Fred Thompson : acteur, sénateur et candidat

Fred Thompson a finalement déclaré son retrait dans la primaire républicaine. Longtemps proche de McCain (dont il coprésida la campagne en 2000), il revendiquait un « conservatisme conséquent ».


Sénateur de 1994 à 2003, il avait mené en parallele une carriére d’acteur. Quand il avait annncé sa candidature en septembre 2007, la prese et les blogeurs se demandaient s’il tenterait (et comment) de convertir sa popularité, son capital symbolique (il incarnait encore tout récemment le procureur dans l’indémodable série Law & Order sur NBC).
Etrange carriére que celle de Fred Thompson. De 1969 à 1972, Procureur adjoint à Nashville, il gagne 14 de ses 15 procès contre des escrocs et des voleurs de banque. Il se tourne ensuite vers la politique et se fait élire au Sénat en 1994.
En 1977, Thompson avait instruit un dossier politico-judiciaire délicat qui se termina par la démission du gouverneur Ray Blanton, accusé de vendre ses grâces à des prisonniers. L’affaire fit l’objet d’un film, Marie en 1985 dans lequel Thompson joua son propre rôle. Ce film lança sa carrière d’acteur. Il joua dans une trentaine de films et séries télévisées, au côté de vedettes comme Robert De Niro, Bruce Willis ou Clint Eastwood.
Spécialisé dans les rôles d’autorité (magistrats, policiers, médecins), Fred Thompson franchit une a une, film par film, les étapes d’une carriére politique «virtuelle » : il interpréta le Directeur de la CIA dans “No Way Out.” en 1987 (une fonction qu’occupa George Bush Pére), le chief of staff dans “In the Line of Fire” en 1993 (une fonction qu’interpréta Partin Scheen dans The American President, le Président et Miss Wade), puis le Président dans « Last Best Chance », un docudrame sur les risques de prolifération nucléaire.

Dans les derniers mois de son mandat, il reprit sa carrière d’acteur en rejoignant l’équipe de la série télévisée « Law & Order « , où il joue le rôle du District Attorney, Arthur Branch.
Il fut alors le premier sénateur américain ayant en parallèle une carrière d’acteur à la télévision.

Red states, blue states. Du cinéma ?

L’équipe de campagne d’Hillary Clinton avait accusé le 18 février Barack Obama, vidéo à l’appui, d’avoir « plagié » dans un discours des mots qui ne seraient pas les siens. Le sénateur de l’Illinois avait en effet repris des propos tenus par son ami et allié, Deval Patrick, gouverneur du Massachusetts. « Le sénateur Obama est porté par son éloquence et ses promesses et, comme on l’a vu ces derniers jours, il ne tient pas ses promesses et cette éloquence n’est pas la sienne », avait estimé le porte-parole de Clinton Hillary Clinton avait enfoncé le clou le lendemain : “Si votre candidature ne repose que sur des mots, encore faut il que ce soient vos propres mots.”

En réponse, l’équipe de campagne d’Obama avait fait observer, vidéo à l’appui, qu’Hillary Clinton ne s’interdisait pas d’utiliser régulièrement ses propres slogans de campagne, comme le fameux “Yes we can”.

Peu de temps après, un lecteur du New York Magazine faisait observer que Barack Obama avait peut être emprunté l’une de ses plus mémorables formules (« We are not a nation of red states or of blue states, we are the United States of America ») au film Man of the year, réalisé en 2005.

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Dans Man of the Year, Barry Levinson (à qui l’on devait déjà le grinçant « Wag the dog ») met en scéne l’animateur d’un talk-show politique, joué par Robin Williams, qui se lance par amusement dans la course à la Présidence des Etats-Unis. Dépassé par les événements, il va se retrouver malgré lui élu à cette fonction suprême.

Un regard technopolitique sur l’année 2008

LETTRE DE TEMPS RÉELS N°103 12 JANVIER 2008

Que le début de l’année 2008 paraît loin ! Avec l’élection de Barack Obama et le retour des puissances publiques au premier plan, pour sauver les banques, remettre des régles dans le système financier et relancer les économies, le cycle ouvert en 1981 par Ronald Reagan est probablement en train de se refermer.

Le bilan de l’année 2008 que nous proposons recense ces moments, ces controverses, au cours desquelles les technologies numériques affleurent dans le débat public ou accèdent au rang d’enjeu politique.

1) L’économie numérique subit les effets de la crise … et les plans sociaux

L’Observatoire européen des technologies de l’information (EITO) divise par deux ses prévisions de croissance des TIC pour 2009 . IDC ne prévoit plus que 1,2% de croissance des dépenses informatiques en 2009 en Europe de l’Ouest. Du coup, les entreprises engagent une réduction drastique des coûts (gel des embauches, réduction des frais de marketing, examens de tous les frais généraux). Voire des plans sociaux, souvent brutaux.

