La série The West Wing (A la Maison Blanche) a démarré en 1999. A partir de l’élection de George Bush Junior, en 2000, « West Wing » bénéficia d’audiences exceptionnelles pour une série aux scénarios sophistiqués et aux dialogues exigeants : elle suscita des phénomènes très singuliers d’adhésion dont témoignent toute une série de blogs. Visiblement, une partie du « peuple démocrate » se sentait mieux gouvernée et représentée par ce « Président virtuel ».
De 2000 à 2006 (quand la série fut interrompue), il ne serait venu à l’esprit d’aucun journaliste de comparer George Bush et Jed Bartlet, tant la Présidence virtuelle du second s’imposait comme le contre-modèle de la Présidence bien réelle du premier.
Pendant la campagne présidentielle de 2008, les journalistes et les blogueurs politiques se prirent au jeu de recenser les analogies entre le candidat Obama et le candidat Matt Santos dans West Wing. Lire la suite →
Trois jours après son élection (face à son frére David) à la tête du Labour, Ed Miliband devait proncer son premier discours en tant que nouveau leader travailliste. Un discours très attendu, par ses partisans, syndicats en tête, comme par les modérés du Labour. Le New Statesman rapporte qu’au moment de mettre une touche finale à son discours, en pleine nuit, à quelques heures de la Labour Conférence, les proches conseillers d’Ed Miliband n’étaient pas d’accord entre eux sur le ton et la manière dont ce discours devait être prononcé. Agacé, Ed Miliband aurait alors tranché : « Let Miliband be Miliband ». Lire la suite →
Depuis que Dominique Strauss-Kahn a été nommé à la tête du FMI, ses partisans attendent avec impatience qu’il annonce sa candidature ou, à défaut, qu’il émette un « signal ». Sa position de directeur général du FMI lui interdit de s’exprimer. Le calendrier des primaires socialistes lui impose de sortir du silence. Il est devenu, selon la formule du député socialiste Jean-Jacques Urvoas, « l’Imam caché » : ses partisans scrutent les signes de ses intentions et de son retour. Lire la suite →
Plusieurs grands musées américains (Brooklyn Museum, American Museum of Natural History, Museum of Modern Art-MoMA de New York) proposent depuis plusieurs mois à leurs visiteurs des applications mobiles. Dans un article publié dans le New York Times, le critique d’art Edward Rothstein porte un jugement sévère sur ces applications. S’il ne met pas en doute pas l’intérêt d’une assistance numérique pour guider et enrichir la visite des musées, Edward Rothstein observe que l’information disponible dans ces applications est « généralement moins complète que celle disponible dans les vignettes des musées ». Ilcritique, avec vigueur, les fonctions interactives (possibilité de porter un jugement sur les œuvres et de les « tagguer) proposées par certains musées, en particulier celui de Brooklyn. Lire la suite →
Dans une société où l’informatique outille l’ensemble des politiques publiques, la décision politique s’incarne désormais dans des choix techniques tout autant que dans les textes juridiques et les décisions budgétaires.
Le numérique ne peut plus être considéré comme relevant d’une « intendance qui suivra ». Si les systèmes d’information qui sous-tendent les politiques publiques ne sont pas pris en compte en amont, ils peuvent freiner ou entraver leur mise en œuvre. Lire la suite →
« Je crois que le « piratage » est mauvais, et que la loi, intelligemment écrite, devrait punir le «piratage», que ce soit sur Internet ou ailleurs. Mais ces idées simples cachent une question bien plus fondamentale et un changement bien plus important. Ma crainte est que, à moins que nous n’arrivions à comprendre ce changement, la guerre pour débarrasser le monde des « pirates » d’Internet ne débarrasse aussi notre culture de certaines valeurs qui ont fondé notre société depuis ses débuts. (…) En expliquant cette guerre, nous œuvrons pour la paix. La dispute en cours autour des technologies Internet n’a aucune raison valable de continuer. Nous devons comprendre les racines du conflit, et nous devons le résoudre au plus vite. » (Lawrence Lessing, Free Culture)
Le projet de loi Hadopi a suscité l’une des controverses les plus âpres de la première moitié du quinquennat. Contre vents et marées, Nicolas Sarkozy est parvenu à faire adopter par sa majorité le dispositif dit de « riposte graduée », visant à enrayer les pratiques de téléchargement en menaçant les « pirates » de suspendre leur connexion Internet. Lire la suite →
Chantal Jouanno, tête de liste UMP aux régionales à Paris, veut des « solutions radicalement nouvelles ». « Installer des pistes cyclables, des bouquinistes sur les quais au niveau de la Tour Eiffel ». Elle propose aussi, si elle est élue, d’organiser un « Grenelle de Paris« . Chantal Jouanno a, il est vrai, une certaine expertise dans le domaine du « grenelle » pour avoir coordonné celui de l’environnement. Valérie Pécresse aurait trouvé l’idée creuse. Et ses co-listiers suggéré un Grenelle du Grand Paris. Lire la suite →
A travers quelques récentes décisions spectaculaires, Hadopi ou taxe carbone, le Conseil constitutionnel est parvenu à faire oublier que dix de ses onze membres étaient issus de l’actuelle majorité. Dans quelques jours, leur nombre passera à onze. Jusqu’alors, par le jeu de l’alternance, l’institution était pluraliste, à des degrés divers.
