les technologies de l’intelligence, L’avenir de la pensée à l’ère informatique. La Découverte, 1990, Paris

 

Depuis Husserl, Heidegger et Ellul, la technique est devenue question de philosophie : Essence de la technique, Systeme Technicien, Rationalité Occidentale. Puissance mauvaise, autonome, fatale, inéluctable et détachée du devenir collectif de l’humanité.

Pour Pierre Lévy, il n’y a pas de Technique en général, « mais un champ ouvert de technologies, conflictuel et partiellement indéterminé ». Lire la suite

L’Etat comme machine informationnelle (1994)

Tout État organisé collecte des renseignements et conserve des documents qui forment vite des séries volumineuses : les premiers recensements et cadastres, les premiers codes, les premières archives diplomatiques datent de l’antiquité. Les bureaucraties impériales enregistraient non seulement le passé mais le présent, accumulant et conservant non seulement les actes proprement administratifs (documents), mais aussi les informations sur les lieux et les ressources, sur les biens et les personnes.

L’information a de tous temps été une affaire d’État, mais elle relevait classiquement de l’intendance.

  • La constitution de l’État moderne (état de justice, état de finance, état de police) s’est traduite par le lancement et l’entretien de « grands travaux informationnels », visant à améliorer la connaissance du pays (et non plus seulement à dénombrer les hommes et les ressources pour gérer les populations, lever l’impôt ou assurer le recrutement de l’armée).
  • La connaissance et la surveillance de la production de richesses et des populations (statistique), du territoire (cartographie), des comportements des personnes, citoyens et étrangers (police), de l’état de santé des populations (« médecine d’état », santé publique, épidémiologie), de l’environnement international et des menaces stratégiques (diplomatie et services de renseignement) ont mobilisé, depuis le XVIII ème siècle des moyens croissants.

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La circulaire A 130 …

Aux États Unis, l’information publique, sa diffusion, sa gestion, son contrôle, son ouverture font l’objet depuis 20 ans l’objet d’un débat permanent. Les différentes branches du pouvoir exécutif (Départements d’état, du Commerce, de la Défense, les agences fédérales), le Sénat, la Chambre des Représentants, les organisations professionnelles de la presse et des industries de l’information, la communauté scientifique, les professionnels des bibliothèques et de la documentation y prennent part. Lire la suite