Selon Gartner, l’industrie des semi-conducteurs s’apprête à vivre un moment historique : elle devrait aligner deux années successives de baisse : le marché mondial des composants électroniques devrait décliner de 4,4 % en 2008 à 261,9 milliards de dollars. Mais la chute attendue pour 2009 devrait être plus brutale encore puisque les ventes devraient reculer de 16,3 % en 2009. IDC prévoit désormais une baisse en valeur de 1,3 % du marché des PC dans le monde en 2009, sachant que la chute serait de 13,7 % aux Etats-Unis et de 5,8% en Europe. Les ventes de serveurs baisseraient aussi de 1,6 % dans le monde. Témoin de la morosité régnante, l’action de Google est passée sous la barre des 300 $, une première depuis trois ans.

2) Barack Obama, premier président de l’âge numérique

Le feuilleton du Blackberry de Barack Obama (qui ne peut se résoudre à délaisser son Blackberry, une fois à la Maison Blanche, le 20 janvier prochain, afin de « rester au contact des gens ») nous éclaire sur le rapport personnel que le nouveau président entretient avec l’ordinateur et de l’Internet. Familier des technologies numériques, Barack Obama saisit leur puissance quand elles sont mises au service d’une volonté de changement. On l’a vu tout au long d’une campagne qui s’est très largement appuyé sur Internet pour mobiliser des volontaires, lever des fonds, recruter des activistes locaux et les organiser pour contacter des millions d’électeurs et labourer le terrain. Une campagne en réseau, aussi bien locale que virale.

Premier président de l’âge numérique, Barack Obama l’est doublement.

-  Par la place qu’occupent les technologies numériques dans son programme, la précision (et souvent la fermeté) de ses engagements : préservation de la net-neutralité, protection de la vie privée, relance de l’informatisation des agences fédérales avec la création d’un poste de Chief Technology Officer, déploiement du haut débit sur tout le territoire, investissement public prioritaire dans les technologies éducatives, l’e-Santé et l’informatique verte. S’il a pris des engagements en matière de réforme du droit d’auteur ou encore du droit des brevets, ses propositions sont restées, il est vrai, assez vagues.

- Par la perspective qu’il a dessinée, au fil de ses interventions, d’une « démocratie transparente et interconnectée » : libération de l’accès aux données publiques, mise en place de forums et d’espaces participatifs pour suivre et commenter les projets et décisions du gouvernement.

Du programme de relance économique (qui accorde une large place à l’investissement public dans le haut débit et l’équipement informatique des écoles et des hôpitaux) à l’ouverture du site change.gov (qui permet aux citoyens américains de suivre, pas à pas, la mise en place de la nouvelle administration, de débattre d’un certain nombre de thèmes, comme la mise en place d’une sécurité sociale), de suggérer des priorités) un certain nombre de ces engagements de campagne sont en passe d’être mis en œuvre.

-  Le programme numérique de Barack Obama

-  Science, Technology and Innovation for a New Generation

-  Internet et économies d’énergie au coeur de la relance d’Obama

-  Five Change.gov Clues to Obama’s Approach to Governing

On se demandait depuis son élection ce qu’allait devenir le mouvement et les réseaux qui avaient pris forme autour de la candidature de Barack Obama : les deux millions de volontaires impliqués dans la campagne, les milliers de « Precinct Captains », de Team Leaders, de local et de field Organizers, formés dans les Obama Camps, rompus aux techniques de mobilisation en ligne et sur le terrain. A plusieurs reprises, le Président élu avait annoncé qu’il comptait s’appuyer sur ce mouvement « grassroots » et « netroots » : pour faire émerger des idées mais aussi pour mobiliser l’opinion face aux groupes d’intérêt qui risquent de faire obstacle à la mise en oeuvre de son programme de réformes. L’équipe d’Obama vient de lancer www.usaservice.org, un site de réseau social qui permet de s’engager localement, de s’organiser pour agir localement, de mettre en place des groupes et d’organiser des réunions publiques dans un quartier ou une communauté.

Le think tank Terra Nova a mené fin décembre une mission d’étude aux Etats-Unis sur la campagne présidentielle américaine. Réalisée à partir de 80 entretiens exclusifs et approfondis avec les principaux acteurs de la campagne à Washington, New York et Chicago en novembre et décembre derniers, l’étude décrypte les innovations de la campagne présidentielle. Elle en tire des enseignements et des recommandations concrètes pour la vie politique française, tendant à sa modernisation et à la dynamisation de notre démocratie. Le rapport de la mission sera présenté le 19 janvier.

3) Liberté de la presse en 2008 : 59 blogueurs interpellés et plus de 1700 sites d’information fermés ou suspendus ; la répression se déplace sur Internet

Dans son bilan annuel, Reporters sans frontières observe une baisse du nombre de journalistes arrêtés ou tués (60 au lieu de 86 en 2007). Cette baisse masque « une généralisation de l’intimidation et de la censure ». Ainsi, la baisse du nombre de morts en Afrique (3 en 2008, 12 en 2007) s’expliquerait surtout par le renoncement de nombreux professionnels à exercer leur métier. Reporters sans frontières observe que la répression s’exerce de plus en plus sur Internet.