Au printemps verra le jour une réforme très attendue : la saisine du Conseil constitutionnel par les justiciables. A droite comme à gauche, on applaudit une avancée démocratique. Dorénavant, chacun aura la possibilité de contester une loi déjà entrée en vigueur qu’il estimerait contraire à la Constitution. Ces nouvelles prérogatives seront exercées par une assemblée strictement monolithique, pour la première fois depuis vingt-sept an
On objectera que le chef de l’Etat et les présidents des deux Assemblées ne nomment pas que des militants au Conseil. Que ses membres n’endossent pas nécessairement les positions de l’autorité à laquelle ils doivent leur désignation. Que chevronnés, voire en fin de carrière, il peut même leur arriver de se montrer indépendants. Il reste qu’une autorité dont la raison d’être est l’indépendance ne saurait être monocolore.
Le départ prochain de Pierre Joxe est tout sauf anodin ; même marginalisé, l’ancien ministre socialiste de l’intérieur représentait un scrutateur, une sentinelle. Désormais, l’instance aura perdu son ultime témoin et garde-fou ; on y sera enfin entre soi. La consanguinité, on le sait, favorise les connivences. La presse rapporte régulièrement, sans jamais avoir été démentie, que l’exécutif consulte officieusement certains membres du Conseil. Il l’a fait, encore tout récemment, à propos du mode d’élection des conseillers territoriaux.
Connivence, encore : on se souvient peut-être d’un des épisodes de l’examen de la loi relative aux droits d’auteur. Le 21 décembre 2006, contre toute attente, l’Assemblée adopte un amendement contre l’avis du gouvernement. Pierre Mazeaud, alors président du Conseil constitutionnel, téléphone préventivement au ministre compétent pour l’alerter sur l’inconstitutionnalité de la procédure parlementaire. En violation du serment qu’il a prêté : « Ne donner aucune consultation sur les questions relevant de la compétence du Conseil. »
Dissidence ponctuelle
Bal des hypocrites. Plusieurs figures du parti présidentiel s’en prennent, depuis quelques jours, avec une violence inaccoutumée au Conseil constitutionnel. Un ministre de la République pointe l’absence de débat contradictoire, l’interdiction pour les « sages » de publier une opinion juridique dissidente, l’archaïsme que constitue la présence des ex-chefs de l’Etat. Autant de critiques tout à fait justifiées. Naturellement, les responsables de la majorité se gardent bien de suggérer une réforme de sa composition.
Ajoutons un « imprévu » : Nicolas Sarkozy se flatte d’avoir, par la révision constitutionnelle de 2008, soumis les nominations à l’avis des commissions des lois de chaque assemblée, celles-ci pouvant s’y opposer à une majorité des trois cinquièmes.
Il reste que le Parlement n’a toujours pas trouvé le temps de voter la loi organique qui en conditionne la mise en oeuvre dix-huit mois après son adoption. De sorte que ce verrou, pourtant bien modeste, pourrait ne pas concerner les trois prochains « sages ». On aurait voulu pouvoir désigner n’importe qui qu’on ne s’y serait pas pris autrement.
Le renouvellement triennal de 2010 suscite plus d’intérêt que ceux de 2007 ou 2004. Plus que jamais, les nominations s’annoncent politiques. Nicolas Sarkozy osera-t-il, dans le silence des textes, écarter Jean-Louis Debré de la présidence, pour cause de dissidence ponctuelle ?
Si un Conseil constitutionnel chiraquien inflige des camouflets à son camp, on préfère ne pas imaginer ce qu’un Conseil chiraco-sarkozyste fera endurer à la gauche ! Mesure-t-on que c’est ce Conseil constitutionnel « nouveau cru » qui sera le juge de la prochaine élection présidentielle et des législatives ; qu’il sera l’arbitre suprême en cas d’élections serrées ? Si elle revient aux affaires en 2012, la gauche devra patienter jusqu’à février 2013 pour disposer de deux sièges rue Montpensier. Ce n’est qu’en 2016, en fin de mandat, qu’elle y conquerrait une minorité significative de quatre membres.
En somme, sauf deux victoires consécutives de la gauche à la présidentielle comme aux législatives, ou basculement à gauche du Sénat, la droite est assurée de conserver sa mainmise sur la clé de voûte de notre démocratie. »
Jean-Louis Bessis est avocat et professeur à l’université Paris-VIII ;
Maurice Ronai est chercheur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)
• On ne peut plus gouverner, ni faire de la politique, sans prendre en compte les capacités nouvelles d’expression et de mobilisation qu’acquièrent les citoyens à travers Internet. Sans prendre la mesure des attentes des générations nouvelles, formées au partage du savoir.
• On ne peut plus penser l’économie sans reconnaître la place centrale qu’a prise l’informatique dans les processus productifs. Le destin de nos entreprises ne peut se résumer à la poursuite effrénée de l’optimisation des coûts : leur avenir réside dans l’exploration de nouvelles formes de coopération transversale, entre entreprises mais aussi entre producteurs et consommateurs, pour inventer de nouveaux services et de nouvelles activités. Lire la suite →