« L’accroissement de l’influence et des potentialités d’Internet s’accompagne d’une plus grande vigilance de certains gouvernements, aux tendances sécuritaires déjà fortes. Les pays répressifs se dotent chaque année de nouveaux outils, permettant le traçage des données et la surveillance du Réseau. Ce dernier devient peu à peu le champ de bataille des citoyens au regard critique ou des journalistes censurés, et à ce titre représente une menace pour les puissants, habitués à gouverner selon leur bon vouloir et dans l’impunité » explique l’association.

-  Liberté de la presse : l’année 2008 en chiffres

4) Privacy International : en 2008, l’anti-terrorisme à l’origine de politiques de surveillance intrusives et illégales.

L’anti-terrorisme continue d’être à l’origine de politiques de surveillance intrusives et illégales.Par exemple, après l’échec des attentats de Londres à l’été 2007, le gouvernement britannique a ordonné que toutes les données relatives à la surveillance des automobiles à Londres, enregistrées au départ pour éviter l’engorgement de la capitale, seront mises à la disposition des services de renseignement : ces données pourront ensuite être transmises n’importe ou dans le monde. Mais les politiques anti-terroristes ne sont plus les seules à susciter la mise en place de mécanismes de surveillance invasifs, souvent disproportionnés et inefficaces. Les politiques d’immigration et de sécurité publique font désormais usage de techniques invasives de manière significative.

-  Rapport annuel de Privacy International

-  Privacy International avait classé fin 2007 la France parmi les « sociétés à surveillance extensive »

5) France : Le plan de relance de Nicolas Sarkozy fait l’impasse sur l’économie numérique

le Plan de relance ignore pratiquement l’économie numérique. Et ce, quelques semaines après l’annonce du Plan Besson pour le développement de l’économie numérique. Les priorités du Plan de relance de Nicolas Sarkozy se trouvent ainsi singulièrement décalées par rapport à celles du programme de relance de Barack Obama. Le programme de relance qu’Obama présente « comme le plus important programme de développement d’infrastructures aux Etats-Unis depuis l’après-guerre relie » étroitement urgence sociale (lutte contre le chômage), double priorité aux économies d’énergie et aux technologies numériques. 2008 restera sans doute comme l’année des occasions manquées en matière de politiques publiques liées aux nouvelles technologies. La nomination d’un secrétaire d’état à l’Economie numérique était censée donner un souffle nouveau à l’économie numérique. Avec son plan de relance en réponse à la crise, le gouvernement avait début décembre une seconde occasion de parier sur l’industrie IT. L’économie numérique en est pratiquement absente, comme l’ont regretté les acteurs économiques du secteur.

-  Le plan de relance de Nicolas Sarkozy fait l’impasse sur l’économie numérique

6) Le Credoc observe en 2008 une pause dans la résorption des inégalités numériques

Chaque année, le Credoc mène une enquête sur la diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française à la demande du CGTI et de l’ARCEP.. Cette étude est une source inépuisable d’informations sur l’équipement des français en téléphone mobile, en micro-ordinateur et l’accès Internet. Si l’équipement des individus en téléphone mobile, en micro-ordinateur et l’accès Internet au domicile progressent en 2008 de manière relativement linéaire, les écarts, considérables, subsistent. Les facteurs très discriminants sont toujours l’âge, le revenu, la profession et le niveau de diplôme.

En 2008, pour la première fois depuis 1995, le Credoc observe une « pause dans la résorption des inégalités ». « Le mouvement de baisse des inégalités régulièrement observé depuis 1995 est stoppé cette année. Les inégalités concernant l’ordinateur et le téléphone mobile repartent même très légèrement à la hausse ». On retrouve ces inégalités d’équipement en ordinateur dans les usages. Ainsi pour la réalisation de démarches administratives ou fiscales par internet, seulement 11% des non diplômés y ont recours contre 69% des diplômés du supérieur.

La France reste très loin des meilleurs pays européens. En Hollande, c’est 86% des ménages qui ont accès à internet à domicile.

-  Pause en 2008 dans la résorption des inégalités numériques (ordinateur, téléphone portable et accès internet)

-  Avicca : Internet pour tous : ne pas sacrifier deux générations

7) France : Le Plan Besson fait pschitt

La création d’un secrétariat d’état à l’économie numérique (même à temps partiel) et l’annonce d’un plan de développement de l’économie numérique à l’horizon 2012 avaient suscité des attentes. Ces attentes risquent d’être déçues. Il semble bien que les leviers pour le développement de l’économie numérique échappent, pour l’essentiel, à Eric Besson. L’économie numérique était absente du Plan de relance. Eric Besson n’a aucune prise sur les arbitrages présidentiels, comme la décision de taxer les opérateurs Internet et de téléphonie pour financer l’audiovisuel public ou encore l’obstination du Chef de l’Etat à mettre en œuvre la riposte graduée. Silencieux après les déclarations de Fréderic Lefebvre, Eric Besson s’apprête à mettre en place un Conseil national du numérique protéiforme qui mêle des fonctions contradictoires. Les fonctions de régulation et de médiation de ce Conseil risquent ainsi de contaminer la fonction d’orientation stratégique.

-  Plan Besson et Grenelle de l’Environnement : premières victimes du Plan de relance

-  Développement de l’économie numérique ou communication autour de l’économie numérique ?

-  Premier bilan du sarkozysme numérique

-  Le protéiforme Conseil national du numérique d’Eric Besson

8) France : Edvige : le premier recul de Nicolas Sarkozy

La presse a longuement commenté les reculs de Nicolas Sarkozy en décembre sur la réforme du lycée et à propos du travail le dimanche. En fait, le premier recul du chef de l’Etat remonte à septembre 2008. Et il concernait Edvige. C’était la première fois que Nicolas Sarkozy perdait la bataille de l’opinion sur la question sécuritaire, son domaine de prédilection. La première fois aussi depuis longtemps que les enjeux de protection de la vie privée suscitaient une telle mobilisation. La première fois, enfin, depuis le 11 septembre, que le renforcement indéfini des mesures de sécurité et de surveillance se rencontre autant de résistances.

Mister President en production

En 2008 aura lieu une nouvelle élection à la présidence des Etats-Unis. Il s’agit d’un événement qui dépasse les frontières de l’Amérique du Nord et concerne l’avenir du monde dans ses contrées les plus lointaines.
Hollywood ne se lasse pas de mettre en scène le Président des Etats Unis. Plus de 60 films en 15 ans. Au moins 5 en 2007 et probablement autant en 2008. Le Président est plus qu’une figure du cinéma américain : une star planétaire. Avec « West Wing », « 24 Heures Chrono », « Commander en Chief »… la télévision l’utilise comme un héros de série.
En combinant extraits de films, de séries tv, archives, interviews d’historiens, de critiques de cinéma, des réalisateurs de ces films et séries, de consultants politiques, ainsi que des tournages sur les lieux marquants de cette géographique présidentielle, nous nous proposons d’explorer les ressorts et recettes de cette « fabrique de Présidents ». Nous nous intéresserons de près à tous ces troublants chassés-croisés qui mettent en contact la vie politique « réelle » et les « fictions présidentielles ».

Maurice Ronai et Emilio Pacull

America’s politics would now be also America’s favorite movie, America’s first soap opera, America’s best seller. Norman Mailer.
In 2008 there will be a new election to the Presidency of the United States. It is an event which will have effects beyond America’s frontiers and will influence future world events in far-away countries.
Hollywood never tires of depicting the President of the United States on the screen: over 60 films in the last 15 years. There have been at least 5 in 2007 and probably as many to come in 2008. The President is more than a figure of the American cinema: he’s an international star seen in the TV serials: « West Wing », « 24 Hours Chrono », and « Commander-in-Chief ».

Combining extracts of films, tv series, archives, interviews with historians, cinema critics, film and series directors and political consultants, as well as shooting at the key locations of this Presidential geography, we will explore the resources and receipes behind this « President factory ». We will examine closely all these disturbing interconnections between the « real » political life and the « presidential fictions ».

Le téléchargement a t il tué Wallen ? Etude de cas

Dans l’article que Télérama consacre, dans son dernier numéro, à la crise de l’industrie du disque, Pourquoi le disque craque,, un passage m’a fait sursauter.

Il s’agit d’un propos de Marc Thonon, directeur du label indépendant Atmosphériques. Voilà le passage en question : « Je me suis rendu compte du problème en janvier 2005, se souvient Marc Thonon, directeur d’Atmosphériques. On avait un titre de Wallen, Donna, qui marchait très fort en radio, mais curieusement les ventes ne décollaient pas. Pascal Nègre, le patron d’Universal, qui distribuait le disque, a demandé à ses forces de vente de mettre le paquet, j’ai pris un peu de pub en radio et en télé. Toujours rien, au contraire, les ventes se sont mises à baisser ! Alors je suis allé voir sur Internet. Il existe un moteur de recherche qui recense le nombre de tentatives de téléchargement illégal, et là, j’ai compris. Il y avait plus de deux millions de demandes par semaine… ». Lire la suite

Retombées budgétaires du recours aux logiciels libres : la mise sous tension concurrentielle du secteur du logiciel

Extrait de l’étude réalisée par Items à la demande du Ministère de l’Intérieur. Confidentielle, cette étude a fait l’objet d’une demande d’accés au titre de la loi de 1978 par l’Association de Promotion du Logiciel Libre (APRIl). Elle est disponible sur le site de l’APRIL.

LES LOGICIELS LIBRES METTENT SOUS TENSION CONCURRENTIELLE LES MARCHES DU LOGICIEL

Les solutions libres sont plus en plus reconnues et admises dans les organisations          59 publiques et privées. Les acteurs du marché (éditeurs, intégrateurs, utilisateurs) intègrent ce modèle de développement dans leurs stratégies.

Si le logiciel libre suscite encore aujourd’hui des controverses, celles-ci sont de nature essentiellement technique et économique.

Internet avait rencontré, lui aussi, des oppositions, il y a 10 ans, et suscité des controverses. La question d’être pour ou contre internet ne se pose plus.

Il est assez largement admis que les logiciels libres redessinent aujourd’hui le cadre concurrentiel dans les secteurs de l’informatique, des télécommunications et de l’électronique grand public :

•          Les constructeurs et les éditeurs diffusent de manière libre certains composants de leur offre afin que ceux-ci se diffusent de la manière la plus large auprès des utilisateurs. C’est par exemple la stratégie de Sun avec un grand nombre de composants Java. (C’est aussi d’une certain manière la stratégie de Microsoft avec Explorer, même si dans ce cas précis, il ne s’agit que d’une licence d’utilisation gratuite[1]).

•          Les acteurs non dominants sur un marché recourent aux logiciels libres pour concurrencer l’acteur ou les acteurs dominants, non pas en l’attaquent frontalement mais en s’appuyant sur des communautés libres qui vont favoriser l’émergence de solutions concurrentes,

•          Les intégrateurs favorisent le développement de solutions libres pour restaurer leur indépendance vis-à-vis des éditeurs et redevenir l’interlocuteur principal des organisations utilisatrices.

•          Des sociétés de services en logiciels libres centrent leurs activités sur la valeur ajoutée en proposant des applications complémentaires, des formations, de l’assistance, etc.

L’économie des logiciels libres s’insère donc dans l’économie générale des logiciels tout en présentant des particularités.

Elle repose largement sur la fourniture de services notamment de maintenance autour des progiciels ou la création, plus embryonnaire, de logiciels sur mesure en utilisant des briques logicielles qui existent déjà.

Dans de nombreux secteurs, le logiciel libre ouvre la concurrence, contribue à

« déverrouiller » les marchés, fait peser sur les éditeurs historiques une pression concurrentielle qui s’était considérablement atténuée.

LOGICIELS LIBRES ET COMMUNAUTES

Basé souvent sur un développement communautaire, le logiciel libre requiert :

•          Un nombre assez large de développeurs

•          La stabilité de la communauté de développement,

•          Un intérêt de cette communauté à faire évoluer de manière continue un logiciel à la fois     pour    l’enrichir  et pour résoudre les problèmes  de fonctionnement.

Les      modèles de développement libres concernent trois grands types d’environnement distincts

•          le système d’exploitation (LINUX) et les couches techniques intermédiaires (Middleware)

•          les logiciels applicatifs bureautique

•          les logiciels fonctionnels

Le système d’exploitation (LINUX) et les plateformes Middlewares

Le Système d’exploitation

C’est le composant le plus emblématique mais qui peine encore à pénétrer le marché. Très présent sur les serveurs de réseaux, LINUX n’est présent aujourd’hui que sur 3% des postes de travail.

Les couches techniques intermédiaires (Middleware)

C’est pour le monde des professionnels, le secteur où les logiciels libres sont les plus répandus. Ce n’est pas le secteur le plus visible, mais c’est là que se développent les stratégies les plus abouties dans la compétition que se livrent les constructeurs, les éditeurs de logiciel, les intégrateurs et plus largement tous les acteurs du numérique.

Ainsi, les serveurs web avec les plateformes Apache occupent aujourd’hui une place dominante.

C’est avec notamment le soutien de Sun et d’IBM que se sont imposées des couches techniques autour des environnements Java.

Les déclinaisons de ces composants sont nombreuses et sont largement utilisées par l’industrie.

Ceci n’empêche pas les acteurs du marché de développer des stratégies propres. C’est le cas de Sun ou d’IBM qui promeuvent des composants libres tout en déployant des stratégies plus propriétaires sur d’autres composants ou produits.

Microsoft est naturellement très actif sur ces couches techniques en s’appuyant sur .net.

 Les logiciels bureautiques

C’est la vitrine la plus visible des logiciels libres. Alors que la Version 1 de la Suite

OpenOffice.org était relativement pauvre et présentait beaucoup de lacunes face à Microsoft Office, la Version 2 se montre beaucoup plus riche. Si elle n’égale pas Microsoft Office, ses adeptes considèrent que les utilisateurs ne font pas appel à des fonctionnalités spéciales dont ne disposerait pas OpenOffice.

Deux problèmes se posent couramment pour l’usage d’OpenOffice :

–          Les problèmes de compatibilité subsistant avec Microsoft Office et qui rendent parfois difficiles les échanges de documents dans un mode de travail collaboratif. Certaines fonctions telles que la gestion des titres ou celle des images se manifestent par des différences dans le document final. Ce problème n’est en réalité pas un problème de logiciel mais un problème de format. Il est au centre de la bataille que se livrent les tenants du format ODF (Open Document Format) normalisé par OASIS, et de l’autre, Microsoft qui souhaite voir les autorités de normalisation consacrer son propre format connu sous le nom d’Open XML comme une norme internationale.

–          L’existence de clients lourds liés à Microsoft Office et qui ne peuvent être repris sous OpenOffice. De nombreuses applications dans les entreprises et les administrations (et notamment au Ministère de l’Intérieur) utilisent en effet des fonctions liées au traitement de document, aux tableurs ou aux bases de données locales Microsoft.

Les logiciels fonctionnels : les applications

Ces logiciels répondent généralement à des besoins précis des utilisateurs pour les fonctions de gestion des entreprises.

L’idée selon laquelle un logiciel développé pour un utilisateur ou un contexte précis pourrait être réutilisé par d’autres utilisateurs est au principe même du logiciel libre. S’agissant d’applications fonctionnelles, cette perspective de réutilisation et de mutualisation sous-estime généralement l’effort qu’il faudra ensuite consentir pour adapter ces logiciels à une organisation spécifique, son contexte, son métier et ses processus. Elle sous-estime l’ampleur des efforts que représente l’industrialisation d’un logiciel pour qu’il puisse être utilisé par de nombreux utilisateurs dans des contextes différents. 

Ce problème n’est pas spécifique aux logiciels libres. Les sociétés de service (les intégrateurs) ont été confrontées, de tous temps, à cette question de manière récurrente : pourquoi ne pas industrialiser des solutions conçues pour un client spécifique, en étendre le périmètre, les proposer à d’autres clients et en tirer un bénéfice multiplicateur ? Il semble bien que les métiers de l’édition (une solution « industrialisée » pour un grand nombre de clients) et ceux du service (une solution sur mesure) soient de nature différente.

Verra-t-on des solutions Open Source prendre pied et s’imposer sur le marché des logiciels fonctionnels, domaine de prédilection des éditeurs ?

A en juger par la répartition des communautés de développements de logiciel Open Source (telle qu’elle apparaît dans SourceForge, qui regroupe au niveau mondial le plus grand nombre de ces communautés), les communautés du logiciel libre sont très actives dans le développement d’applications et de logiciels fonctionnels.

Les communautés les plus actives travaillent notamment sur un progiciel de gestion intégré (OpenBravo ERP) capable de concurrencer SAP. Un grand nombre de sociétés de services et d’utilisateurs sont potentiellement intéressés à rouvrir la concurrence dans ce secteur. Les développeurs dans ces communautés parviendront-ils à se concentrer durablement sur leurs objectifs ? Ne risquent ils pas de s’en détourner si un nouveau sujet présente plus d’intérêt à leurs yeux ?

 PARTICIPATION DES ADMINISTRATIONS A DES COMMUNAUTES

Les projets de logiciels libres, pour les administrations, sont de trois types, auxquels sont associés, trois types de risques :

•          Les projets de logiciels45 [2]préexistants, bien établis, correspondant à un besoin largement partagé. Les développeurs dans les administrations participent à ces projets dans le cadre de communautés (sans que ce soit toujours clairement géré).

Sur le fond, on peut estimer que l’administration y trouve son compte, pour autant que le temps passé soit en relation avec des objectifs définis.

•          Les projets initiés par une administration et pour lesquels l’administration           souhaite voir émerger une communauté qui garantira, dans la durée, la pérennité et l’évolutivité du logiciel. C’est ce qu’à très bien réussi la Gendarmerie avec OCS Inventory pour la gestion du parc informatique. La réussite de telles démarches, c’est à dire le maintien d’une communauté, reste incertaine.[3]

•          Les projets de logiciel initiés par une administration et dont les résultats pourraient être repris par une autre. Ce cas de figure est récurrent.47 Il n’est pas directement lié à la question du logiciel libre. Il semble bien que les licences libres apportent une réponse simple à cette exigence de partage entre les administrations. Encore faut-il pouvoir introduire cette clause dans les CCAG des marchés publics. Le résultat reviendrait à constituer une « communauté ad-hoc ».

Le problème s’est posé pour la plateforme d’achat public développée pour le Ministère de la Défense par CapGemini Sogeti. Le Ministère de la Défense souhaitait mettre cette plateforme à la disposition d’autres Ministères. Le ministère de la défense et les autres ministères se sont aperçus que le contrat ne prévoyait pas une telle mise à disposition. Ces ministères ont du se tourner dans l’urgence vers une autre solution.

INDUSTRIALISATION ET INDEPENDANCE

Les années 80 et 90 ont été marquées par une montée en puissance des progiciels aux dépens des développements spécifiques.

L’attractivité des logiciels proposés par les éditeurs repose sur leur niveau d’industrialisation. Celle-ci comprend une gestion rigoureuse des niveaux de version, un support technique par niveau de version des problèmes identifiés, des engagements contractuels des fournisseurs.

L’utilisation des logiciels libres dans les grandes organisations appelle la mise au point d’offres professionnelles structurées. S’agit-il uniquement de contrat de services ? Ces contrats incluent-ils une forme de responsabilité sur la fourniture des « souches logicielles » ?        

La difficulté des éditeurs et des sociétés de services spécialisées dans les logiciels libres à proposer ce type d’offres incite les grands comptes à se tourner vers des fournisseurs de plateformes qui offrent une gamme de logiciels « packagés ». Ce faisant, contrairement à des objectifs initiaux clairement affirmés, des liens de dépendance se recréent ainsi entre fournisseurs de logiciels libres et utilisateurs.

Les problématiques d’indépendance et de dépendances peuvent s’avérer plus complexes qu’il n’y paraît.

La dépendance a un coût : celui qui est du à un appauvrissement de la concurrence des acteurs face à un besoin exprimé par le client. Comme veut le montrer le schéma précédent, cette dépendance peut venir des logiciels propriétaires. Elle peut également venir de la relation qui va s’établir avec les sociétés de services qu’elles s’appuient sur du logiciel libre ou non.

L’indépendance a également un coût. Le recours systématique au libre et surtout s’il est non packagé, oblige l’organisation utilisatrice à prévoir et organiser le support et une forme d’ «industrialisation » des logiciels. L’indépendance suppose une organisation suffisamment bien structurée pour que cela n’aboutisse pas à une multiplication des solutions.

On remarquera que les normes et standards ne sont pas liés en soit au sujet libre ou propriétaire. Ainsi les acteurs du marché sont-ils présents dans différentes structures de normalisation, lesquelles travaillent non pas sur des composants logiciels (parfois appelés à tort standards), mais sur des interfaces, des protocoles ou des formats. Ces standards peuvent donner lieu à des licences d’utilisation gratuites (c’est le cas des standards du W3C) ou payantes (c’est le cas de la plupart des organisations de standardisation comme l’ETSI où la règle qui retenue est celle dénommée FRAND (Fair Reasonnable And Non Discriminatory).

Il y a plusieurs manières de faire valoir les avantages ou inconvénients des différentes offres dans ce débat. Les acteurs du marché (intervenant dans le secteur libre ou propriétaire) ne s’en privent pas : c’est en fait un élément central du nouveau jeu concurrentiel.

Ce jeu est loin d’être manichéen. Il fonctionne juste avec des règles différentes dont le débat sur le libre devient le moteur et dont le débat sur les standards devient le pivot.


[1] Microsoft a trois types de licences présentées comme libres. Deux ont été acceptées par l’Open Software Alliance : MSPL (Microsoft Permissive License) et MSRL (Microsoft Reciprocal License).

[2] On désigne ces projets de plus en plus souvent comme des « souches logicielles »

[3] Une démarche intermédiaire pourrait être au niveau national de disposer d’une structure d’animation de ces communautés émergentes. Ce rôle pourrait être dévolu à la DGME. C’est le but qu’elle s’est fixée avec Admisource. De sorte qu’on pourra différencier deux sous-catégories : le lancement de communautés « sans frontières » et le lancement de communautés dans un environnement national sous la bannière d’Admisource.

Étude sur les économies réalisables grâce au logiciel libre

Taxation des revenus publicitaires des plateformes d’hebergement et de partage : taxe ou chantage ?

Le 23 novembre était signé à l’Elysée un accord entre représentants des industries culturelles (cinéma, musique, télévision) et des télécommunications. En présence du Chef de l’Etat.

Cet accord prévoyait que les plates-formes d’hébergement et de partage de contenus (comme DailyMotion ou GoogleYouTube généralisent “à court terme les techniques efficaces de reconnaissance de contenus et de filtrage”.

Problème : les principaux concernés, DailyMotion et GoogleYouTube n’ont signé cet accord.

On vient d’apprendre qu’un amendement-surprise au projet de loi de finances 2008 déposé et voté, à la sauvette, institue une taxer de 2% sur les revenus publicitaires générés par les vidéos diffusées sur le Web.

Difficile de ne pas voir un lien entre l’amendement-surprise et le refus des plates-formes de signer l’accord du 23 novembre.

Si cette hypothèse devait se vérifier, cela signifie que la législation fiscale est détournée de ses fins pour devenir un instrument de chantage et faire rentrer dans le rang des entreprises récalcitrantes…

Le 23 novembre, Nicolas Sarkozy n’avait pas caché son impatience de voir l’accord concocté par Denis Olivennes mis en œuvre. Avant six mois. « Je vous propose que l’on se retrouve dans six mois, au même endroit [au palais de l’Elysée], pour tirer le bilan de six mois d’application de ces nouvelles normes. En prenant un engagement devant vous : si cela marche, on continue comme cela, si cela ne marche pas suffisamment bien, on prendra les mesures pour obtenir des résultats. ». Coûte que coûte ?

Décidément, le libéralisme autoritaire de Nicolas Sarlozy est de moins en moins libéral et de plus en plus autoritaire.

L’innovation selon Denis Olivennes

Rapport Olivennes : indigeste et indigent

Le mot « innovation » ne figure pas une seule fois dans le rapport de la Commission Olivennes. Comme « radio » ou « baladeur », jamais évoqués.

Les mots « filtrage », « sanction », « avertissement », en revanche, apparaissent respectivement 54, 81 et 21 fois.

Le mot « innovant » revient, il est vrai, trois fois.

« Une telle orientation permettrait aussi de soutenir des entreprises innovantes françaises, très présentes sur les technologies en question, et de leur donner une bonne visibilité internationale sur un secteur porteur ».

« De nombreux outils existent ou sont en cours de développement. Différents dans leur approche et donc dans leurs performances et limitations, ils sont proposés par plusieurs sociétés dont un certain nombre de groupes industriels ou de PME innovantes françaises. »

« S’appuyer sur un certain nombre de technologies innovantes prometteuses, récemment développées, qui n’ont cependant pas encore atteint le stade de leur pleine maturité. »

De quoi s’agit il ?

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Storytelling ou quand on a un marteau, tout ressemble à un clou

Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprit Christian Salmon Éditeur : La Découverte


Depuis qu’elle existe, l’humanité a su cultiver l’art de raconter des histoires, un art partout au cœur du lien social. Mais depuis les années 1990, aux États-Unis puis en Europe, il a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l’appellation anodine de « storytelling » : celui-ci est devenu une arme aux mains des « gourous » du marketing, du management et de la communication politique, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens. Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi dans l’ombre des campagnes électorales victorieuses, de Bush à Sarkozy, se cachent les techniciens sophistiqués du « storytelling management » ou du « digital storytelling ».

L’ouvrage de Christian Salmon donne incontestablement à réfléchir. Storytelling rassemble un corpus considérable d’exemples et d’observations sur les techniques narratives à l’œuvre dans les domaines de la publicité, du marketing, des marques, de la gestion des ressources humaines et de la communication politique.

L’auteur situe l’essor du storytelling au début des années 90. L’apparition du « storytelling management » et son adoption par les grandes marques coïncideraient avec un « storytelling revival » : des dizaines de milliers de personnes rejoignent chaque année le National Storytelling Network ou participent a l’un des deux cent festivals de « storytelling » organisés aux États-Unis. À la suite d’un certain nombre d’auteurs américains, il associe l’essor du « storytelling » au « narrative turn » à l’œuvre dans les sciences sociales. C’est à travers Internet que ce « storytelling revival » se serait répandu dans la société americaine, puis au-delà.

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Riposte graduée : la troisième tentative sera t elle la bonne ?

Le Rapport Olivennes : indigeste et indigent

Denis Olivennes s’etait engagé à formuler de propositions qui tiennent en une page A4. Le pari est tenu avec 13 propositions (même si le rapport totalise 110 000 signes, majoritairement focalisées sur l’examen des différentes technologies de filtrage).

Parmi les 13 propositions, seules quatre visent à rendre les offres commerciales plus attractives face aux pratiques d’échange non-autorisées, notamment la réduction de la fenêtre VOD de 7 mois et demi après la sortie en salle à 4 mois, ainsi que le retrait des mesures techniques de protection.

- A part une (hypothétique) baisse de la TVA sur les produits culturels, la Commission Olivennes ne formule aucune proposition sur question, pourtant centrale, des prix de la musique ou des films en ligne.

Les producteurs de musique, soucieux d’aligner le prix des fichiers en ligne sur celui des supports physiques ont fixé le prix de gros à 0,99 euros pour chaque titre. « Le maintien de prix de gros excessifs est de surcroît un frein au développement de nouveaux modèles économiques fondés sur l’accès (modèle de l’illimité), modèle rationnel dans un univers où les coûts marginaux tendent vers 0 comme cela est le cas dans l’univers numérique », comme l’avait noté UFC-Que Choisir. La politique de prix est pourtant l’un des leviers essentiels si l’on souhaite que le public se tourne vers les plateformes commerciales.

Dans une Note au ministre de la culture et de la communication et au ministre délégué à l’industrie, deux hauts fonctionnaires attribuaient « l’atonie du marché actuel » à « une politique des prix peu intelligible par les consommateurs ». ( 1 )

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